Oldalképek
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Aveeque Tien-et-mien (3), son père.
Elle nous rît l'honneur en ce bas univers

De préférer notre hémisphère
A celui des mortels qui nous sont opposés,

Gens grossiers, peu civilisés,
Et qui, se mariant sans prêtre et sans notaire,

la Discorde n'ont que faire. Pour la faire trouver aux lieux où le besoin

Demanrloit qu'elle fût présente,

La Renommée avoit le soin"
De l'avertir; et l'autre, diligente,
Couroit vite aux débats, et prévenoit la Paix;
Faisoit d'une étincelle un feu long à s'éteindre.
La Renommée enfm commença de se plaindre

Que l'on ne lui trouvoit jamais

De demeure fixe et certaine;
Bien souvent l'on perdoit, à la chercher, sa peine:
Il falloit donc qu'elle eût un séjour affecté,
Un séjour d'où l'on pût en toutes les familles,

L'envoyer à jour arrêté.
Comme il n'étoit alors aucun couvent de filles,

On y trouva difficulté

L'auberge enfin de l'Hyménée

Lui fut pour maison assignée.

- (3) Le tien et le mien sont parce qu'il y a peu de gens

les causes de tous les procès. mariés qui soient toujours d'ac

(4) L'auberge portant l'en- cord. seigue du dieu du mariage,

XXI. La Jeune Veuve

LA perte d'un époux ne va point sans soupirs:
On fait beaucoup de bruit; et puis on se console..
Sur les ailes du temps la tristesse s'envole;

Le temps ramène les plaisirs.

Entre la veuve d'une année

Et la veuve d'une journée

La différence est grande; on ne croiroit jamais

Que ce fût la même personne r
L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits:
Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne,
C'est toujours même note et pareil entretien.

On dit qu'on est inconsolable:

On le dit: mais il n'en est rien,

Comme on verra par cette fable,

Ou plutôt par la vérité.

L'époux d'une jeune beauté
Partoit pour l'autre monde. A ses côtés sa femme
Lui crioit; Attends-moi, je te suis; et mon âme,
Aussi-bien que la tienne, est prête à s'envoler.

Le mari fait seul le voyage.
La belle avoit un père, homme prudent et sage:

Il laissa le torrent couler.

A la fin, pour la consoler: Ma tille, lui dit-il, c'est trop verser de larmes; Qu'a besoin le défunt que vous noyiez vos charmes? Puisqu'il est des vivants, ne songea plus aux morts.

Je ne dis pas que tout à l'heure

Une condition meiellure 1

Change eu des noces ces transporta: Mais après certain temps souffrez qu'on vous propose Un époux, beau, bien fait, jeune, et tout autre chose Que le défunt. Ah! dit-elle aussitôt,

Un cloître est l'époux qu'il me faut.
Le père lui laissa digérer sa disgrâce.

Un mois de la sorte se passe:
L'autre mois on l'emploie à changer tous les jours
Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure;

Le deuil enfin sert de parure,

En attendant d'autres atours.

Toute la bande des amours Revient au colombier (2); les jeux, les ris, la danse,

(1) Un couvent pour y em- pour dire, rentrent en foule brasser la vie religieuse. dans le cœur de la veuve, leur

(°j Expression ingénieuse séjour naturel.

Ont aussi leur tour à la fin r
On se plonge soir et matin
Dans la fontaine de Jouvence (3).

Le père ne craint plus ce défunt tant chéri.

Mais comme il ne parloit de rien à notre belle :.
Où donc est le jenne mari
Que vous m'avez promis 1 dit-elle.

(3) Dans le9 plaisirs qu'ido- de Jouvence àvolt la propriété iâtre la jeunesse. La Fontaine de rajeunir.

EPILOGUE (1).

Bornons ici cette carrière;

Les longs ouvrages me font peur.

Loin d'épuiser une matière,

On n'en doit prendre que la fleur.

Il s'en va temps (2) que je reprenne,

Un peu de forces et d'haleine

Pour fournir à d'autres projets.

Amour, ce tyran de nia vie,

Veut que je change de sujets:

Il faut eoutenter son envie.
Retournons à Psyché (3). Dauion, vous m'exhorte»
A peindre ses malheurs et ses félicités:

J'y consens: peut-être ma veine

En sa faveur s'échauffera. Heureux, si ce travail est la dernière peine

Que son époux (4) me causera l

(1) Conclusion. prose auquel l'auteur travail

(2) Expression familière qui loit alors, signifie, il est bientôt temps. (4) L'Amour.

(3) Ouvrage eu vers et en

EIN nu SIXIÈME LIVRE..

AVERTISSEMENT

SUR LES SIX LIVRES SUIVANTS.

Voici un second recueil de fables, que je présente au public. J'ai jugé à propos de donner à la plupart de celles-ci un air et un tour un peu différent de celui que j'ai donné aux premières, tant à cause de la différence des sujets, que pour remplir de plus de variété mon ouvrage. Les traits familiers que j'ai semés avec assez d'abondance dans les deux autres parties (1) convenoient bien mieux aux inventions d'Esope qu'à ces dernières, où j'en use plus sobrement pour ne pas tomber dans des répétitions; car le nombre de ces traits n'est pas infini. Il a do'hc fallu que j'aie cherché d'autre enrichissements, et étendu davantage les circonstances de ces récits, qui d'ailleurs me sembloient le demander de la sorte. Pour peu que le lecteur y prenne garde, il le reconnottra lui-même: ainsi je ne tiens pas qu'il soit nécessaire d'en étaler ici les raisons,

(1) Cet deux parties contiennent les sixpremiers livres dt ses /ailes.

non plus que de dire où j'ai puisé ces derniers sujets. Seulement je dirai, par reconnoissance, que j'en dois la plus grande partie à Pilpay, sage Indien. Son livre a été traduit en toutes les langues. Les gens du pays le croient fort ancien, et original à l'égard d'Esope, si ce n'est Esope lui-même sous le nom du sage Locman. Quelques autres m'ont fourni des sujets assez heureux. Enfin, j'ai tâché de mettre en ces deux dernières parties toute la diversité dont j'étois capable.

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