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connaître a moi; montre-moi tes sentiers, le savant docteur que j'ai déjà cité, Maimonide, justement surnommé l'Aigle de la Synagogue *, s'exprime en ces termes : « Tout cela signifie que Moïse demanda à voir avec les yeux de l'esprit, tous les êtres créés, afin de juger leur nature, leur assemblage et leur union réciproque; afin d'apprécier la raison de leur ordre, soit en général soit en particulier ** car ayant à régir et à

* Moïse Maimonide, ou fils de Maimon, médecin du Soudan d'Egypte, et le plus savant des docteurs hébreux, naquit à Cordoue en Espagne, vers l'an i I3q, époquo où les Juifs se livraient avec beaucoup d'ardeur aux sciences et aux lettres. Si l'on considère son siècle et sa position, auxquels il fut forcé, comme il nous rapprend* lui-même, de conformer ses travaux et son langage, on le reconnaîtra pour l'un des esprits les plus étendus et les plus philosophiques qui aient existé. Je le citerai d'autant plus souvent que dans son ladchazaka, main forte,ou abrégé du Talmud; dans son Moreneboukim, ou Guide des incertains, et dans ses préfaces , il a réuni les opinions les plus importantes des anciens docteurs. Il mourut, dit-on, l'an i209. Ses écrits, après avoir occasionné quarante ans de disputedans les synagogues, l'emportèrent complètement. Ce fut un pas immense chez les Hébreux vers les idées saines, un retour précieux vers le mosaïsme primitif. Mais les siècles n'étaient pas mûrs pour la reformation qu'il avait projetée. Ses disciples, dans leur enthousiasme, ont dit de lui : que depuis Moïse le prophète jusqu'à Moïse Maimonide il ne s'est pas élevé d'homme plus admirable que ce dernier Moïse.

** L'aigle de Meaux se rencontre avec l'aigle de la synagogue, quand il dit : « Pour bien-penser, l'homme doit rendre sa pensée conforme aux choses qui sont hors de lui Alors il entend la

véritd et quand il entend la vérité qu'il était capable d'entendre, que lui arrive-t-il? sinon d'être actuellement conforme à Dieu et rendu conforme à lui. (Connaissance de Dieu et de soimême, ch. iv, § 8. )

est la nature de notre entend< «es créations les plus sublim core qu'imiter.

L'univers visible dont 1" régulière s'offrit aux plus an i de l'Egypte et peut-être de 1 véritable modèle à étudie r social : aussi lacosmogoni partie fondamentale de I aussi dans l'exaltation p et quelles que soient 1' rent, est-ce de bonne -nature supérieure à la qu'ils lurent conduits spécieuses, à imagin, leur propre intelligc multiple à laquelle

Moïse les suivit, d plus haute. Le Moik parut comme une c cation de cette prit tout ce qu'il y a de

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Mais après avoir découvert l'analogie qui existe entre l'ordre du monde et l'ordre social, il fallait déterminer sa nature et transporter dans la constitution publique le plus grand principe de la constitution de l'univers.

Les prêtres égyptiens avaient regardé l'universalité des choses, comme composée de deux natures, ou de deux êtres absolument distincts; l'un intellectuel et actif, l'autre matériel et passif: ils admirent deux natures ou deux êtres absolument distincts dans la société : un être intellectuel et actif représenté par l'aristocratie sacerdotale qui tint long-temps les rois et les guerriers dans sa dépendance immédiate; un être matériel et passif représenté par le peuple. Moïse, rejetant ce principe de dualité ou. dualisme*, ne vit dans l'univers qu'une seule nature, une seule personne, à la fois active et passive, qui est Jéhovah; nom sacré pour les Hébreux, qui signifie l'être, l'existence générale, l'unité universelle, comme on le verra mieux dans celui de mes livres intitulé Théologie rationnelle. Dès lors la société dont il allait être le législateur se présenta à son esprit comme devant former une personne unique, un seul et même peuple qui reçut le nom d'ÏSRAEL; c'est-à-dire, celui qui prime sur lesforts; celui en qui réside la suprême puissance *.

* Je suis loin de prétendre que les Egyptiens n'aient pas envisagé les choses sous des points de vue très-différens ; mais je m'arrète à l'idée dominante de leur système, à celle dont les principaux faits politiques sont l'expression.

Tel est le nœud qui existe entre sa politique et sa théologie : tel est le magnifique principe de I'unité qui diffère en toute chose de cette autre unité , en vertu de laquelle des politiques modernes livreraient des masses d'hommes au caprice d'un seul. Il se confond dans la pratique avec le principe de l'utilité générale; son développement naturel produit toute la loi : enfin il

* Philon fait dériver le mot Israël des racines raa, et, voyant Dieu, c'est-à-dire, comme Maimonide et Bossuet l'ont déjà expliqué, voyant les choses selon la vérité elle-même. Mais l'origine donnée à ce nom par la Genèse, la lutte symbolique de Jacob, dans laquelle il triomphe non-seulement des hommes mais des puissances supérieures, ne permettent pas d'adopter cette interprétation. Il se compose plutôt des mots iacharet el, juste et fort, ou mieux, de la racine Sarah, il a obtenu la principauté, la souveraineté, et de il, le dieu fort, et il signifie celui qui a obtenu la souveraineté de Dieu même. (Pojr. les Lexiq. ffebr. sur ces moU. )

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