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I

PARTAGE DES TERRES. 2^l'autre Einmaiis, Modin et Joppé, aujourd'hui Jaffa. Venaient ensuite la tribu d'Ephraïm, étendue du Jourdain à la mer, où sont Sichem et Silo; la demi-tribu de Manassé qui touche au nord le mont Carmel; la tribu d'Issachar; celle de Zabulon, remarquable par le mont Thabor, Nazareth, Cana; la tribu d'Azer longeant la mer à l'occident, et bornée à l'orient par la tribu de Nephtali qui avait pour limite le mont Liban. Enfin, les tribus en-decà du Jourdain sur la rive orientale, étaient, comme je l'ai dit, Ruben, Gad et l'autre demi-tribu de Manassé .

Après la conquête successive des diverses provinces, chaque tribu répétant ce qui avait été fait pour tout le peuple, devait diviser ses terres par grandes familles ou cantons, et les subdiviser en portions applicables aux ci toyens*.

N'est-il pas éminemment juste l'esprit qui dicta ces mesures? Et tout en reconnaissant combien leur opération dut être incomplète, n'est-ce pas une chose remarquable, que les Hébreux, à l'heure même de leur établissement, aient eu ce que les peuples les plus policés n'ont obtenu qu'avec tant de peine, le plan de leur pays, le cadastre de la propriété publique?

* Hécatée d'Abdère élève à trois raillions d'arourcs les terres fertiles de la Judée proprement dite ( Josèphe, contre Appion , liv. I, chap 8). Nous avons déjà vu que l'aroure était un carré de cinquante-deux mètres environ de coté. Flcury, estimant à linq derés en carré tout le pays d'Israël, en conclut qu'il renfermait, y compris les lacs et les déserts, près de quinze millions d'arpens en surface.

On ne doit pas s'en étonner : ils sortaient d'Egypte, où l'arpentage, comme ledit M. Girard dans son Mémoire sur les mesures agraires des anciens Egyptiens, était une des principales fonctions des prêtres. Parmi les livres hermétiques, il y en avait deux consacrés à la description détaillée de ce royaume et du cours du Nil; c'était, à proprement parler, une espèce de cadastre, dont les prêtres étaient dépositaires ".

Telle est la loi sur la division des terres. Pour ce grand acte politique, le législateur se trouva dans une position d'autant plus avantageuse , que le peuple hébreu ne possédait encore rien sur le sol à partager. Aussi Lycurgue, dont la législation, toute célèbre qu'elle est, le cède en tout point à celle de Moïse, fit une chose plus difficile, quand il obtint des Lacédémoniens établis, qu'ils rapporteraient tous leurs biens à la masse commune *.

* Mais Lycurgue suivit un autre principe que Moïse; il divisa le district de Sparte en neuf mille portions, le reste de laLaconie en trente mille; chaque portion fut donnée à un chef de famille; elle ne se partageait pas, elle passait tout entière au fils aine.

Mais l'égalité du partage ne peut durer longtemps. Les terres fructifieront avec rapidité dans certaines mains, tandis que d'autres les laisseront dépérir : ceux-ci seront forcés d'aliéner leur héritage; ceux-là pourront l'agrandir sans mesure. A.fin d'y remédier et de retenir les agglomérations des propriétés dans des bornes proportionnées aux besoins politiques «le l'époque, Moïse prescrivit les lois suivantes.

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Un écrivain religieux que j'ai plusieurs fois cité, surtout parce qu'il veut convaincre Voltaire, disait, il y a plus de soixante ans, avec une vérité prophétique : « Oui, Monsieur, les grandes propriétés sont un des fléaux de l'agriculture. Qu'on ouvre les yeux sur la plupart des gouvernemens modernes ou qu'on les jette sur l'histoire des anciens empires, on en trouvera

partout la preuve Diviser les fermes,

multiplier les ateliers rustiques, c'est le seul moyen de peupler les campagnes et même les villes : c'était le principe de Moïse. On aura beau s'agiter, calculer, systématiser, il faudra toujours en venir là "" »

Mais les moyens auxquels ce législateur eut recours doivent être considérés plutôt sous le

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rapport du but qu'il se proposait que dans leur propre nature; ils offriraient sans contredit de graves inconvéniens hors des circonstances qui les lui dictèrent. Que voulait-il? des limites à l'inégalité : que craignait-il? la formation des castes semblables à celles de l'Egypte, qui commenceraient à acquérir d'une manière légale les propriétés des plus petits citoyens, qui s'en empareraient ensuite, soit par force soit par adresse, et se rendraient les maîtres de tout le pays. On prévoit dès lors ce qu'il fit; il permit la circulation des terres, mais en la soumettant à des règles par lesquelles les agglomérations constantes des propriétés deviendraient impossibles; et il reconnut que si le citoyen était libre de disposer durant toute sa vie, et même pour quelque temps après, du patrimoine que ses aïeux avaient reçu de la nation, il ne pouvait pas s'en défaire d'une manière absolue et empiéter sur les droits de ses descendans.

Lorsqu'un homme voulait aliéner sa propriété, le plus proche parent jouissait de la faculté de s'en charger préférablement à toute autre personne, aux mêmes conditions. Refusait-il? on vendait à autrui en se réservant le droit de rachat pendant une ou plusieurs aimées, ou bien en y renonçant pour tout le temps que l'effet de l'aliénation pouvait légalement durer l3.

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