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autres, qui sont les lois proprement dite^^M^donnent ou défendent certaines choses, en menaçant les réfractaires des peines que la nation inflige ou fait infliger pour la sûreté de tous ses membres; celles-ci prescrivent de simples mesures réglémentaires; celles-là enfin, sous le nom de préceptes, tracent des devoirs à remplir, sans autre menace pour celui qui les enfreint, ou pour le peuple chez qui ces infractions se multiplient, que la menace morale des mauxqui, dans l'ordre des choses, accompagnent toujours l'outrage à la suprême raison *. Mais toutes ces propositions doivent découler d'un même principe , toutes se soutenir les unes les autres, et tendre vers le même but : d'où s'ensuit la première condition de la loi qui est son unité, correspondant à l'unité de la personne publique.

Comment concevoir, en effet, que la vérité et le bien puissent se rencontrer là où il existe des contradictions infinies entre les vœux de la politique, ceux de la nature, de la religion

* Le mot michpat, au pluriel mischpatim, de la racine chapat, il a jugé, signifie plus particulièrement les droits, les lois, les jugemens et toutes les déterminations raisonnées d'intérêt public. Le mot choukim signifie statuts, règlemens, et dérive^de la racine chakak,il a décrit, dépeint, établi. Enfin le mot mitzva, au pluriel mitzvot, dérivé de la racine tsiva, il a recommandé, prescrit, commandé veut dire précepte; mais ces diverses expressions s'emploient très-souvent les unes pour les autres.

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admise, de la morale et même de l'hygiène? L'homme est-il double, triple ou quadruple, pour qu'on le tire en sens opposés? Non, l'homme est un; sa destinée est une. Dans l'ordre universel et divin, il doit se développer régulièrement; ce qui constitue sa liberté : dans l'intérêt de la personne publique, il doit se développer aussi et jouir de sa liberté; enfin, son intérêt propre appelle cette liberté même qui n'exige en conséquence qu'une seule loi harmonique dans toutes ses parties.

Qu'on se garde donc d'accuser le législateur d'avoir mal à propos confondu la politique avec la religion! Sans doute , comme tant d'hommes éloquens l'ont si bien prouvé, là où un monde appelé spirituel * est mis en regard du monde temporel, elles doivent être séparées avec soin; sans quoi il en résulterait ce mal, qu'en excitant le vulgaire à s'occuper du bonheur qui l'attend dans le monde inconnu, on pourrait le frustrer des avantages auxquels il lui est permis de prétendre sur la terre. Mais ceci ne s'applique point

* Il est très-nécessaire de bien distinguer le monde intellectuel ilu monde spirituel, d'autant que cela nous servira à déterminer la différence qui existe entre les Hébreux et les Chrétiens, dans leur manière d'expliquer les prophètes. Le monde intellectuel est l'ordre de .choses à venir dans lequel le développement des lois éternelles procurera à l'homme la plus grande somme de bonheur qu'il est appelé à goûter sur la terre. Dans le monde spirituel, ni la terre, ni l'humanité, ni l'univers ne sont plus comptés pour rien.

au système de Moïse, et tel est le trait qui le distingue le plus profondément peut-être de tous les autres législateurs. Pour rester fidèle à Jéhovah , pour lui plaire, il suffit de faire ce qui est humainement juste et droit, et tout ce que le besoin national réclame impérieusement. Alors on obtient en récompense l'indépendance, la force et l'abondance publiques, la paix de l'Etat, celle des familles, une nombreuse postérité, une longue vie sur la terse, et rien de plus. Tous les prodiges n'eurent d'autre but, comme il le déclare lui-même, que de frapper des hommes d'une tête dure, d'un caractère roide, et de leur servir de témoignage pour consolider la loi dont nous venons d'indiquer la fin : toutes les cérémonies, de préserver cette loi des influences dangereuses du présent et de l'avenir. M. l'abbé de La Mennais a donc eu raison de confirmer en ces termes ce point de fait important : « Jamais l'Ecriture ne parle de la religion juive. Les Pères, dont le langage est si exact, ne se servent pas non plus de ce mot, ou s'en servent peu; ils disent : la loi ancienne, la loi de Moïse, expression d'une justesse parfaite et à laquelle peut-être on aurait dû toujours se borner a9. » De même, après avoir rapproché les mœurs des Chrétiens des mœurs des Israélites, le judicieux Fleury, qui présente ces derniers comme le modèle d'une politique simple et sincère pour le gouvernement des Etats et la formation des mœurs, conclut ainsi : « Dans l'un, les mœurs des Chrétiens, on a pu voir quelle est la vie de ceux dont la conversation est dans le ciel, et qui, étant encore dans la chair, ne vivent que selon l'esprit : dans l'autre , les mœurs des Israélites, le meilleur usage des biens temporels et la manière la plus raisonnable de passer la vie que nous menons sur la terre 3o. »

Mahomet lui-même, malgré ses redoutables armes, ne se sentit pas assez de force pour soutenir son entreprise sans un autre levier. Et certes, les hommes que guidait Moïse n'étaient pas plus faciles à convaincre ni à manier que les Arabes.

« Le fruit de l'arbre de Zacoum sera la nourriture des réprouvés, s'écria-t-il dans son langage sublime de poésie; semblable aux métaux fondus, il dévorera leurs entrailles. On dira aux bourreaux : Saisissez les méchans, traînezles dans les cachots, versez de l'eau bouillante sur leur tête. Ah! qui pourrait décrire cet abîme épouvantable dont les flammes allumées par la vengeance divine s'élanceront sur les cœurs et s'élèvent en pyramides du milieu de la fournaise ardente Jl. Mais les Justesentreront dans des jardins d'une verdure éternelle, arrosés par des sources abondantes et pures, ornés de pavillons brillans. Leur tête sera radieuse, et leur visage éclatant de joie. Ils se reposeront sur des lits magnifiques. Des fruits exquis, des parfums suaves et un vin délicieux, qui ne procure jamais l'ivresse, leur seront offerts par des enfans dont la jeunesse ne finit point. Les discours frivoles et le mensonge ne pénétreront pas dans ces lieux de délices : et des vierges modestes, aux yeux noirs, au sein superbe et palpitant partageront leur éternel amour i2. »

Enfin, quoiqu'il ait élevé contre la combinaison politique de Moïse quelques reproches qui s'adressent encore plus aux circonstances et à l'ignorance des temps, qu'à cette combinaison même, Jean-Jacques lui accorde la préférence sur tout autre, en ce qu'elle réunit le culte divin et l'amour des lois, et que, faisant de la patrie l'objet de l'adoration des citoyens , elle apprend que servir l'Etat c'est en servir le Dieu tutélaire. « Il existe au contraire, ajoute-t-il, une autre sorte de religion plus bizarre, qui, donnant aux hommes deux législations, deux chefs, deux patries, les soumet à des devoirs contradictoires et les empêche de pouvoir être à la fois dévots et citoyens. Telle est la religion des lamas, telle est celle des Japonais, tel est le christianisme romain ( si différent du christianisme évangélique ! ) On peut appeler

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