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la pluie : les ronces et les épines seules y croîtront. Or, la maison d'Israël est la vigne de l'Eternel des armées, et les hommes de Juda sont le plant dont il faisait ses délices : il croyait en obtenir la droiture, elle n'a produit qu'exaction; il espérait n'entendre que la voix des justes, et elle ne retentit que des cris de ceux qu'on opprime. Malheur! malheur à vous "9

Jérémie, qui vécut avant et pendant la captivité de Babylone, fut contemporain de Pythagore : on le regarde comme un des chefs du sanhédrin. Son livre renferme des fragmens historiques qui ont servi à la compilation du livre des Rois Quoique sacerdote par sa naissance , sa voix s'éleva avec le plus de force contre les sacerdotes de son temps. Les maux dont il fut le témoin et la victime, imprimèrent dans son âme la couleur mélancolique qui caractérise ses écrits. Si son style est loin de la correction et de la noblesse d'Isaïe, il abonde en grands sentimens et en grandes pensées. On a prétendu, sans preuve, qu'il mourut en Egypte, victime de son zèle à prêcher les Juifs *.

« Comment est-il arrivé , s'écrie-t-il dans ses Lamentations, qui sont, pour me servir d'un terme puisé dans le sujet même, les Messéniennes de son temps* ; comment est-il arrivé que Jérusalem , cette ville si populeuse , soit maintenant déserte et dans Je veuvage; que la reine des provinces languisse tributaire? Elle passe les nuits à verser des larmes : de tous ceux qui lui étaient chers, personne ne s'offre pour la consoler; ses amis les plus intimes se sont conduits avec perfidie envers elle : la fille de Juda est abattue; ses persécuteurs la serrent

'On a dit la même chose d'Isaïe, sans autre fondement.

dans leurs filets Les chemins deSion mènent

deuil; plus de fêtes solennelles; ses portes sont renversées, ses sacrificateurs sanglotent, tout ce qu'elle avait de beau lui a été ravi : ses princes, semblables à des beliers qui ne trouvent pas de pâture, marchent sans force devant celui qui les pousse; ses prophètes ne trouvent plus rien à dire de la part de l'Eternel; ses anciens sont couverts de cendres; ses vierges baissent la tête, accablées de leur affliction ; sespetits-enfans sont tombés morts au milieu des places publiques et dans les bras même de leurs mères en leur

demandant du pain! A qui te comparerai-je,

fille de Juda! Où trouverai-je un malheur qui ressemble au tien! N'êtes-vous pas émus en la voyant, vous tous qui passez près d'elle? Pour moi, je me suis consumé dans les pleurs; ma douleur a pénétré jusqu'au fond de mes entrailles; et à l'aspect d'une infortune si grande, mon cœur semble s'échapper de mon sein ,ao. » Ezéchiel est aux yeux de Grotius le plus savant des prophètes, le plus versé dans la connaissance de l'état politique et commercial de l'Orient. Il commença à prophétiser à Babylone durant la captivité : ses rapports avec les Chaldéens lui firent adopter le langage emblématique , qui lui a attiré le reproche d'une obscurité fréquente. Son style, très-peu soigné, se fait remarquer par la force et la vivacité des apostrophes : voici quelques unes de celles qu'il adresse à la puissante Tyr, qui, Join de s'opposer aux conquêtes du roi d'Assyrie, s'était réjouie imprudemment de la chute de Jérusalem , qu'elle regardait comme une rivale importune.

* On sait que les Mcsséniennes sont des chants élégiaqurs sur la ville de Messène, que Lacédémone, sa voisine et sa rivale, détruisit de fond en comble.

« Toi qui es placée aux avenues de la mer, tu as dit, touchant Jérusalem : Tant mieux qu'on ait rompu cette porte des peuples; plus elle sera déserte, plus je serai fréquentée.... Eh bien! tes confins s'étendent jusqu'au centre de la mer; ceux qui t'ont bâtie n'ont rien négligé pour t'embellir ;.... tous les navires se rendent dans tes ports; tu as des murailles, des gens de guerre soldés et d'immenses richesses Malgré cela, tu seras brisée à

cause de tes iniquités.... Déjà le roi de Baby- lone s'avance: l'Eternel fait monter contre toi plusieurs nations, comme la mer précipite ses flots; tes murailles et tes tours seront renversées; tes richesses, tes foires, ton commerce , tes mariniers , tes pilotes, tes facteurs, tous tes gens de guerre, toute ta multitude tomberont pour jamais au fond de l'abîme! .... Tous ceux qui manient la rame descendront des navires, couvriront leur tête de poussière, et pleurant avec amertume, prononceront une complainte sur toi. Mais tu ne te releveras plus; tandis que la maison d'Israël sera certainement rétablie '". »

Les douze petits prophètes réunis en un seul livre, sont : Osée , de la tribu d'Issachar, contemporain d'Isaïe, dont il se rapproche par la pureté du style; Joël, de la tribu de Ruben: il suppose qu'après les jours de dispersion et de douleur, l'Eternel assemblera les envoyés de toutes les nations, dans la vallée de Josaphat, pour leur demander compte de leur conduite envers les Juifs; et c'est de cette image poétique que l'image du Jugement dernier a été tirée en grande partie; Amos, d'abord simple pasteur, déploie des connaissances étendues; Abdias, de Sichem, prêche contre l'Idumée; Jonas est célèbre par son étrange voyage, qu'il ne fit peut-être qu'en esprit; Michée se nourrit de l'idée d'une sainte alliance entre les peuples; le pathétique Nahum, irrité contre le roi d'Assyrie, lui dit : « Ta blessure est douloureuse , il n'y a plus de remède : ceux qui l'apprendront battront des mains; car est-il quelqu'un qui n'ait pas ressenti les effets de ta malice? » Habacuc, après avoir prêché contre les Chtldéens, s'enfuit à leur approche; Sophonie est plein de sollicitude pour Jérusalem; Aggée et Zacharie, au retour de la captivité de Babylone, excitent les Hébreux à relever leurs murailles, et à ne plus offenser la loi, sous peine de nouveaux malheurs; enfin Malachie osait dire aux sacerdotes de son temps : « Vous avez violé le pacte; vous avez quitté le chemin de la loi; c'est pourquoi l'Eternel vou*a rendu méprisables et abjects aux yeux de tout le peuple '". »

Nul prophète célèbre ne s'éleva pendant la durée du second temple. Ils furent remplacés par les docteurs. A l'enthousiasme succéda l'argumentation qui, dans ses écarts, conduisit aux plus misérables arguties. Mais remarquez que l'espoir où furent sans cesse les Hébreux de voir naître dans leur sein quelques uns de ces

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