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complète application. Demandez à l'idolâtre et au protestant ce qui les retient, l'un dans l'idolâtrie, l'autre dans le schisme; ils vous repondront qu'ils suivent la religion de leurs pères. Tous deux avouent le principe qui doit les conduire à la vérité, tous deux refusent d'en tirer la dernière conséquence. Vous suivez la religion de vos pères : ont-ils suivi la religion des leurs? et si la plus ancienne est la seule vraie, comme votre réponse le suppose et comme l'atteste le monde entier, interrogez donc vos premiers ancêtres, et non leurs coupables descendans; ouvrez les tombes antiques, et il en sortira une voix qui vous instruira (1).

« Quand les hommes, dit Leland, se dispersèrent » après le déluge, pour remplir la terre et en habiter » les différentes contrées, les chefs ou les conducteurs » de chaque horde transportèrent avec eux les prin» cipes fondamentaux de la religion et de la morale , » dans les pays où ils s'établirent; ils les conservèrent » au moins quelque temps, et ils les transmirent aux » générations suivantes. Platon pensoitla même chose, » lorsqu'il disoit que dans ces premiers temps le » peuple suivoit les lois et les coutumes de ses pères, » de ses ancêtres et des anciens de la nation. Les mo» ralistes de cet âge ne raisonnoient point comme les

(1) Interroga de diebus antiquis, qui flieront antè te ex die quo creavit Dens homineni saper terram, à siiiimio cœlo usque ad summum ejus, si facta est aliquando hujuscemodi res, aut unquàm cognilum est... Interroga... majores luos, et dicent libi. Dculcv , IV, 32; et XXXII, 7.

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» nôtres sur les principes de la morale : l'autorité » leur servoit de philosophie, et la tradition étoit leur » unique argument (1). Ils débitoient donc leurs ma» ximes les plus importantes comme des leçons qu'ils » avoient apprises de leurs pères, et ceux-ci de leurs M prédécesseurs, en remontant jusqu'aux, premier s » hommes à qui Dieu avoit parlé. Tous les païens en » général étoient persuadés que la loi venoit de Dieu, » et que sa force obligatoire étoit fondée sur une » autorité divine. Le savant Selden a rassemblé un » grand nombre de témoignages de poètes, de pliilo» sophes et d'historiens païens qui disent la même » chose (2). Il est probable que cette croyance ne » venoit pas seulement de l'idée qu'ils avoient d'une » Providence divine qui prenoit soin des hommes: » elle étoit plutôt fondée sur une ancienne tradition » qui portoit qu'au commencement Dieu avoit donné » sa loi aux hommes (3). »

Ce dogme fondamental ne fut jamais obscurci. Dans tous les temps on a cru que Dieu avoit originairement révélé la vraie religion, ou la loi céleste immuable d'où dérivent toutes les autres lois (4), et

(1) Notez que c'est un auteur protestant qui fait cet aveu. Edouard Ryan avoue aussi que « la tradition fut la source d'où les nations et » les sages de l'antiquité tirèrent les idées raisonnables de l'exi» stence et des attributs de Dieu. » Bienfaits de la relig. chret., toni. I, chap. I, p. 12.

(5) Selden de Jure <Nat. et Gent., lib. I, cap. VII, p. 94 et seq. Ed. Lipt.

(3) Leland, Nouvelle Démonstr. évangél., IIe part., chap. II, tom. III, p. 57-59.

(4) Ante quàm ad populares leges venias, vim istius cœleslis legis explana, si placet. Cieer. de Legib., lib. II, cap. IV, n. 9.

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qu'on la reconnoissoit à ces caractères qui lui sont exclusivement propres : l'unité, l'universalité, l'antiquité.

C'étoit la doctrine de Pythagore (1), et il l'avoit trouvée établie dans l'Orient (2). Le méchant disoitil, n'écoute point la loi divine, et c'est pourquoi il ne respecte aucune loi (3).

On n'imaginoit point, dans ces anciens temps, de société purement humaine, ni de législation qui ne reposât sur l'autorité de Dieu. La religion étoit le fondement et la sanction des devoirs, le lien qui unissoitet les individus dans la famille, et les familles dans l'État; et comme on voyoit en elle la société tout entière, c'étoit elle aussi que la société respectoit et défendoit avant tout (4).

« Est-ce Dieu, ou bien quelque homme, qui » est l'auteur des lois? C'est Dieu, ô étranger; il » est très juste d'affirmer que c'est Dieu (5). » Ainsi parle Plitona et ailleurs il déclare qu'il n'y a de lois légitimes ou de véritables lois, que celles qui sont

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conformes à la loi souveraine, la loi royale, immuable règle de toute justice; loi universelle, perpétuelle, et que nul homme ne peut méconnoîtreà ces caractères. Le passage est trop important pour que nous hésitions à le citer en entier.

« Socrate. Pensez-vous que ce qui est juste puisse » en même temps être injuste, et réciproquement? » le juste et l'injuste ne sont-ils pas au contraire essen» tiellement distincts l'un de l'autre?

» Minos. Sans doute , ce qui est juste ne peut pas » ne point être juste; et il en est de même de ce qui est » injuste.

» Socrate. En juge-t-on par toute la terre comme » nous «njugeons ici?

» Mmos. Assurément.

» Socrate. Et chez les Perses aussi?

» Minos. Et chez les Perses.

» Socrate. Et toujours?

» Minos. Oui, toujours.

» Socrate. De deux corps qui entraînent un plus » grand et un moindre poids, lequel estime-t-on le » plus pesant?

» Minos. Celui qui entraine un plus grand poids.

» Socrate. Porte-t-on là-dessus le même jugement » en Lycie et à Garthage?

» Minos. Le même.

» Socrate. Il paroît donc que partout l'on regarde » comme beau ce qui est beau, et comme honteux ce » qui est honteux?

» Minos. Oui certainement.

Tome 4. 3

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» Socrate. Donc, en toutes choses, ce qui est vrai » est reconnu pour vrai, et ce qui est faux est reconnu » pour faux, tant par nous que par tous les autres » hommes (1).

» Minos. Je le pense comme vous.

» Socrate. Donc celui qui s'éloigne de la vérité, » viole la loi (2). »

Socrate continue de montrer, par différons exemples, que ce qui est juste et vrai est partout et toujours le même. Puis il reprend:

« Ce qui est légitime (3) ne varie donc pas?

» Minos. Non certes.

» Socrate. Et si nous voyons des gens qui

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