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prophétie a un sens plus clair, un objet plus nettement déterminé que celle-ci ? Ce n'est pas ici une seule prédiction : c'est, à raison des différéntes circonstances annoncées, un assemblage de prédictions, de prédictions diverses, de prédictions qui semblent même opposées entr'elles. Si nous les voyons toutes sans exception littéralement accomplies dans une seule personne, si nous voyons cette personne réunir, concilier dans elle tous ces caractères dont plusieurs au premier coup d'œil paroissent se contredire, ne devons-nous pas être persuadés , que c'est cette personne qui en est l'objet. Or que cela se voie dans Jésus-Christ, c'est un fait tellement évident, que le juif Orobio lui-même, quoique très - opposé au christianisme, convient formellement que l'histoire de la mort de Jésus-Christ, tracée par les évangélistes est la copie exacte du cinquante troisième chapitre d'Isaïe (477). Pour achever de nous en convaincre, rapprochons des divers versets · de ce chapitre, ce que l'histoire nous rapporte, ou ce que la foi nous enseigne, sur la passion de notre Sauveur (478). Nous y voyons :

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Son oblation volontaire. Il a été offert par ce qu'il l'a voulu (vers. 8). Son innocence personnelle. Il n'a point commis d'iniquité (vers. 9). Son immolation pour nos péchés dont il est chargé. Il a été blessé à cause de nos péchés et accablé à cause de nos crimes....... Dieu a placé dans lui l'iniquité de nous tous..... Je l'ai frappé à cause des crimes de mon peuple........ Mon serviteur portera leurs iniquités..... Il a porté les iniquités de beaucoup d'hommes. (vers. 5, 6, 8, 1 1, 12 ). Notre salut opéré par sa passion. Vous avons été guéris par ses souffrances.... Ce juste mon serviteur justifiera beaucoup de personnes (vers. 5, 1 1). Ses souffrances, ses plaies, ses humiliations. Il n'a ni figure ni beauté : nous l'avons vu, et il n'étoit pas reconnoissable , et nous l'avons désiré. Il est l'homme méprisé, le dernierdes hommes, l'homme de douleurs, et chargé d'infirmités. Son visage est comme caché et abattu: et nous n'en avons fait aucune estine....... Vous l'avons regardé comme un lépreux, et comme un homme frappé par Dieu , et humilié (vers. 2, 3, 4 ) • La comparaison de lui avec Barrabas et les larrons. Il a été rangé parmi les scélérats ( vers. 12 ). Son inaltérable douceur. Il sera conduit à la mort comme une brebis : et tel qu'un agneat il se taira devant celui qui le tond, et il n'ouvrira pas la bouche ( vers. 7 ). Sa prière pour ses bourreaux. Il a prié pour les pécheurs (vers. 12). Sa mort violente : Il a été conduit à la mort comme une brebis...... Il donnera les impies pour le prix de sa sépulture, et le riche pour la récompense de sa mort ( vers. 7, 9 ). La gloire et la puissance que lui procurera sa passion. Parce que son âme a souffert, il verra et sera rassasié....... Pour cela je lui donnerai beaucoupd'hommes en partage: et il distribuera les dépouilles des forts : parce qu'il a livré son âme à la mort ( vers. 1 1, 12 ) Est-il possible de réunir plus de traits de conformité entre une prédiction et un · événement, Quand Isaïe auroit écrit depuis

la passion de Jésus-Christ, en auroit - il mieux rappelé et les motifs et les diverses circonstances ? Et n'est-ce pas avec raison que saint Jérôme considérant tout l'ensemble de ses prophéties, le regarde plutôt comme l'évangéliste que comme le prophète de Jésus-Christ (479). Nous le disons aux incrédules comme aux juifs, un rapport aussi frappant n'est-il pas bien propre à leur faire ouvrir les yeux ? Ne faut-il pas se les fermer volontairement pour ne point voir qu'une conformité aussi exacte entre les particularités si multipliées, si variées, si contraires à toutes les idées humaines de la prophétie, et les circonstances les plus minutieuses de la passion, tient à une cause supérieure, et annonce cette prescience suprême qui seule connoît les événemens, qu'elle seule peut faire éclore. X. Terminons cet article par une considération relative aux seuls juifs. Flattés des oracles sur la royauté et la gloire du Messie, ils les entendent dans le sens littéral d'une royauté, et d'une gloire temporelles. Embarrassés des autres prophéties sur les souffrances, et les humiliations . du Messie, ils prétendent qu'elles doivent être entendues dans un sens métaphorique. Nous, au contraire, nous soutenons que ce sont les prophéties sur les souffrances dont le vrai sens est le sens littéral ; et que ce sont celles sur la royauté qui sont allégoriques. C'est là un des points principaux de la controverse entr'eux et nous. Pour la décider il faut revenir aux principes incontestables que nous avons établis plus haut ; savoir 1.° que le sens métaphorique ne doit être reçu que sur de très-fortes raisons, et seulement lorsque le sens littéral est inadmissible. 2.° Que le sens littéral ne peut être regardé comme inadmissible que dans trois cas : ou lorsqu'il est contrarié par le texte même : ou lorsqu'il est opposé à d'autres textes très-positifs; ou enfin lorsque l'événement montre la prophétie pleinement accomplie dans son sens métaphorique (48o). Nous avons fait l'application de ces principes aux textes de l'écriture qui annoncent la gloire du Messie , et nous avons fait voir que par ces trois raisons réunies, ces passages n'étoient pas susceptibles du sens littéral; qu'ils

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