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que font les Sculpteurs et les Peintres, sous ce nom. Sa longueur ordinaire est de six pieds. Il a sur la tête deux ouvertures par où il respire et rejette l'eau. Ses mâchoires sont armées de petites dents pointues, dont les deux rangées s'enchâssent les unes dans les autres; sa queue est horizontale comme celle de la Baleine. Malgré ce qu'on dit de l'amour des Dauphins pour notre espèce, et de leur goût pour la musique, s'ils suivent les vaisseaux, c'est plutôt pour attraper ce que l'on jette, que par amour pour l'homme.

OBSERVATIONS DIVERSES.

(1) Que sur la mer tous voyageurs

Menoient avec-eux en voyage. On a quelque droit de s'étonner qu'un semblable plconasme ait échappé au goût délicat et sevère de notre poète; oui sévère; car un des génies les plus faciles que la littérature française puisse vanter, en est aussi un des plus corrects.

(a) En son histoire

Pline le dit; il le faut croire. Nous avons de Pline , surnommé l'ancien, une Histoire naturelle en 3^ livres. Pline le jeune, son neveu, prévint le jugement de la postérité, en disant de cet ouvrage , qu'il étoit d'une étendue, d'une érudition infinies, et presque aussi varié que la nature elle-même. Ce qu'il a dit du Dauphiu dans cet ouvrage, un des plus précieux raonumens do l'antiquité, il l'avoit pris d'Aristote, dans son Histoire naturelle des Animaux, comme le savant Gessner l'a observé (de Delph. Litt. D. ). La Fontaine qui n'en croyoit rien, invite, avec une admirable simplicité, ses lecteurs à le croire.

(3) Ce chanteur que tant on renomme. Arion, menacé par des matelots qui en vouloient a sa vie, obtient la grace de chanter sur sa lyre. Emus par son chant, des Dauphins accourent: le musicien alors s'élance dans la mer; les poissons le reçoivent sur leur dos, et le portcntau rivage. Cette histoire est racontée parPlutarque, dans son Banquet des sept Sages, par Ovide, au IIe. Liv. de ses Fastes , d'après Hérodote-.

(/[) Et le Pyree. Port d'Athènes.

FABLEVIII.

L'Homme et l'Idole de bois.

(Avant la Fontaine). Orientaux. Locltman, f. 16.— Grecs. Esope, 128. Epigr. duIV*. livxç de l'Anthologie (*).

Certain Payen chez luigardoitunDieudebois(i),
De ces Dieux qui sont sourds, bien qu'ayant des oreilles;
Le Payen cependant s'en promettoit merveilles.
Il lui coûtoit autant que trois:
Ce n'étoit que vœux et qu'offrandes (2),
Sacrifices de Bœufs (3) couronnés de guirlandes. Jamais Idole (4), quel qu'il fût,

N'avoit eu cuisine si grasse.
Sans que pour tout ce culte à son hôte il échut,
Succession, trésor, gain au jeu, nulle grace.
Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit S'amassoit (5) d'une ou d'autre sorte,

(*) La voici traduite en vers français:

1

Licidor attèndoit une grace des Cieux. Pour porter sa prière et pour offrir ses vœux, ,

Il s'adresse à Mercure: il donne son offrande. Mais le Dieu ne pouvoit repondre à sa demande;Car il étoit de bois. Licidor irrité, Vous le brise en eclats pour en tirer vengeance.

Mercure ainsi culbuté;
Des entrailles du Dieu sort un trcsor immense.
Le crime quelquefois a son utilité.

L'Homme en avoit sa part, et sa bourse en souffroit;
La pitance du Dieu (4) n'en étoit pas moins forte,
A la fin se fâchant de n'en obtenir rien^
Il vous prend un levier (7), met en pièces l'Idole ,
Le trouve rempli d'or. Quand je t'ai fait du bien,
M'as-tu valu, dit-il, seulement une obole?
Va, sors de mon logis, cherche d'autres autels.
Tu ressembles aux naturels (8)
Malheureux, grossiers et stupides:
On n'en peut rien tirer qu'avecque le bâton.
Plus je te remplissois, plus mes mains étoient vides r
J'ai bien fait de changer de ton.

( Depuis La Fontaine), Latins. Le Beau, Carmina, pag. 8. OBSERVATIONS DIVERSES.

(1) Certain Payen, etc. Tout le monde connolt le mot si ingcnu de La Fontaine à Racine: Avez-vous lu Baruch ? Je ne sais si l'anecdote a précédé ou suivi la composition de cet apologue 5 toujours l'écrivain sacré auroit-il offert au poète le premier original de ces vers:

Un Dieu Je bois,

De ces Dieux qui sont sourds, bien qu'ayant des oreilles. On chercheroit vainement ailleurs une déclamation plns cloquente contre les divinités du Paganisme, que dans le chapitre VI de ce Prophète.

(2) Ce n'étoit que vœux; dites: ce n'étoient. L'accord nécessaire du nombre entre le verbe et le nominatif se trouve violé par-tout dans les auteurs du dernier siècle. Il y a encore aujourd'hui des écrivains qui ne savent pas se défendre ici de la séduction de l'exemple, ou de l'indolence de l'habitude.

(3) Sacrifices de bœufs. Une religion plus sublime, parce que seule elle émane de Dieu, a appris aux hommes que le sacrifice des victimes sanglantes étoit indifférent à la Divinité. «Le sacrifice

que Dien demande, est un cœur contrit et humilié». Ce sont là les oracles dont Racine a recueilli l'esprit dans ces beaux vers:

Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices?
Ai-je besoin du sang des boues et des genisses ...?
Du milieu de mon Peuple exterminez les crimes j
lit vous viendrez alors m'immoler vos victimes.

( Athalie, Act. I. se. i.)

(4) Jamais Idole, quel qu'ilfilt. Idole est plus communcment feminin:

Jusques à quand, trompeuse Idole.

(J. B. Rousseau, Ode a la Fortune.)

P. Corneille l'a fait pourtant masculin dans ces beaux vers:Et Pison ne sera qu'un Idole sacré Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré. «L'étymologie, observe un critique, favorise cette dernière opinion j mais l'usage, qui est l'arbitre souverain des langues, l'a fixe an féminin ». (Ménage. Observ. sur Malherbe, p. 368.)

(5) Si pour un sou d'orage .... s'amassoit. Où est le nominatif du verbe s'amassoit ? Dira-t-on que la préposition pour puisse en tenir lieu? Non. Cette construction eut été viciens' » même chez les Grees : au défaut d'un nominatif direct, ils n\mettent jamais leur article To.

(6) La pitance du Dieu. On ne se fait pas à cet étrange amalgame d'expressions triviales avec ce qu'il y a 'le j lus auguste; avec ce mot toujours respectable, alors même qu'il est dénatu é par la superstition , comme le caractère sacre de la royauté mérite encore des hommages même sur le front de l'usurpateur ; ce mot, enfin, que Newton n'entendit proférer jamais sans se découvrir la tête par respect. 4

(7) // vous prend un levier, met en pièces, etc. On soulève, on ne brise pas avec le lévier.

(8) Tu ressembles aux naturels, etc. Et c'est lh la morale de la fable ! Qu'il faille ainsi traiter son esclave, ce seroit déjà un problême : mais son égal ou son supérieur! certes, une telle dévotion seroit un peu brutale. Il y a dans cette fable un air profane qui pourroit être d'un dangereux exemple. \ oyez ce que dit Plutarquc sur le respect dû aux Dieux, dans son traité de la manière de lire les Poètes: et l'on peut en croire là-dessus un philosophe ennemi déclaré de la superstition. Les Tyriens en usoient ainsi avec leur Hercule: oui, et les Sauvages avec leurs Idoles. Qu'en conclure? Que les Tyriens n'étoient pas plus raisonnables que le Payen de la fable, et le poète pas plus raisonnable de les absoudre.

FABLE IX.

Le Geai paré des plumes du Paon.

{Avant La Fontaine). Grecs. Esope , fab. 10t. Gabrias , 16. Theon ( le sophiste ) fab. 3. Theophilacte, dans le Phèdre de Laurent, pag. 17. — Latins. Phèdre, Liv. L fab. 3. Anonyme, 35, 191 et 2o5.

\j N Paon muoit: un Geai prit son plumage; Puis après se l'accommoda; Puis, parmi d'autres Paons tout fier se panada

Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué ,

Berné, sifflé, moqué, joué (2);
Et par messieurs les Paons plumé d'étrange sorte:
Même vers ses pareils s'étant réfugié ,
Il fut par eux mis à la porte.

Il est assez de Geais à deux pieds comme lui (3),
Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,

Et que l'on nomme Plagiaires.
Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui ï

Ce ne sont pas là mes affaires. . .

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