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et irrépréhensibles devant lui : si toutefois vous demeurez fondés et fermes dans la foi, et inébranlables dans l'espérance de l'Évangile que vous avez entendu et qui a été prêché à toutes les créatures qui sont sous le ciel, afin que tout homme devienne parfait dans le · Christ Jésus (1). » Nous cherchions inutilement la vérité en nousmêmes ; nous la retrouvons par la foi. En nous unissant à celui qui est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde , elle nous délivre du doute et de l'erreur, elle fixe nos incertitudes, « elle nous remplit de toutes les richesses de la plénitude de l'intelligence, pour connoître le mystère de Dieu le Père et de Jésus-Christ (2). » Le sacrifice de l'esprit rétablit l'ordre dans nos pensées, et celui du cœur dans nos sentimens, en les rendant conformes aux sentimens et aux pensées de Dieu. L'homme enivré du désir de la science, voulut la substituer à la foi; et une nuit éternelle couvrit son entendement. Il a fallu que le Verbe, se faisant

·, (1) Et vos cùm essetis aliquando alienati, et inimici sensu in operibus malis ; nunc autem reconciliavit in corpore carnis ejus per mortem, exhibere vos sanctos, et immaculatos, et irreprehensibiles coram ipso : si tamen permanetis in fide fundati, et stabiles, et immobiles à spe Evangelii, quod audistis, quod praedicatum est in universâ creaturâ, quae sub sole est... Quem (Christum) nos annuntiamus, corripientes omnem hominem, et docentes omnem hominem, in omni sapientiâ, ut exhibeamus omnem hominem perfectum in Christo Jesu. Ep. ad Coloss., I, 21,22,23, 28. (2) Instructi in charitate, et in omnes divitias plenitudinis intellectûs, in agnitionem mysterii Dei Patris et Christi Jesu... Ibid.,

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homme, entrât, si l'on peut le dire, dans cette nuit pour la dissiper. La lumière a lui dans les ténèbres (1); la parole a de nouveau manifesté la vérité, et tous ceux qui croient la possèdent. « Ne cherchez donc point à comprendre pour croire ; mais croyez afin de comprendre. La foi doit précéder l'intelligence, afin que l'intelligence soit le prix de la foi (2). » La réparation de notre nature est l'image de sa création primitive : l'une et l'autre sont l'ouvrage du Verbe (3). Il a renouvelé notre intelligence, comme il l'avoit formée, en se communiquant à elle ; écouter, croire, obéir, ce fut son premier acte : elle naquit par la foi; et la parole qui lui donna originairement la vie, est la même qui la lui rend(4). Craignons d'obscurcir en nous la lumière que le Verbe fait homme, que Jésus-Christ, auteur et consommateur de la foi (5), est venu nous apporter ; craignons de déchoir une seconde fois du grand don que nons avons reçu, par une présomptueuse confiance en notre raison, par une curiosité indiscrète et criminelle.Ayons toujours présent ce conseil de saint

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- (1) Et lux in tenebris lucet. Joan., I, 15. (2) Noli quaerere intelligere ut credas; sed crede ut intelligas. Fides debet praecedere intellectum, ut sit intellectus fidei praemium. S. August. in Psalm. CXVII et in Is. (3) In ipso condita sunt universa in cœlis, et in terrâ, visibilia et invisibilia... : omnia per ipsum, et in ipso creata sunt. Ep. ad Coloss., I, 16. (4) Voluntariè enim genuit nos Verbo veritatis, ut simus initium aliquod creaturae ejus. Jacob., I, 18. (5) Aspicientes in auctorem fidei, et consummatorem Jesum... Ep. ad Hebr., XII, 2. ©

Paul : « Prenez garde que personne ne vous surprenne par la philosophie, et par des raisonnemens vains et trompeurs, selon les traditions des hommes, selon les principes d'une science mondaine, et non selon Jésus-Christ(1). » La pleine conformité des pensées de l'homme-Dieu, de ses désirs et de ses volontés, avec les volontés, les désirs, les pensées de son Père, formoit entre eux cette union intime, indissoluble, qu'il demandoit aussi pour les siens (2) : union sainte qui consomme notre régénération, comme elle consommera notre félicité, , et qui devient plus étroite et plus douce à mesure que, croissant dans la foi et dans l'amour(3), nous mourons à nous-mêmes, pour ne plus vivre que de la vie cachée avec Jésus-Christ en Dieu (4), par le sacrifice perpétuel de notre esprit, de notre cœur, de tout notre être. | Tout notre être en effet étoit dégradé par le péché ; la chair avoit aussi corrompu savoie (5), et les désordres des sens devoient être expiés comme les désordres de l'intelligence. L'homme-Dieu accomplit en son corps

(1) Traduction de Sacy.—Videte ne quis vos decipiat per philosophiam, et inanem fallaciam, secundùm traditionem hominum, secundùm elementa mundi, et non secundùm Christum. Ep. ad.Hebr., II, 8.

(2) Pro eis rogo..., ut omnes unum sint, sicut tu Pater in me, et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint... : ut sint unum, sicut et nos unum sumus. Joan., XVII, 20-22.

(3) Finis autem praecepti est charitas de corde puro, et conscientia bona, et fides non ficta. Ep. I ad Tim., I, 5.

(4) Mortui estis, et vita vestra est abscondita cum Christo in Deo. Ep. ad. Coloss., III, 3.

(5) Omnis caro corruperat viam suam. Genes. VI, 12. ·

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cette expiation nécessaire (1) : il prêche la pénitence plus encore par son exemple que par ses discours. Né dans la pauvreté, il supporte toutes les privations qui l'accompagnent. En entrant dans le monde il verse sonsang pourrendre témoignage à l'ancienne alliance, comme il le versera plus tard pour établir la nouvelle. Il se prépare à exercer sa mission publique par le jeûne et les veilles. L'abattement, la fatigue, la faim, la soif, il a tout éprouvé. Sa nourriture est de faire la volonté de celui qui l'envoie (2). Il instruit le peuple durant le jour, et la nuit il se retire sur la montagne pour prier. Il ne cesse de s'offrir en holocauste à son Père, de lui présenter ses souffrances pour apaiser sa justice, pour expier nos plaisirs et nos voluptés. Nous avons été guéris par ses plaies (3). Sans cesse il rappelle sa passion, il s'en occupe sans cesse ; jusque sur le Thabor, c'est d'elle qu'il s'entretient avec Moïse et Elie (4). Son amour est avide de douleurs : « J'ai désiré d'un grand désir de célébrer cette Pâque avec vous (5)I » Et cette Pâque est celle qui précède immédiatement son immolation ; celle où l'agneau sans tache est substitué à l'agneau figuratif : cette Pâque, c'est le calice d'amertume, c'est l'agonie, les défaillances, la sueur de sang de Gethsemani, les tortures du prétoire, la mort de la croix. Età présent je comprends l'apôtre : oui; l'amour de Jésus-Christ nous presse : considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ; et JésusChrist est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux (1). Ignorezvous que nous tous qui avons été baptisés en JésusChrist, nous avons été baptisés dans sa mort ?Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort ; afin que, comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père, nous marchions aussi dans une nouvelle vie : sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit, et que désormais nous ne soyons plus asservis au péché ; car celui qui est mort, est délivré du péché. Que si nous sommes morts avec Jésus-Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Jésus-Christ. Il est mort seulement une fois pour le péché, et à présent il vit pour Dieu. Considérezvous de même comme étant morts au péché, et comme ne vivant plus que pour Dieu en Jésus-Christ notre

(1) Nunc autem reconciliavit in corpore carnis ejus per mortem. Ep. ad Coloss., I, 22.— Et quidem, cùm esset filius Dei, dedicit ex eis quae passus est obedientiam : et consummatus, factus est omnibus obtemperantibus sibi, causa salutis aeternae. Ep. ad Hebr., V, 8, 9.

(2) Meus cibus est, ut faciam voluntatem ejus, qui misit me, ut perficiam opus ejus. Joan., IV, 34. #

(3) Livore ejus sanati sumus. Is., LIII, 5.

* (4) Dicebant excessum ejus, quem completurus eratin Jerusalem. Luc., IX, 31. -

(5) Desiderio desideravi hoc Pascha manducare vobiscum antequàm patiar. Id., XXII, 15. -

(1) Charitas Christi urget nos ; aestimantes hoc, quoniam si unus pro omnibus mortuus est, ergo omnes mortui sunt : et pro omnibus mortuus est Christus, ut et qui vivunt, jam non sibi vivant; sed ei qui pro ipsis mortuus est et resurrexit. Ep. II ad Corinth., V, 14, 15.

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