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» sont étudiés à l'envi de faire connoître la grandeur » de Dieu et la sublimité de ses œuvres; tout ce qu'ils » en disent est parfaitement conforme à la doctrine de » nos anciens livres et à la tradition constante de nos » sages. Que disent Li-ngo-tse, Li-lche-tsao? Leurs » écrits ne sont autre chose qu'un parfait énoncé de la » loi chrétienne, et qu'un développement de son ex» cellente morale. Yang-hong-yven et Ting-kiun » s'accordent à publier que cette loi nest point nou» velle, ni extraordinaire; qu'elle a une entière res» semblance avec ce que Yao, Chun, Tcheou-kong, » Kong-tse, nous ont enseigné. Ouang-mo-tchong, » Kia-lche, tiennent le même langage; Tcheou-kong, » Kong-tze, expliquent cette doctrine en expliquant » la leur. Tching-hoën-fou, Leang-tsai, disent que » cette doctrine s'appuie à merveille de celle de nos » anciens sages; quelle est le bonheur de tous les siè» des et de tous les âges, sans en avoir aucun mal à » redouter. Les savons de l'Europe qui nous l'ont » apportée, selon Lieou-tsing-choui, Yuen-tchang, » doivent être regardés comme nos fidèles citoyens, » à qui nous avons des obligations essentielles. Selon » Hiong-lanche, Ming-yu, la loi chrétienne s'accorde » entièrement avec les enseignemens de Fo-hi} Oucn» ouang, Tcheou-Kong, Kong-tze; et même elle ren» ferme quelque chose de plus parfait.... C'est le té» moignage que rendent encore à la sainte loi Fong» ko-tu, Yug-kin, en assurant que chacun de ses ar» ticles porte l'empreinte du vrai, sans l'alliage de la » moindre fausseté... Tous nos lettrés, disent Tching

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» ming, Fong-y, qui ont écrit beaucoup sur le li, » sur le Ici, sur le vou-kie, le lai-kie (système des phi» losophes ), ressemblent à des personnes dont l'esto» mac est surchargé et incapable de digestion... Ye~ » htang-kao dit... que si on vouloit faire revivre les » enseignemens des trois premières dynasties, il ne » croit pas qu'on en pût venir à bout sans le secours » de la religion chrétienne. Le sentiment de Sun-hoa» yuen est que cette religion si sainte est bien supé» rieure à tous les cultes anciens et nouveaux, que les » forces humaines n'y peuvent pas atteindre, et que » son établissement marque bien son auteur. Enfin » Chin-quang-yu s'exprime ainsi : Tous les écrits pu» bliés en faveur du christianisme sont si solides et si » éloquens, qu'on ne trouve point de termes pour » les louer; leurs auteurs éclairés, et dont le nombre » est très grand, après avoir étudié les dogmes de la » religion, en ont fait voir la solidité, et ont pris » plaisir à nous les développer. Les anciens et ceux » qui les ont suivis ont tous parlé le même langage, de » quelque nation quits fussent; leur éloignement n'a » point empêché qu'ils ne fussent d'accord. Que con» dure de là? que la religion chrétienne est très » véritable, qu'elle est seule la véritable, et qu'il faut » par conséquent la suivre, s'étudier à la connoître » toujours davantage, et s'efforcer de mettre en pra» tique ses saintes lois, pour obtenir un bonheur éter» nel(l). »

(1) Motifs du prince Jean, etc.: Lettres édif., tom. XX, p. 303— S67.

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Commenter ce passage, ce seroit l'affaiblir : les réflexions que nous pourrions faire se présentent d'elles-mêmes à tous les esprits.

Mais observez la conformité de la doctrine universelle avec la doctrine de nos livres saints. Nous avons trouvé partout la croyance d'une loi divine, immuable, principe de toute vérité et de toute justice, et qui se conserve par la tradition. Or que dit l'Écriture?

« La loi de Dieu est parfaite, elle convertit l'âme; » le témoignage de Dieu est vrai, il donne la sagesse » à l'homme simple (1). »

Voilà donc la loi éternelle (2), qui n'est que le témoignage de Dieu, sa parole, ses commandemens (3), ses jugemens (A), sa. vérité (5), sa justice (6), comme l'appelle le roi-prophète dans cet hymne admirable où il s'écrie: « Je garderai les témoignages de votre » bouche (7); une croyance sans mesure est due à >j vos témoignages, ô mon Dieu (8)! »

Et ce témoignage divin, comment se perpétuoit-il? toujours par le témoignage, par la tradition, qui

(1) Lex Domini immaculata converteus animas : Iestimonium Domini fidele, sapientiam prestans parvulis. Ps., XVIII, 8. Nous avons traduit sur l'hébreu.

(2) In >Tternum, Domine, verbum luum permanet in cœlo. Ps, CXVIII, 89.

(3) Ibid., V. 4.

(4) Ibid., V. 4.J.

(5) Ibid., V. 86.

(6) Ibid., v. 94.

(7) Custodiam lestimonia oris lui. Ibid., V. 88.

(8) Testimonia lua credibilia faeta sont nimis Ps., XCII, 5.

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78 Essai Sur L'indifférence

conserve tout, même la parole, même la pensée.

« Souviens-toi des jours anciens, repasse dans ton » esprit les générations successives : interroge ton » père, et il t'instruira; tes aïeux, et ils te diront(l). »

S'agit-il de montrer la fausseté des cultes idolâtriques et la vanité des idoles (2) : Ils nétoientpas dès le commencement, dit l'Écrivain sacré. Et c'est aussi en prouvant la nouveauté du paganisme, que les Pères combattoient ce grand égarement du cœur humain (3).

Hélas ! en s'y livrant les païens étoient avertis de leur crime, et c'est ce qui le rendoit inexcusable. « Dieu a toujours voulu, dit Origène, que les hommes » fussent justes (4), et il leur a ménagé, dans tous » les temps, le moyen de se convertir et de pratiquer

(1) Memento dierum antiquorum, cogita generationes singulas: interroga patrem tuum, et annuntialrit tibi; majores tuos, et dicent tibi. Deuteron., XXXII, 7.

(2) Neque enim erant ab inilio.—Sapicnt., XIV, 13.

(3) Laudatis semper antiquos, sed novè de die vivilis. Per quod ostenditur, dùm à bonis majorum institutis deceditis, ea vos retinere et custodire quae non debuistis, cùni qiia. debuistis non custodilis. — Tertull. Apologet. adv. Cent., c. VII; et ibid., c. XXV, XXVI, XI.VII.—Theoph. ad. Autolyc, lib. II, n. 33 et seq.—Euseb.Prœp. tvunij., lib. II, cap. I et scq.—Laclant. Divin. Instit., lib. I. — De falsâ relia., lib. IV, cap. IX et scq. — De verâ sapient. et relig., cap. I et alibi passim.—Epitome Divin. Intl., cap. XXIV.—Julien avouoit le principe ; et l'un des reproches qu'il faisoit a la religion chrétienne, c'est qu'elle n'avoit pas, selon lui, do fondement dans l'antiquité. (Cyril, adv. Julian., lib. I.) On a pu voir, dans ce chapitre et le précédent, l'absurdité de ce reproche. Il sert du moins à prouver qu'on reconnoissoit universellement que le caractère de perpétuité étoit essentiel à la vraie religion.

(4) La piété, suivant Cicéron, est la justice envers la divinité:... est enim pietas justifia adversum deos. Vid. De nalurà Deorum, lib. I, cap. XLI.

» la vertu. Dans tous les temps, la sagesse divine des» cendant dans les âmes des justes, en a fait des pro» phètes et des amis de Dieu. Nous voyons dans nos » livres sacrés, qu'il y a eu dans tous les siècles des » saints qui ont eu l'esprit divin, et qui ont donné tous » leurs soins pour convertir les autres (1). »

On savoit qu'il avoit existé toujours une loi divine partout la même ; c'est-à-dire qu'on reconnoissoit l'existence d'une loi une, universelle, perpétuelle, sainte, en un mot de la vraie religion, qu'on pouvoit aisément, à ces caractères, discerner des religions fausses. On étoit donc coupable de la violer, comme on est coupable de la violation de toute loi qu'on peut connoître ; et l'on nesauroit justifier l'idolâtrie, sans justifier en même temps l'homicide, le vol, l'adultère, tous les vices et tous les crimes, puisque la loi qui les défend est identiquement la même loi qui défend le culte des idoles.

Quelque général qu'il fût, on ne doit pas croire cependant que le vrai Dieu n'eût aucun adorateur parmi les nations, ni qu'avec tant de moyens de s'instruire de sa loi, elle fût pour tous les hommes un objet d'indifférence. Saint Jean parle des enfans de Dieu qui étoient dispersés parmi les Gentils (2). « Je » ne pense pas, dit saint Augustin, que les Juifs » mêmes osassent prétendre que, depuis l'élection de

(1) Origen. contra Cets., lib. IV, n. 7. Traduction de l'abbé de Gourcy.

(î) Jesus montants erat pro gente, sed al fllios Dei, qui erant dispersi, congregaret in unum. Joan., XI, 52.

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