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On trouve encore au dix-huitième siècle des exemples de cet emploi du féminin, tels que les suivants :

J'ai un fils qui est un fort honnête homme, dont j'ai toujours été très-contente, et dont je ne la suis pas aujourd'hui. (Mariv., La Vie de Marianne, iv.)

Aux exemples cités de Corneille on en pourrait ajouter plusieurs autres, comme :

Il faut de deux raisons que l'une vous retienne:

Ou vous aimez Placide, ou vous êtes chrétienne. THÉOD. Oui, je la suis, madame, et le tiens à plus d'heur

Qu'une aulre ne tiendroit toute votre grandeur. (Theod., 11, 4.) Il faut aussi rapporter aux faits précédents cette phrase plus singulière:

Je plains celte abusée, et c'est moi qui la suis
Peut-être, et qui me livre à d'éternels ennuis.

(Oth., 11, 1.) – De même, les pour le :

Infidèles témoins d'un feu mal allumé,
Soyez-les de ma honte.

(La Gal. du Pal., 11, 10.) Cela nous doit suffire pour.., avoir de la défiance des choses mémes dont nous croyons être les plus assurés. (Nic., Ess. de Mor., t. viii, lett. LXII.)

– LE, LA, explétif, ou remplaçant que, lequel : Ce qu'il faut entendre un peu plus généralement que les termes ne semblent porter, et l'étendre à la réconciliation de toute sorte de mauvaise intelligence. (Prem. Disc.)

Corneille, lorsque sa langue semble le plus particulière, est toujours dans la tradition antique et constante. Les exemples assez nombreux qui suivent montreront dans toutes ses variétés un fait non encore observé, que nous sachions :

Benoist est l'homme, sire, que vous avez apprins et endoctrine, et l'avez enseigné en vostre loy affin que vous luy soyez doulx et debonnaire és maulvais jours. (L'Intern. consol., 11,3.) – Ce duc Jehan augmenta, par acquest de ses deniers, la maison de Bourgongne de la comté de Charolois : laquelle il achepta , et la paya au comte d'Armignac, qui la possedoit par heritage. (Oliv, DE LA MARCHE, Mém., introd., c. m.) – Ayant affaire à un homme hardy et adventureux, que jamais il ne pouvoit attirer à bataille rangée, ny l'attraper en pleine campaigne. (Amyot, Vies, Sertorius.) – Et feirent sçavoir de leurs nouvelles à ceulx de dedans la ville par des lettres qu'ils attachoyent à des flesches, et les tiroyent par dessus les murailles. (Id., ibid., Cimon.) – Il refute entièrement le discours de ceulx qui maintiennent que ce feut une pointe de rocher, que la violence d'un tourbillon de vent arracha de la cime de quelque montaigne, et le porla par l'air tant que... (Id., ibid., Lysandre.)- Nous trouvons qu'en ces nouvelles terres, presque toutes les choses que nous estimons icy tant, et les tenons nous avoir esté premierement revelées et envoyées du ciel, estoient en creance et observance commune plusieurs mille ans auparavant qu'en eussions ouy les premieres nouvelles. (CHARRON, La Sag., 11, 2.)- Il en faut dire autant de Francus, que le Manethon du même Annius nous supose pour fils d'Hector de Troye, et l'amene en Gaule pour y être gendre el successeur du roy Remus. (MÉZER., Hist. de Fr. av. Clov, 1, 1) Les Florentins luy détenoient Montfeltre, et quelques autres terres que Léon X avoit prises sur luy, et les leur avoit engagées. (Id., Abr. de l'Hist. de Fr., an 1527.)

- Ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement à une raison plus haute que nous devons adorer, el non tenter vainement de la comprendre. (Boss., Serm. pour le vendr. de la trois, sem. de car., 1.) — Saint Paul parloit obscurément de ces choses, ou par respect pour les puissances établies de Dieu, ou pour ne point exciter la persécution que les fidèles doivent attendre en silence, et non la provoquer par aucun discours. (Id., Frug. sur div. mai, de controv., 5e frag.) - C'est cette bonne intention qu'il faut renouveler souvent pendant le jour, et continuellement prier Dieu de la fortifier. (Id., Méd., Serm. de N.-S. sur la montagne, xxix.) C'est ce qu'on ne sauroit assez vous rappeler, ni vous le mettre trop dans le cour. (Id., Lell., à M*• D'Alb. de Luyn., 5 nov. 1694.) – Ce fond étoit le domaine de la couronne, lequel il vouloit entierement dégager, et l'accroître par quantité de nouveaux droits. (PÉRÉF., Hist. de Henri IV, 3. p., 1608.)—C'est ainsi qu'ils en ont usé contre le curé de Libourne en Guyenne, qu'ils firent accuser de jansenisme par des récollets, et le citèrent devant des commissaires qu'ils lui firent donner par les gens du conseil de M. l'archevêque de Bordeaux. (LE Maist., Leli. d'un avoc. au Parl., etc.) – Le second fut David de la tribu de Juda que Dieu trouva selon son cœur, et le fit sacrer avec de l'huile sainte par le prophète Samuel. (FLEURY, Catéch. hist., 1re p., xvi.) — Comme l'hymne de S. Athénogène, ancien théologien du même siècle, qu'il chanta avec joie étant près d'entrer dans le feu, et la laissa par écrit à ses disciples. (Id., Mæurs des chrét., xxi.) — Défaut naturel au sexe, qu'on doit combattre de bonne heure, et non l'entretenii et l'augmenter en s'y livrant. (Roll., Traile des Etud., 1. 1, c. 2, art. 2, S4.)

De même en plein dix-huitième siècle, mais par une reprochable infraction aux lois de l'usage et de la logique :

C'est un homme qu'il faudrait enlever de chez lui, et le prendre par force pour lui faire faire ce qu'il veut. (J.-J. Rouss., Lell., à Mme d'Epinay, à l'Ermitage, 1756.) - Ce fut un de ces plaisirs de l'âme que les persécuteurs ne sauraient connaître ni les ôter aux opprimés. (Id., Confess., X11.)

Lui, régime indirect, jouait souvent le même rôle : On eût pu lui donner le nom de bonne aussi bien que celui de grande, si elle n'eût pas traité si inhumainement, comme elle fit, sa cousine germaine Marie Stuart, reine d'Écosse, qu'elle tint dix-huit ans prisonnière, et puis lui fit couper la tête. (PÉRÉF., Hist. de Henri IV, 3. p., 1603.) - Par quels organes mettra-telle en oeuvre la matière à qui elle doit donner tant de force, et lui inspirer nonseulement le mouvement et la vie, mais une imitation de la raison ? (DUGUET, OEuv. des six jours, vi.) Nous indiquerons comme faits analogues les exemples suivants :

Hastivement passa la terre,
Dont il osta jadiz la guere
Qui à toz ses ancessors fu,
E il meïsmes cuens en fu.

(Vie du pape Grégoire le Grand.) Ils se figuroient une infinité de dieux, à qui ils donnoient différents noms selon les pays, et en contoient mille fables ridicules. (FLEURY, Petit Catéch. hist., vill.) - C'est un autre ennemi qu'il faut combaltre, et en porter tout le poids et la violence. (FOLARD, Traité de la colonné, v.)

Dans ces phrases, en tient la place de dont, comme, dans d'autres, le tient la place de que, lequel, laquelle, et lui, la place de qui, auquel, à laquelle, etc.

– le, pronom, se rapportant à un substantif que l'article n'accompagne pas : Quand je me fais justice, il faut qu'on se la fasse.

(Cin.) Il me fera justice encor qu'il soit bon père, Ou Rome, à son refus, se la saura bien faire.

(Nicom., 11., 3.) Mais, seigneur, élant seuls, je parle avec franchise. Bannissant les témoins vous me l'avez permise.

(Serl., m, 1.) La rigueur de la grammaire ne permet pas aujourd'hui de rapporter ainsi un pronom à un substantif sans article. La même vétille pourrait être relevée dans Corneille à propos du pronom en, de sien, lui, elle, eux :

Faites gráce, seigneur; ou souffrez que j'en fasse,
Et montre à tous par là que j'ai repris ma place. (Pomp., 1, 3.)
Allez lui rendre hommage, et j'attendrai le sien.

(Ibid., 11, 3.) Seigneur, si j'ai raison, qu'importe à qui je sois ?

Perd-elle de son prix pour emprunter ma voix ? (Nicom., 1, 2.) Cette règle impérieuse, et quelquefois gênante de la grammaire française, est souvent négligée par de bons auteurs, comme elle l'a été par Corneille :

Elle leur défend encore plus fortement que les lois civiles de se faire justice à eux-mêmes; et c'est par son esprit que les rois chrétiens ne se la font pas dans les crimes même de lèse majesté au premier chef. (PASCAL, Provinc., XIV. — Il ne suffit pas d'avoir raison ; c'est la gâter, c'est la déshonorer que de la soutenir d'une manière brusque et hautaine. (FÉNELON.) — C'est une question de morale, laquelle se mêle peu de la conduite des souverains. (VOLTAIRE.) – Il m'a paru que vous m'écoutiez avec allention tandis que je lisais. – Est-ce qu'on peut la refuser au ridicule ? (DIDEROT.)

J.-J. Rousseau est peut-être de tous nos écrivains celui qui offre le plus d'exemples de la violation de cette règle, comme dans les phrases suivantes, dont plusieurs sont tout à fait choquantes :

Je ne leur dois que justice en parlant d'eux, et je la leur rends. (Les Confess.) — VALÈRE. O ciel ! et je ne meurs pas de honte!- Marton. Eh! monsieur, vous êtes peutêtre le seul de votre ordre qui la connaissez. (Narcisse, sc. 17.) - Ce n'est pas assez de finir par rendre justice, quand on commence par en manquer. (Lell., å M. Liard, 19 avril 1766.) - J'avais le plus grand besoin d'un protecteur qui ne dédaignât pas ma confiance, et où pourrais-je mieux le chercher que parmi cette illustre noblesse à laquelle je me plaisais à rendre honneur , avant de penser qu'un jour j'aurais besoin d'elle pour m'aider à défendre le mien? (Ibid.)

LÉGALITÉ, loyauté, probité, droiture:

Rome l'eût laissé vivre, et sa légalité
N'eût point forcé les lois de l'hospitalité.

Nicom., 1, 5.) « Légalité, dit Voltaire, n'a jamais signifié justice, équité, magnanimité; il signifie authenticité d'une loi revêtue d'une forme ordinaire. »

Le célèbre commentateur hasarde encore ici une assertion qui contredit la pratique ancienne et longtemps conservée de la langue.

On trouve de nombreux exemples de légalité dans le sens de loyauté, probité, droiture, qui est celui dans lequel Corneille l'a employé; et aussi dans le sens de fidélité, de soumission aux lois, aux principes de la morale :

Tant estoit le peuple athénien amateur de justice, et tant il avoit de confiance en la légalité et preudhommie d'Aristides. (AMYOT, Vies, Aristide.) - Je ne veux devoir ma seureté ny à la bonté et bénignité des grands, qui s'agréent de ma légalité et liberté, ny à la facilité des meurs de mes prédécesseurs et miennes. (MONTAIGNE, Ess., 111, 9.)

Le mot légalité se trouve encore avec cette acception dans le Dictionnaire de Richelet et dans celui de l'Académie, édition de 1748; il n'a été retranché de ce dernier dictionnaire que dans l'édition de 1762.

Comme on disait légalité pour loyauté, on disait aussi légal pour loyal :

M Naudé était un homme fort sage et fort prudent, fort réglé, qui semblait vivre dans une certaine équité naturelle; il était fort bon ami, fort égal. et fort légal. (L'Esprit de Guy Patin, Amst., 1713, p. 284.)

LÉGÈRETÉ. SUR LA LÉGÈRETÉ de, sur le fondement léger de :

Sur la légèrelé d'une croyance si peu raisonnable, il renonce à une affection dont il était assuré, et qui était prête d'avoir son effet. (Exam, de Mél.) - LÉGÈRETÉ, avec le plur., dans le sens de sentiments volages :

Tu tournes tes regards du côté d'Angélique :
Est-elle donc l'objet de les légèretés ? .

(La Pl. Roy., 11,7.)
Penses-tu que je sois, après ton changement,
Ou sans ressouvenir, ou sans ressentiment?
S'il te souvient encor de ton brutal caprice,
Dis-moi, que viens-tu faire au lieu de ton supplice?
Garde un exil si cher à tes légèretés.

(Ibid., 11, 6.) LEURRER. SE LEURRER DE, suivi d'un infinitif, se flatter complaisamment de :

Il ne se leurre point d'animer de beaux chants,
Et veut pour se produire avoir la clef des champs. (Excuses à Ariste.)

LEVER (SE), pour signifier lever la séance :

Allez dire au sénat, Flavian, qu'il se lève :

Quoi qu'il ait commencé, je défends qu'il achève. (Tile et Bér., V, 5.) LIAISON. LIAISON DE Scènes. Le passage suivant présente ces termes d'art théâtral avec des associations diverses et remarquables :

J'ai dit que la liaison de scènes est ici perpétuelle, et j'y en ai mis de deux sortes, de présence et de vue. Quelques-uns ne veulent pas que quand un acteur sort du théâtre pour n'être point vu de celui qui y vient, cela fasse une liaison ; mais je ne puis être de leur avis sur ce point, et tiens que c'en est une suffisante quand l'acteur qui entre sur le théâtre voit celui qui en sort, ou que celui qui sort voit celui qui entre : soit qu'il le cherche, soit qu'il le fuie, soit qu'il le voie simplement, sans avoir intérêt à le chercher ni à le fuir. Aussi j'appelle en général une liaison de vue ce qu'ils nomment une liaison de recherche. J'avoue que cette liaison est beaucoup plus imparfaite que celle de présence et de discours, qui se fait lorsqu'un acteur ne sort point du théâtre sans y laisser un autre à qui il ait parlé; et dans mes derniers ouvrages je me suis arrêté à celle-ci sans me servir de l'autre ; mais enfin je crois qu'on s'en peut contenter, et je la préférerois de beaucoup à celle qu'on appelle liaison de bruil, qui ne me semble pas supportable s'il n'y a de très-justes et de très-importantes occasions qui obligent un acteur à sortir du théâtre quand il en entend ; car d'y venir simplement par curiosité pour savoir ce que veut dire ce bruit, c'est une si soible liaison que je ne conseillerois jamais personne de s'en servir. (Exam. de la Suiv.)

LIBÉRAL, avec de, suivi d'un substantif, qui accorde libéralement telle chose :

Ils vous nommeront roi; mais vous devez savoir

Qu'ils sont plus libéraux du nom que du pouvoir. (Sophon., MI, 2.) LIBERTÉ. N'AVOIR PAS LA LIBERTÉ DE, suivi d'un substantif, dans le sens de ne pouvoir exprimer :

D'une frayeur mortelle à peine encor remise.
Pardonnez, grand héros, si mon étonnement
N'a pas la liberté d'aucun remerciment.

(Androm., II, 3.) LIBERTIN, adj., en termes d'art dramatique, qui s'écarte à l'excès des règles :

C'étoit un temperament que je croyois lors fort raisonnable entre la rigueur des vingt et quatre heures, et cette étendue libertine qui n'avoit aucunes bornes. (Exam. de la Veuve.)

Libertin est un des mots dont l'acception, depuis la fin du dixseptième siècle, a le plus profondément changé. Il exprimait d'abord simplement l'idée de passionné de la liberté, de libre, et s'appliquait aux choses comme aux personnes. Il marquait souvent, mais pas toujours, l'excès de ce goût :

« On dira d'un homme de bien qui ne saurait se gêner et qui est ennemi de tout ce qui s'appelle servitude, il est liberiin. Il n'y a pas au monde un homme

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