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spirituel. Cet événement si important, cette si grande variété de circonstances, n'ont pu évidemment ni être prévus par des lumières naturelles , ni être effectués dans leur totalité par un pur hasard. Nous les voyons eependant pleinement accomplis en JésusChrist : voici donc encore une preuve qu'il est l'envoyé céleste.

ARTICLE HUITIÈME.

PROPHÉTIES SUR LA DIVINITÉ DU MESSIE.

NoUs devons convenir que dans les livres saints on voit par intervalles quelques-uns des noms de Dieu appliqués à des personnes d'une haute importance , tels que les anges ou les rois. Mais si nous voyons, non quelquefois et en passant , mais dans un grand nombre d'endroits, le Messie appelé de ces noms ; si nous voyons de plus le nom propre de Dieu, le nom qui lui est exclusivement réservé, le nom que les Juifs eux-mêmes révèrent comme n'appartenant qu'à lui, donné au Messie; si nous voyons enfin dans plu

sieurs prophéties l'éternité, qui n'appartient qu'à Dieu, attribuée au Messie, il restera certain que , selon ces oracles sacrés , le Messie doit être non-seulement un homme, mais un Dieu. Il s'agit de prouver ces trois points, pour en faire ensuite l'application à JésusChrist.

I. En premier lieu, nous pouvons réunirun grand nombre de prophéties qui attribuent la divinité au Messie.

Au psaume xLIv, que la pharaphrase chaldaïque et presque tous les rabbins entendent du Messie, et qui dans le fait ne peut convenir qu'à lui, nous lisons : Votre trône, ô Dieu, dure dans les siècles des siècles. La verge de direction est le sceptre de votre règne. Vous avez ehéri la justice et hai l'iniquité. Pour cela Dieu, votre Dieu, vous a oint de l'huile d'allégresse (155). Le Messie oint par Dieu d'une huile excellente est appelé Dieu sans addition, et Dieu dont le trône subsiste dans tous les siècles.

Dans le psaume CIx , David appelle le Messie son Seigneur , et il dit que Dieu l'a fait asseoir à sa droite (156). Jésus-Christ propose aux Juifs cette prophétie comme une preuve de sa divinité : il leur demande comment, le Messie étant fils de David, David peut l'appeler son Seigneur (157) ? Ce raisonnement de notre Sauveur présente deux choses : 1o de cela seul qu'il le propose, il est évident que le texte du psaume était entendu du Messie par les Juifs de son temps : sans cela son argument aurait été ridicule ; et au lieu de réduire au silence, comme il le fit, ses adversaires, il leur aurait fourni contre lui une réponse sans réplique : Comment produisez-vous sur le Messie un passage qui n'a pas rapport à lui ? 2° Le raisonnement en lui-même est de la plus grande force. David aurait-il pu appeler son Seigneur un de ses descendants, qui ne devait naître que dans plusieurs siècles, si ce descendant eût dû être un simple homme ? Le raisonnement de Jésus-Christ a évidemment pour objet d'annoncer le mystère de son incarnation, et de prouver sa divinité unie à son humanité. Nous avons droit de l'opposer aux Juifs modernes, comme il l'objectait à leurs pères. Isaïe, dans beaucoup d'endroits, donne au Messie qu'il annonce le titre de Dieu. Ici il dit qu'une vierge enfantera un fils, qui sera appelé Emmanuel (158), c'est-à-dire Dieu avec nous, ce qui indique la réunion de la divinité et de l'humanité dans la même personne. Là , entre les noms que portera selon lui le futur Messie, sera celui de Dieu

fort (159). Plus loin, il prédit aux Juifs que Dieu lui-méme viendra et les sauvera (17o). Ce mot Dieu lui-méme dit assez clairement que ce n'est pas en figmre qu'il s'exprime. Ailleurs il recommande de préparer les voies au Seigneur, et de rendre droits, dans la solitude, les sentiers de notre Dieu (171). Un roi ou un autre personnage, appelé Dieu figurativement, serait-il appelé notre Dieu ? Dans le même chapitre, il dit aux villes de Juda : Voilà votre Dieu, voilà le Seigneur Dieu, il viendra dans la force (172). Il demande encore si cette expression votre Dieu, et la répétition le Seigneur Dieu, n'indiquent pas manifestement Dieu dans le sens propre et littéral. Nous avons entendu Malachie dire que le dominateur désiré viendra dans son temple (173). Ce dominateur désiré ne peut être, comme nous l'avons vu, autre que le Messie. Mais le temple lui appartient, et il n'appartient qu'à Dieu ; le Messie est donc véritablement Dieu : le prophète ne dirait pas d'un homme qu'il appellerait Dieu par métaphore, qu'il vient dans son propre temple : ce serait une métaphore appliquée à une autre métaphore , ce qui est une manière de parler ridicule. Cette quantité de passages qui s'accordent pour présenter le Messie comme un Dieu, prouve que c'est de Dieu proprement dit qu'ils parlent. Comment imaginer que tant d'oracles s'unissent pour renfermer tous le même sens figuré ? D'ailleurs, plusieurs renferment des choses qui ne peuvent convenir à un Dieu métaphorique.

II. En second lieu, voici ce qui est plus précis encore : parmi les noms de Dieu, il y en a que l'Ecriture a quelquefois appliqués à de grands personnages, tels que les noms Elohim et Adonai; mais le mot Jehova n'exprime jamais que Dieu ; il lui est exclusivement réservé, les Juifs en conviennent ; ils ont même conservé pour ce nom consacré le plus profond respect : le grand-prêtre seul le proférait, une fois unique dans l'année, le jour de l'expiation. Si donc nous voyons ce nom si révéré appliqué au Messie, nous devons être certains que c'est pour prédire qu'il sera Dieu, dans le sens littéral et strict. Or, Jérémie y est précis; j'ai déjà rapporté ce texte, mais je crois nécessaire de le répéter : « Voilà, dit le Seigneur, les jours qui viennent où je susciterai à David un rejeton juste; un roi régnera, et il sera sage, et il apportera le jugement et la justice à la terre. Dans ces jours Juda sera sauvé, et Israël habitera avec confiance : et voici le nom dont

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