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Si vous pouvez nous mettre hors.
Ses enfans étoient déjà forts.]

Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette(5).
Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,
Il faut que l'on en vienne aux coups;
Il faut plaider, il faut combattre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.

{Depuis La Fontaine). Français. Fables en chans. L. I. fab. 8.

NOTES D'HISTOIRE NATURELLE.

Lice , grosse Chienne. La Chienne porte cinq ou six petits à la fois, quelquefois davantage. Le temps de sa* portée dure deux mois et deux ou trois jours. La mère lèche sans cesse ses petits, et avale leur urine et leurs excrémens , pour qu'il n'y ait aucune ordure dans son lit. Quand on lui enlève ses petits, elle va les chercher , les prend à sa gueule, et les rapporte dans sa cabane avec beaucoup d'attention. C'est-là où sa tendresse éclate; elle poursuit d'un air inquiet le ravisseur, elle réclame avec instance et même avec menaces.

OBSERVATIONS DIVERSES.

(t) Une Lice étant sur son terme. La prose diroit: touchant a son terme. La poésie plus précise, avec moins d'exactitude peutêtre, hasarde : etant sur son terme. La Lice fait plus qu'y toucher, elle l'a atteint, elle y est. Cette situation rend plus pressante la demande de l'animal. Ce n'est qu'a la dernière extrcmite qu'elle emprunte, tant il lui coûte de devoir! Le moyen de refuser?

(2) Fait si bien, qu'a la fin sa compagne consent. Le fardeau est si pressant! une etrangère seroit trop cruelle de lui refuser se-i cours, à plus forte raison sa compagne. Fait si bien qu'à la fin. Encore ne l'obtiendra-t-elle qu'à force de sollicitations, tant celle-ci tient à sa propriété!

(3) Sa maison, sa chambre, son lit. Pas un mot oiseux,' pas un mot synonyme. Sa maison. On a bien le droit de redemander une maison que l'on a prêtée. Hors de chez soi, où peut-on se loger? Sa chambre. Cette maison n'est pas si vaste qu'on puisse la partager. C'est une chambre en tout. Son lit La chose de toutes la plus nécessaire, celle qui se prête le moins. Et voilà si long-temps qu'on en a fait le sacrifice ï

(4) Je suis prête à sortir avec toute ma bande. Elle a bien soin de le déclarer: ce n'est pas à elle seule que l'on aura affaire , mais a une bande entière, et bande de voleurs.

(5) Ce qu'on donne aux médians, toujours on le regrette. J. Mcschinot, dans son poème des Lunettes des Princes:

L'on perd ce qu'aux ingrats on donne. — Marseille, bâtie par une colonie de Phocéens, s'étoit rendue, dès sa naissance, redoutable aux peuples qui lui avoient permis de s'établir au milieu d'eux. Conian, successeur de Nannus, roi des Sigobriens, voulant engager ces peuples à s'armer contre la ville nouvelle, commence par la rendre odieuse, et la peint à leurs yeux comme la Lice de cet apologue, qui, dit-il, se voyant près de mettre bas, supplie un berger du voisinage de lui prêter, par grâce, un lieu pour y déposer ses petits. A ce premier service il faut bientôt joindre celui de permettre qu'on restât tout le temps nécessaire à l'éducation de ses petits. A la fin, ces mêmes petits étant déjà forts, et la Lice se sentant bien escortée, s'adjugea elle-même la propriété du lieu.

FABLEVIII.

L'Aigle et l'Escarbot.

{Avant La Fontaine). Grecs. Esope, fab. a. Planude ( Vie d'Esope, pag. 79, édit. deNevelet, 47- eil. Rob. Steph. i5ag). — Latins. Erasmus, ap. Camerar. pag. 464.

J_j'aigle donnoit la chasse à maître Jean Lapin (1),
Qui droit à son terrier s'enfuyoit au plus vite.
Le trou de l'Escarbot se rencontre en chemin.

Je laisse à penser si ce gîte
Etoit sûr ; mais où mieux? Jean Lapin s'y blottit.
L'Aigle fondant sur lui, nonobstant cet asile (a),

L'Escarbot intercède et dit: Princesse des Oiseaux (3), il vous est fort facile D'enlever, malgré moi, ce pauvre malheureux; Mais ne me faites pas cet affront, je vous prie; Et puisque Jean Lapin vous demande la vie, Donnez-la lui, de grace, oul'ôtez à tous deux(4):

C'est mon voisin, c'est mon compère.
L'Oiseau de Jupiter, sans répondre un seul mot (5), Choque de l'aile l'Escarbot, L'étourdit, l'oblige à se taire,
Enlève Jean Lapin. L'Escarbot indigné,
Vole au nid de l'Oiseau, fracasse, en son absence ,
Ses œufs, ses tendres œufs, sa plus douce espérance(6):

Pas un seul ne fut épargné (7).
L'Aigle étant de retour, et voyant ce ménage,
Remplit le ciel de cris; et, pour comble de rage,
Ne sait sur qui venger le tort qu'elle a souffert.
Elle gémit en vain; sa plainte au vent se perd.
Il fallut, pour cet an, vivre en mère affligée.
L'an suivant, elle mit son nid en lieu plus haut.
L'Escarbotprend son temps, fait faire aux œufs le saut:
La mort de Jean Lapin de rechef est vengée.
Ce second deuil fut tel, que l'écho de ces bois

N'en dormit de plus de six mois (8).

L'Oiseau qui porte Ganimède (9), Du Monarque des Dieux enfin implore l'aide (1 o), Dépose en son giron ses œufs, et croit qu'en paix Ils seront dans ce lieu; que pour ses intérêts , Jupiter se verra contraint de les défendre:

Hardi qui les iroit là prendre.

Aussi ne les y prit-on pas.

Leur ennemi changea de note (11); Sur la robe du Dieu fit tomber une crote: Le Dieu la secouant, jeta les œufs à bas.

Quand l'Aigle sut l'inadvertance,

Elle menaça Jupiter
D'abandonner sa cour, d'aller vivre au desert;

De quitter toute dépendance;

Avec mainte autre extravagance.

Le pauvre Jupiter se tut.
Devant son tribunal l'Escarbot comparut,

Fit sa plainte, et conta l'affaire.
On fit entendre à l'Aigle enfin qu'elle avoit tort.
Mais les deux ennemis ne voulant point d'accord,
Le Monarque des Dieux s'avisa, pour bien faire,

De transporter le temps où l'Aigle fait l'amour,
En une autre saison, quand la race Escarbotte
Est en quartier d'hiver, et comme la Marmotte
Se cache et ne voit point le jour.

NOTES D'HISTOIRE NATURELLE.

L'aigle est le roi des Oiseaux; il est très-grand , va de jour , et possède à un degré éminent, les qualités qui lui sont communes avec les autres animaux, comme la vue perçante , la férocité, la voracité, la force du bec et des serres. Ses yeux sont étincelans, et à-peu-près de la même couleur que ceux du Lion. Son cri est effrayant; c'est de tous les Oiseaux, celui qui s'élève le plus haut. Il a l'aile très-forte. Il emporte aisément des Oies , des Grues, des Lièvres, même de petits Agneaux et des Chevreaux. S'il se jette sur des animaux plus forts , ce n'est que pour les déchirer , se rassasier de leur sang sur le lieu, et emporter ensuite des lambeaux de leur chair dans son aire : c'est ainsi qu'on appelle son nid. On assure que provoqué par le besoin , ce tyran de l'air est assez hardi pour attaquer les Daims , les Chèvres , les Cerfs , et même les Taureaux , et que les humains , sur-tout les enfans, ne sont pas toujours à l'abri de sa voracité.

Aigle se dit toujours au masculin, et n'est féminin que dans le blason , les devises et l'astronomie.

L'escarbot est un insecte volant, dont les ailes sont renfermées dans des étuis. Il a le corps large, épais, de couleur noire et luisante , mêlée d'une teinte de bleu.

Lapin. Foyez Liv. VII. fab. 16.

OBSERVATIONS DIVERSES.

Cette fable ressemble fort, dans son intrigue et sa morale, à ^ celle de Pilpay, intitulée: Les deux Moineaux et l'Epervier

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