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ils dévoileront toute la moralité des obligations constantes imposées parce prophète, soit aux citoyens entre eux, soit dans leurs rapports avec les autres hommes.

Sans doute les préjugés à détruire sont nombreux, datent de loin et s'étayent pour la plupart de raisons spécieuses et d'autorités imposantes. Mais la vérité historique ne s'épouvante pas devant les préjugés. Voltaire surtout a formé contre Moïse et ses disciples une école des plus étendues : songénie, absorbé parquelques hautes pensées, pour le triomphe desquelles tous les moyens lui parurent convenables, ne découvrit jamais dans ce peuple que la base des abus contre lesquels sa haine pour l'hypocrisie et l'intolérance avait dirigé ses redoutables armes *. Ses erreurs de fait et de raisonnement sont donc si graves, qu'elles ne comportent pas de réfutation sérieuse, et que les publicistes les plus renommés de nos jours se sont vus forcés de déclarer « que les écrivains du dix-huitième siècle qui ont traité les livres saints des Hébreux avec un mépris mêlé de fureur, jugeaient l'antiquité

* On peut dire que la haute littérature a souvent en vue l'attaque et la défense des idées, comme l'art militaire l'attaque et la défense des pays; elle a par conséquent sa tactique, son genre de bravoure et ses capitaines, qu'il faut juger d'après le but qu'ils se proposent, les obstacles qu'ils rencontrent, et les moyens; qu'ils ont en leur pouvoir.

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posteur, le vrai politique admire dans ses institutions ce grand et puissant génie qui préside aux établissemens durables °7. »

Ma première partie, sous le titre de Politique, comprend dans dix livres toute la constitution sociale *.

Dans le premier de ces livres, intitulé Théorie de la Loi, j'expose les principes généraux de la législation et les conditions nécessaires pour que les développemens de ces principes devinssent la loi même.

Un célèbre auteur allemand, Herder, l'a dit avec sagesse : « Il n'est aucune des lois de Moïse qui ne donne lieu à de profondes réflexions; faites pour dominer le génie national dans les moindres circonstances, et pour devenir, comme Moïse le répète fréquemment, desloiséternelles, elles comprennent depuis les plus hautes combinaisons de l'ordre social jusqu'aux moindres détails de la vie domestique. Ce vaste système d'institutions ne fut pas l'œuvre d'un moment. Le législateur y ajouta ce que les circonstances réclamaient; et, avant sa mort, il voulut lier à jamais la nation à la constitution politique qu'il lui avait donnée 68. »

* Le mot politique embrasse tout ce qui a rapport à la cité ; après l'avoir long-temps restreint aux relations des peuples entre eux, on lui a rendu sa signification première.

Ce peu de mots explique l'ordre que j'ai suivi : des plus hautes combinaisons aux détails; et le tout confirmé, pour ainsi dire vivifié par l'histoire.

Mon second livre traitera des fonctions législatives et des vicissitudes qu'elles subirent; le troisième, des richesses; le quatrième, de la Justice jet si j'ose, dans ce quatrième livre, examiner avec toute la circonspection dont je suis capable les formes judiciaires qui accompagnèrent le malheureux jugement contre JésusChrist, ce n'est nullement, qu'on en soit convaincu, pour blesser des croyances reçues : je veux démontrer que si l'on se croit fondé d'adresser aux anciens Hébreux de violens reproches, sur ce qu'ils ne découvrirent dans Jésus qu'un simple citoyen, on devient coupable d'injustice, en mettant sur leur compte la rigueur des lois existantes et la barbarie que déploya dans l'exécution du jugement une soldatesque étrangère.

Le cinquième livre s'occupe des rapports extérieurs; du système envers les étrangers considérés comme nations et comme individus. Le sixième, consacré à l'histoire de laforce publique , traite des juges, de Samuël, des rois et des guerres, et portera, je l'espère, les derniers coups à cette fausse opinion, que le gouvernement établi par Moïse fut une théocratie;

Après avoir développé la manière d'être du corps politique, dans son ensemble, j'arrive aux petites sociétés qui le composent, à la constitution de la famille, à l'histoiredes femmes.

C'est dans le huitième livre que la morale hébraïque nous offre tout ce qu'on peut imaginer de plus simple et de plus touchant. C'est là que je tâcherai de mettre en évidence le véritable chaînon qui rattache la philosophie chrétienne à l'israélisme. L'Evangile n'a pas un précepte de morale pratique qui lui appartienne en propre; il a donné une plus grande extension et d'autres formes aux principes israélites réunis en corps de doctrine bien des siècles avant Socrate et Platon. •

Les mesures relatives à la santé publique remplissent le neuvième livre; et l'histoire du culte proprement dit ne sera retracée que dans le dixième, par la raison qu'il a pour but essentiel de servir de sauvegarde aux principes et aux lois qui demandent en conséquence à être exposés auparavant.

Enfin un livre particulier comprend la récapitulation des principes consignés dans le Pentateuque, afin qu'elle puisse être comparée au résumé des principes de la loi égyptienne

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