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que « la loi céleste est cette raison, cette vérité que » le ciel a imposée aux hommes (1). »

« Se réglant sur les esprits', sans avoir de sujet de » doute, ajoute Confucius, le sage connoît le ciel; » attendant sans inquiétude le saint homme qui doit » venir à la fin des siècles, il connoît les hommes (2). »

« Le commentaire original, qui est particulière» ment destiné, dit M. de Rémusat, à faire sentir la » suite et l'enchaînement des idées, et les rapports » symétriques que les phrases ont les unes avec les » autres, fait observer ici les quatre choses qui, sui» vant le texte, concourent à former la vertu du sage: » la première, Khab, l'examen ou la règle de con» duite, qu'on prend chez les anciens; Kiào, l'éta» blissement ou la conformité avec le ciel et la terre; » Tchi, ou le témoignage qui se tire des esprits; et » Ssé, l'expectation qui fait que l'on compte sur la » venue du saint homme (3). »

Ainsi partout on retrouve la même règle des croyances, les mêmes devoirs, la même loi, qui tire de Dieu son origine ; et cette loi céleste est reconnue par les habitans du Japon comme par tous les autres peuples de la terre. « Leurs principaux commande» mens, qu'ils appellent divins, sont, dit Voltaire, » précisément les nôtres (4). » D'Herbelot fait la même remarque au sujet des Tartares et des Mo

(t) L'Invariable Milieu, etc., chap. XX, not., p. 1S3. (2) Ibid., ch. XXIX, § 4, p. 102.

(3) Ibidem, ibid., not., p. 158.

(4) lissai sur Ihisloirc générale et sur les mœurs et l'esprit des nations, ch. CXX, tom. III, pag. 193. Éd. de 1736.

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gols (1).

Qu'elle est belle, cette tradition qui commence avec le monde; et qui, malgré d'innombrables erreurs, se perpétue sans interruption chez tous les peuples! Qu'elle est imposante, cette parole que Dieu a prononcée à l'origine des siècles et que tous les siècles redisent avec un saint respect! Sortie de l'éternité, le temps, comme un long écho, la répète et la reporte dans l'éternité. Cette parole merveilleuse, image de la Parole engendrée avant l'aurore (2), du Verbe qui est en Dieu et qui est Dieu lui-même (3), est la raison, la vérité, l'ordre, la loi, la vie; et il n'y a de vie, de vérité, de raison qu'en elle. Héritage commun du genre humain (4), elle est la vraie lumière qui éclaire

(1) Taourat-Genghtz-Kaniat, la loi de Genghiz-Khan. C'est un octologue qui contient tons les préceptes du Décalogne, à la réserve de celui qui ordonne la célébration du sabbat. Il est certain que la religion des Mogols approchoit fort du christianisme; car GenghizKhan et ses successeurs ont été toujours amis des chrétiens et ennemis des mahométans, jusqu'à Nicoudar-Oglou qui se fit musulman et prit le nom d'Achmed... Biblioth. orient., art. Genghiz-Khaniak tom. II, p. 567.— Quoique cette loi porte le nom de Gengiz-Khan, il n'en est point l'auteur. C'est l'ancienne loi des Mogols. Ibid., art. Jassa, tom. III, p. 302.

(2) Ex utero ante Luciferum genui te. Ps., CIX, 3.

(I) Verbum erat apud Deum , et Deus erat Verlmm. Joan.,

(4) Admirandum est hoc principium creationem mundi complexum : utpotè cùm et mundus legi et lex nmndo conveniat, et ftomo legi obtwxius inox civil mundi evadat, dirigens sua lac ta ad arbitrium nalurœ gubernantis banc rerum univer&itatem. Philo Ju~ daus, de Mundi Opific, Oper. p. 1.

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tout homme venant en ce monde (1); elle l'instruit de ses devoirs et de ses destinées, elie forme son entendement en formant ses croyances; elle élève par la foi cet être d'un jour jusqu'à Y Ancien des jours (2), jusqu'à l'Être infini, seul principe de toute existence; elle purifie son cœur en lui révélant sa misère et en lui en montrant le remède. L'homme, sans elle, ne seroit qu'un fantôme qui passe et disparoît dans l'ombre : elle l'unit avec ses semblables, en l'unissant avec son auteur. La vertu, l'espérance, l'amour, la pensée même vient d'elle. Où sont ceux qui disent : Nous ne la connoissons point; intelligences déchues, sourdes à la voix du genre humain, et condamnées dès-lors à ignorer tout, condamnées à ne rien croire : car la foi naît de l'ouïe; et comment croiront-elles, si elles nont point entendu (3)? Toute parole, comme toute vérité, toute loi, procède de cette parole, de cette loi première. Où sont ceux qui disent : Nous n'en voulons point; esprits rebelles, que la lumière importune et blesse; qui demandent les ténèbres, et à qui les ténèbres seront données; qui repoussent la vérité, et que la vérité repoussera; qui rejettent la loi de grâce, et qui trouveront la loi de supplice; qui, à la place du Dieu qu'ils n'ont pas voulu, et de la mort qu'ils vou

(1) Lux vera, qua> illuminat omnem hominem venientem in hune mondum. Jaon., I, 9.

(2) Antiquus dierum. Dan., VII, 9.

(3) Fides exauditu... Quomodô credent ei quem non audierunt? Ep. ad Rom., X, 17,18.

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droient, auront éternellement leur crime pour compagnon, et pour roi le ver qui ne meurt point (1)!

(1) Vermis eorum non moritur. Marc, IX, 43.

CHAPITRE XXX.

Suite du même sujet.

Nous avons prouvé que les anciens croyoient à l'existence d'une loi divine, immuable, universelle , donnée primitivement au genre humain, et qui se perpétuoit dans le monde entier par la tradition (1). Et puisque cette loi, nécessairement antérieure aux altérations qu'elle avo pu éprouver, remonloit à l'origine des temps, on devoit la discerner de toutes les erreurs, et la reconnoître avec certitude à cet éclatant caractère d'antiquité. Cette règle si simple étoit d'ailleurs transmise elle-même comme un des préceptes de la loi imposée aux hommes par le Créateur : aussi fut-elle toujours unanimement admise, quoique, par une suite trop naturelle de l'aveuglement des passions, on la violât souvent dans la pratique.

(1) • Si l'on avoit tiré la connoissance théologique des propres re» cherches des hommes, il est probable que les philosophes posté > rieurs auroient perfectionné les découvertes de leurs predéces» seurs ; et les hommes qui ont vécu plusieurs siècles après Pytha> gore ou Thaïés, auroient été plus instruits des sciences sacrées » que ces philosophes. Mais le contraire est la vérité. Les anciens * sages eurent des idées plus pures de Dieu que ceux qui leur suc« cédèrent, et le genre humain devint, en avançant, plus supersti» Ueux. > Edouard Jiyav, Bienfaits de la Jklig. chrét., tom. II, ch. VI, p. 109.

TOME 4. 4

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