Oldalképek
PDF
ePub

ne se joignissent aux ennemis, ou ils ne quittassent malgré nous l'Egyptea3. »

On les arracha donc à leurs foyers; on les condamna à la servitude, aux travaux les plus durs, à bâtir péniblement des villes, parmi lesquelles Rahamsès et Pithom. Enfin, pour réduire leur nombre, sans se priver des avantages qu'ils procuraient, ou ordonna que tous les mâles nouveau-nés seraient pendant quelque temps voués à la mort.

Dans ces malheureuses circonstances, vers le milieu du seizième siècle avant notre ère, Jocabed, femme d'un Hébreu nommé Amram, donna le jour à Moïse. Trois mois entiers sa naissance resta secrète; mais dans la crainte de ne pouvoir le dérober plus long-temps aux recherches, sa mère préféra le confier aux flots du Nil, que de le voir tomber entre les mains de ses bourreaux. Elle enduisit de bitume une petite corbeille de jonc, et le déposa, sous la surveillance de sa jeune sœur, parmi les roseaux qui bordaient le rivage. La fille du pharaon, suivie de ses femmes, alla se baigner de ce côté; elle découvrit la corbeille, et l'ayant fait ouvrir, elle fut attendrie à l'aspect d'un enfant très-beau, qui lui tendait les bras en pleurant. « Je ne t'abandonnerai pas y dit-elle; tu seras mon fils, et tu porteras le nom de Moïse, parce que je t'ai tiré des eaux 24 »; et comme la sœur de l'enfant s'approcha aussitôt pour lui proposer une nourrice, elle confia son allaitement à Jocabed, sans savoir qu'elle était sa propre mère. sance de la cour, sa fortune accrut la haine de ses ennemis, surtout des prêtres égyptiens qui firent entendre au roi, que les talens et la popularité de cet homme pourraient devenir fatals à sa puissance , si l'ambition s'emparait jamais de son cœur,B.

Le jeune Hébreu grandit parmi les hommes les plus savans et les plus puissans de l'Egypte. Initié à leurs mystères, il s'empara de leurs connaissances; témoin du mécanisme de la cour, il apprit comment elle en imposait au vulgaire; entouré de tous les genres de séduction, il n'oublia pas un seul moment que ses frères étaient opprimés. Mais tandis que sa réputation de sagesse grandissait avec lui et s'étendait au loin 25, son origine, la tendresse de la fille du roi, et l'indépendance naturelle de son caractère lui suscitèrent les ennemis les plus redoutables.

Josèphe raconte que durant son enfance le pharaon, le tenant dans ses bras, lui posa son diadème sur la tête; Moïse l'arracha soudain, le jeta à ses pieds et le foula. Long-temps après, les Ethiopiens battirent les troupes égyptiennes et menacèrent Memphis. Dans l'effroi général, Thermutis, sa mère adoptive , proposa de lui donner le commandement de l'armée. Il vainquit les agresseurs, les assiégea jusque dans leur capitale et conclut un traité des plus avantageux. Mais, loin de lui valoir la reconnais

Quelle que soit la foi qu'on ajoute à ces assertions , il est certain que le pharaon dont la fille avait peut-être cessé de vivre, ou qui était luimême nouvellement couronné, changea à son égard, et qu'on ne chercha plus qu'une occasion de le perdre. D'après les monumens *, Ramessès-Meïamum ou ami d'Ammon, le quatrième roi du nom de Ramsès, était monté sur le trône, l'an 1559, cinq ou six ans avant la naissance de Moïse; il mourut en 1493; l'Hébreu aurait compté dans ces jours-là soixante ans qui, calculés suivant le rapport qui existe entre quatre-vingts ans, belle vieillesse pour notre époque, et cent vingt qu'on obtenait fréquemment alors, produisent quarante années. Mais ce fait était reconnu dans les derniers temps de la république des Juifs, qu'il n'avait, quand la colère du roi éclata, que quarante ans a7, correspondant à vingt-cinq ou trente de notre

* On peut voir dans la Notice chronologique que M. Champollion Figeac a ajoutée aux Lettres de M. Champollion le jeune, son frère, l'important tableau des dates fournies par les monumens.

"âge, de sorte qu'elle aurait signalé la vingtsixième année environ du long règne de Meïamum; ce qui semble appuyé par l'impétuosité de caractère dont Moïse va nous donner des preuves.

Un jour, en allant visiter ses frères, il vit un agent du gouvernement égyptien, qui maltraitait indignement un Hébreu; il s'élanca sur l'oppresseur, le combattit, le tua, et cacha son corps sous le sable *. Le lendemain, il rencontra deux Hébreux qui se battaient : « Pourquoi frappes-tu ton frère? dit-il à l'offenseur. —

* Je dis un agent de la tyrannie égyptienne, et non pas un simple Égyptien. D'après le texte, Moïse alla vers ses frères et vit leurs travaux; il vit aussi un Egyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères. (Exod. n, il.) C'est donc parmi les indivi-'dus soumis aux travaux que les choses se passèrent. Qu'arrivait-il dans ces travaux? Le texte nous l'apprend.... t El le service qu'on exigeait des Hébreux était plein de rigueur Et les exacteurs les pressaient et leur criaient : Achevez vos ouvrages Même

les commissaires d'entre les enfans d'Israël que les exacteurs avaient établi sur eux furent battus, et on leur dit : Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche en faisant des briques aujourd'hui comme

auparavant? et les commissaires des enfrns d'Israël crièrent au

pharaon de ce qu'ils étaient battus. > (Exod. i, v, 14, 16.) Les agens du pharaon avaientdonc coutume de battre; c'est donc un de ces agens que Moïse tua. De là le courroux du roi et l'inexactitude de ces paroles, attribuées à l'apôtre saint Etienne : « Moïse voyant un de ses frères à qui l'on faisait une injure, le defendit et le vengea en tuant l'Egyptien. » (Act. des Apôtr., vu, i4-) Rien n'autorise à ajouter le désir de la vengeance au besoin de la défense; et l'expression , faire une injure, est bien douce envers un homme qui abusait de son pouvoir jusqu'à accabler un autre homme de mauvais traitemens.

[graphic]
« ElőzőTovább »