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lisme et christianisme sont probablement appelés à se confondre sans retour.

La réunion en un faisceau distinct de toutes ces choses qui ne tiennent pas d'une manière immédiate au système social, me procurera cet avantage, que les discussions auxquelles des questions délicates peuvent toujours conduire, ne jetteront aucune incertitude sur les principes et les faits précédemment établis.

Telle est la carrière que j'ai à parcourir.... Demanderai-je humblement au lecteur toute son attention, sa bienveillance et la patience nécessaire pour que la plupart des objections qui. se présenteront en masse à son esprit soient résolues, chacune à sa place? Non, sans doute. Dans les temps où nous vivons, la recherchée la vérité est un devoir public : je n'ai rien négligé de ce qui dépendait de moi : ma tâche finit là, celle du lecteur commence.

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PREMIÈRE PARTIE.

C'est le propre des sciences d'arriver à des principes généraux, dans lesquels vont se réunir et se confondre tous les faits secondaires. Avec le seul principe de la gravitation, l'astronomie, par exemple, se rend compte de toutes les lois les plus compliquées de l'harmonie céleste.

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Il faut donc s'attendre à trouver dans la science politique quelques vérités supérieures, desquelles découlent les conditions nombreuses de l'organisation sociale. Les abus auxquels les idées générales ont donné lieu autorisent d'autant moins à les proscrire, que tout principe ne doit être lui-même qu'un fait principal. La gravitation que j'ai citée n'a pas d'existence indépendante; elle exprime l'état dans lequel se trouvent les uns par rapport aux autres la masse connue des corps célestes.

Sans doute il y a eu beaucoup de vide dans les systèmes : mais est-il possible de s'en passer? Les compilations les plus informes en portent l'empreinte. Tout se lie, tout se combine dans les choses : celui qui cite un objet de détail a été forcé de le détacher d'un ensemble. De quel instrument se sera-t-il servi, pour ne pas le tronquer ou n'y pas laisser des parties étrangères? Quelle impulsion l'aura conduit à le ranger avant ou après un autre fait? Décrire et coordonner, voilà les deux principales fonctions de l'imagination humaine. Des générations entières se sont plus particulièrement appliquées à l'une de ces deux choses. Pourquoi donc tomberions-nous d'un excès dans l'autre; et après nous être traînés à la suite des inventeurs d'hypothèses, pourquoi crierions-nous, au système *, comme on criait jadis à l'hérésie! Opposons avec zèle à des faits inexacts et à des combinaisons mal conçues, des faits plus lucides et des combinaisons meilleures : et ne nous plaignons pas de ce besoin de coordonner, qui féc#ide l'observation.

Les grandes vérités politiques ont un caractère qui les distingue. Les lois de la physique et du ciel étaient en exercice avant tous les physiciens et tous les astronomes. Les médecins de tous les temps, ont trouvé une sorte de type dans l'homme jouissant de la santé la plus parfaite. Au contraire, il a appartenu aux premiers législateurs d'imaginer les lois humaines; de remplacer ou de modifier, par des combinaisons réfléchies, les combinaisons que les circonstances seules avaient produites; d'établir enfin un ordre social qui n'existait pas avant eux. Ils lurent donc forcés de chercher, hors de leur sujet même, des règles pour leur servir de guide; car telle esj la nature de notre entendement, que dans ses créations les plus sublimes, il ne fait encore qu'imiter.

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* On sait que le mot système signifie réunion, assemblage de plusieurs choses en un corps. Lorsque j'ai dit que décrire et coordonner étaient les deux principales fonctions de l'esprit, j'ai étendu la signification du mot décrire, et je lui ai fait embrasser l'idée d'analyse. Cette pensée de Quintilien, qu'on écrit pour raconter et non pour prouver (scribitur ad narrandum et non ad probandum), ne doit recevoir qu'un sens très-restreint, attendu que, parmi les diverses questions auxquelles chaque produit de l'intelligence peut donner lieu, celle-ci : qu'est-ce que cela prouve? n'est pas de la moindre importance.

L'univers visible dont l'ordonnance est si régulière s'offrit auxplus anciens sages de l'Inde, de l'Egypte et peut-être de l'Ethiopie, comoje le véritable modèle à étudier pour former le monde social : aussi la cosmogonie fut-elle toujours une partie fondamentale de leurs systèmes de lois: aussi dans l'exaltation primitive de leurs idées, et quelles que soient les ,erreurs où ils tombèrent , est-ce de bonne foi qu'ils se crurent d'une nature supérieure à la foule qui les entourait; et qu'ils furent conduits par les inductions les plus spécieuses, à imaginer une relation directe entre leur propre intelligence et l'intelligence une ou multiple à laquelle cette ordonnance était due.

Moïse les suivit, doué d'une capacité beaucoup plus haute. Le Monde, dit Philon le j uif *, lui apparut comme une cité immense ' ; et dans l'explication de cette prière à l'Eternel : Fais passer tout ce qu'il y a de bon sous mes jeux ; fais-toi

* Philon le juif, né dans le premier siècle de l'ère vulgaire, est l'un des hommes les plus remarquables qu'ait produits l'école d'Alexandrie. Il combina dans ses écrits la doctrine de Moïse avec celle de Platon et avec les doctrines orientales; c'est pourquoi on l'appelait Philon platonisé, ou Platon philonisé. On lui doit les plus importantes notions sur l'école philosophique qui précéda le christianisme.

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