Oldalképek
PDF

l'homme avec Dieu étoit encore un des points de la doctrine commune et traditionnelle (1).

Nous en voyons l'origine dans l'Écriture sainte , qui, nous révélant, pour ainsi parler, le secret de notre nature , nous apprend que le souverain Etre tira du néant notre intelligence, en lui manifestant les vérités et les préceptes qui font la loi de sa vie, et le fonds immuable de la religion.

« Dieu a créé l'homme de la terre, et l'a formé à » son image. Il lui Créa de sa substance une aide sem» blable à lui. Il leur donna le discernement, une » langue, des yeux, des oreilles, un esprit pour » penser, et il les remplit de la doctrine de l'intelli» gence. Il créa dans eux la science de l'esprit (2); » il remplit leur cœur de sens, et il leur montra les » biens et les maux. Il fit luire son œil sur leurs cœurs, » afin qu'ils connussent la grandeur de ses œuvres, » qu'ils célébrassent par leurs louanges la sainteté de » son nom, et qu'ils le glorifiassent de ses merveilles. » II leur imposa des devoirs et leur donna la loi de » vie en héritage. Il fit avec eux une alliance éternelle, » et leur manifesta sa justice et ses jugemens(l). »

nem atque rationem constat artificem videri universilatis. IIunc eniin Zeno determinat factitatorem, qui cuncta in disposilione formavorit. Terlull.Apolog., c. XXI.

(1) Deus n i m i uni indigna lue, quolies quispiam illias similem iniprobat aut probat dissimilem ; Dei verô similis est vir bonus. Platon. Minos; Oper. tom. VI, pag. 136. —Idemde Iîepublicâ, lib. VI; et ap. Laclant., lib. II, c. X. — Aristot. de Anim., I.I, c. II. — Eurypham. in frag. Pythagor. Eurysus. ap. Clem. Alexandr. Strom., lib. V. — Hierocl. in Aurea Carmin■ et de Provid. et de Fato. Maxim. Tyr. dissertat. 38. — Seneca de Provident., c. I. — Animal hoc providum , sagax, multiplex , acutum, memor, plenum rationis et consilii, quem vocamus hominem praeclara quâdam condilione, generatum esse à Deo supremo... Itaque e\ tôt generibus, nullum est animal, praeter hominem, quod habeat noliiiam aliquamDei; ipsisque in hominibns, nulla gens est neque tam immansueta , neque tam fera, quœ non , etiam si ignoret qualem habere Deum deceat, tamen babendum sciat. Ex quo efllcitur illud, ut is agnoscat Deum, qui, undè ortus sit, quasi recordetur ac noscat. Est igilur homini cum Deo similitudo. Cicer., de Legibus, lib. I, c. VII et VIII. — Manilius, lib. IV, V. 893. — Ovid. Metamorph., lib. I, V. 83.

(2) Par la science de l'esprit, on entend la science de la foi, la connoissance de Dieu, des anges, etc., que Dieu avoil données a l'homme en le créant. Sacy in hune loc.

Voilà donc l'intelligence humaine et la religion qui naissent ensemble, par la révélation que Dieu fait au premier homme des vérités nécessaires et des devoirs qui en découlent, des dogmes et des préceptes qui forment la loi de vie; et cette loi, transmise en héritage, se perpétuera par la tradition.

C'est ce qui faisoit dire à Pylhagore, que nous avons en Dieu nos racines (2); à Épicharme, que notre raison est née de la raison divine (3); à Cicéron, qu'iï y a eu premièrement une société de raison entre Dieu etthomme (1); à Lucain , que l'auteur de l'homme, après l'avoir créé, lui dit tout ce qu'il est permis de savoir (2); à Confucius, que la lumière naturelle n'est qu'une perpétuelle conformité de notre âme avec les lois du ciel (3).

(1) Deus creavil de terra hominem, et secundùm imaginem suani fecitillum... Creavit ex ipso adjutorium simile sibi : consilium, et linguam, et oculos , et mires, et cor dedit illis excogitandi ; et disciplina intcllectos replevit illos. Creavit illis scientiam spiritus ; sensu implevit cor illorum , et mala et bona ostendit illis. Posuit oculum siiiim super corda illorum, ostendere illis magnalia operum suorum, ut nomen sanctificationis collaudent ; et gloriari in mirabilibus illius ut magnalia enarrent operum ejus. Addidit illis disciplinam, el legem vilœ hcredilavit illos. Testamentum arternum constituit cum illis, cl justiliam et judicia sua ostendit illis. Ecclet., XVII, 1, 5, 6, 7, 8, 9, 10.

(2) ViiuOijrif ix StoO xai f uimii Rsjj aÙrftiv /éiïrçi <};u/Mfla. DeVWph.

Sent. Pythagor., pag. 40.

(3) O Ci y s Rgg ùvOpÙTtw )t■/oç xéyuxsv Ato y S &et'eu Xdyou.

Epicharm. ap. Euseb. Pra?p. evang.,
lib. XIII, cap. XIII, pag. 683.

Adam viole ces lois, et se perd avec sa postérité. Le péché et la mort entrent dans le monde. Mais Dieu prend pitié de l'homme; il lui promet un Rédempteur (4) qui, jusqu'à Jésus-Christ, n'a jamais cessé d'être attendu par l'universalité du genre humain. Déchus de leur innocence, nos premiers parens reçoivent un commandement nouveau , et l'on voit s'établir le culte expiatoire ou l'usage des sacrifices sanglans (5), qui dureront jusqu'à l'accomplissement du grand sacrifice qu'ils figurent.

Cependant le germe de corruption que renfermoit la nature humaine depuis la chute d'Adam, se développe; l'inclination au mal que nous apportons en naissant se manifeste de plus en plus; les crimes se multiplient et vont irriter dans le ciel la justice du Dieu trois fois saint. Il se résout à exercer sur une race perverse une mémorable vengeance. La terre et

(1) Est igitur... prima homini cum Deo rationis societas. Cicer., de Legib., lib.■I, c. VII.

(t) . ...diiilque iemel oueentibiu iuelor Quidquid Beire lieet..

Lue»o. Pb»rs»l.

(3) Morale de Confucius, pag. 151. Londres, MHZ.

(4) Ornes. III, 15.

(5) ifttf., Vf, 4.

ses coupables habitans sont ensevelis sous les eaux; un seul juste échappe avec sa famille au naufrage universel , pour repeupler le monde désert et sauver le genre humain d'une entière destruction : car alors même que le Tout-Puissant infligeoit à sa créature rebelle une punition si éclatante, une pensée de miséricorde tempéroit encore son courroux et en arrêtoit les derniers effets; il avoit promis à l'homme tombé un Réparateur, et ses promesses sont sans repentance. Le déluge dut laisser une impression profonde dans la mémoire des enfans de Noé : aussi toutes les nations ont-elles conservé le souvenir de cette terrible catastrophe (1), dont notre globe offre partout des traces

(1) Euseb. Prœpar. evang.', lib. X, c. XI, pag. 414 et seq.; lib. XII, c. XV, pag. 587: éd. Colon., 1688. — Plalo de Legib., lib. III ; Oper. tom. VIII, pag. Uî.—Lucian. Samosat., deSyria dea : Oper. tom. II, pag. 968; Paris., 1634. — Edm. Dickinson, Grœci phcenicisantes; in append., pag. 170, seq. Opuscul. quœ ad hislor. elphilolog. $acr. speclant, tom. I sire fascicul. I.— Joan. Nicolai Notas in Caroli Sigonii lib. de Republ. hebr., c. I. — Anliquit. sacr. Thesaur. Mas. Ugolini, Vo!. IV, col. 141.— Essai sur les hiéroglyphes des Egyptiens, tom. II, pag. 508. — Le Choufiing, ouvage recueilli par Confucius, traduit par le P. Gaubil, revu et corrigé sur le texte chinois par M. de Guignes, pag. CVIII: seq. 4, seq. 13, 15 , 36, 35 ; Paris., 1770. Hisl. univers., trad. de l'anglois, tom. I, pag. 159. —M. de Humboldl, Vues des Cordillères et Monumens de l'Amérique, tom. I, pag. 114. — Voyage des missionnaires anglois à Othaïli■ — Selon la chronologie des Tibctains, le déluge a dû arriver l'an du monde 3190; et selon celle des Chinois, l'an 3390. C'est à cette même année que Bonjour {Dissert, des ann. diluv., § II, pag. 54) rapporte ce grand événement, d'après des calculs fondés sur le texte hébreu. Vid. Alphabet. Tibetan., tom. I, pag. 393. — «Ce fait incompréhensible, dit Boulanger, » que le peuple ne croit que par habitude, et que les gens d'esprit » nient aussi par habitude, est ce que l'on peut imaginer de plus

si évidentes, qu'aucune vérité physique n'est aujourd'hui regardée comme plus certaine par les géologues (1).

Il ne paroît pas que l'erreur ni l'idolâtrie fussent au nombre des désordres qui provoquèrent cet effroyable châtiment (2). Toute chair, dit l'Écrivain sacré, Wûoit corrompu sa voie sur la terre (3): paroles qui ne réveillent d'autre idée que celle de la violation de la

» notoire et de plus incontestable. Oui, le physicien le croirait, » quand les traditions des hommes n'en auraient jamais parlé; et

* un homme de bon sens qui n'aurait étudié que les traditions, le

* croirait encore. Il faudrait être le plus borné, le plus opiniâtre > des humains, pour en douter, dès que l'on considère les témoi» gnages rapprochés de la physique et de l'histoire , et le cri uni» rersel du genre humain. » Vid. L'Antiquité justifiée, ou Jiéfut. d'un liv. intitulé ■■ L'Antiquité dévoilée par ses usages. Ch. I, p. 3 et 4.

(1) • Je pense donc, avec MM. de Luc et Dolomieu , que s'il y a > quelque chose de constaté en géologie, c'est que la surface de » notre globe a été victime d'une grande et subite révolution, dont » la date ne peut remonter beaucoup au-delà de cinq ou six mille » ans ; que cette révolution a enfoncé et fait disparoitre le pays » qu'habitoient auparavant les hommes et les espèces d'animaux » aujourd'hui les plus connus; qu'elle a, au contraire, mis à sec » le fond de la dernière mer, et en a formé aujourd'hui les pays ha ■ » biles ; que c'est depuis cette révolution que le petit nombre des » individus épargnés par elle se sont propagés sur les terrains nou» vellement mis à sec, et, par conséquent, que c'est depuis cette » époque seulement que nos sociétés ont repris une marche pio» gressive, qu'elles ont formé des établissemens, recueilli des faits » naturels, et combiné des systèmes scientifiques. > Cuvier, Discourt préliminaire des Ilecherches sur les ossemens fossiles des quadrupèdes. Voyez aussi de Luc, Lettres géologiques ; Paris, 1798.

André, Théorie de la surface actuelle de la terre; Paris, 180C.

Th. Howari, The scriptural history of Ihe Earth. (2) S. Cyril, contr. Juliun., lib. I.

(3) Omnis quippe caro corruperat viam suam super terram. G«>«.,VI,12.

« ElőzőTovább »