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\rant-t? Presque toute l'histoire de» Juifs est également figurative. Le serpent d'airain élevé dans 1» dessert, et qui guérissoit ceux qui le regardoient, ne représente-tril pas clairement l'arbre de la Croix qui QUUS § aussi guéris 3e fa morsure du serpent? La manpe rappelle l'aliment djvin dont Jésus-Christ nourrit miraculeusement les fidèles. Et n'étoit-il pas lut mime figuré par les saints personnages de l'ancienne loi (1), par Job, Moïse, Josué; par David; modèle de douceur, d'humilité, de patience dans l'affliction ? Ce, sajpt roi figure le Messie souffrant, comme Salomou figure le Messie glorieux, élevant à Dieu un temple dont la durée sera éternelle.

Les patriarches ont avec lui des traits de ressemblance non moins frappans. « Jésus-Christ figuré » par Joseph, bien-aimé de son père, envoyé du père u pour voir ses frères, est l'innocent vendu par ses i) frères vingt deniers, et par là devenu leur Seigneur, M leur Sauveur, et le Sauveur des étrangers, et le » Sauveur du monde; ce qui n'eût point été sans le » dessein de le perdre, sans la vente et la réprobation » qu'ils en firent.

» Dans la prison, Joseph innocent entre deux cri»» minels ; Jésus en la croix entre deux larrons. Jo» seph prédit le salut à l'un, et la mort à l'autre, sur l'incrédule se fonderoit-il pour l'attaquer, sur sa raison? Il n'a qu'elle. Mais si sa raison peut prévaloir contre la raison d'une multitude innombrable d'hommes aussi éclairés que lui, aussi sincères que lui, il n'y aura plus de raison humaine, plus de jugement commun qui fasse loi, plus de certitude: chaque homme aura sa vérité, comme il a sa raison. Il faudra concevoir sous la même notion le vrai et le faux, et, après avoir tout confondu, tout admis, tout nié) repousser avec mépris la pensée même, et gémir en silence, dans d'éternelles ténèbres, sur cette grande illusion qu'on appelle l'intelligence. £ C'est en vain que l'incrédule chercheroit hors du christianisme une route qui n'aboutisse pas à cet abîme. Et quelle marque plus frappante de sainteté dans la religion chrétienne, qu'on ne puisse rejeter aucun de ses dogmes, aucun des faits sur lesquels elle est établie, sans profaner l'homme même, en anéantissant sa raison? Ce qui vient de Dieu est vrai, ce qui vient de Dieu est saint; et comment pourroit-elle ne pas venir de Dieu, la religion fondée sur tant de prophéties dont l'univers presque entier atteste l'accomplissement? Qui auroit inspiré les prophètes? qui leur auroit révélé le Sauveur du monde, et l'époque de son avénement, et les circonstances de sa vie, de sa passion, de sa mort et de sa résurrection? Rien n'a été caché pouf eux : la réprobation des Juifs infi

gate, par le mot transitas, passage, signjiie expiation suivant Michaëlis; et l'arabe favorise ce sens.

(I) Voyez Heydeck, Defenta jlelig. chrUt-i to»- H. P- t'»s«WSec. édit-, Madrid. 1798.

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» les mêmes apparences; Jésus-Christ sauve l'un, et » laisse l'autre, après les mêmes crimes. Joseph ne » fait que prédire ; Jésus-Christ fait. Joseph demande » à celui qui sera sauvé, qu'il se soutienne de lui, » quand Usera venu en sa gloire; et celui que Jésus» Christ sauve, lui demande qu'il se souvienne de » lui quand il sera en son royaume (1). »

Ainsi les figures s'accordent avec les prophéties, etlesévénemens ont vérifié les prophéties et les figures. Les justes de l'ancienne loi, les Juifs spirituels, connoissoient Jésus - Christ presque aussi clairement que nous le connoissons nous-mêmes. Avec combien de vérité disoit-il donc : Scrutez les Ecritures, ce sont elles-mêmes qui rendent témoignage de moi (2)! Nous ne craignons point de le dire : que les incrédules lisent l'Évangile, qu'ils remarquent attentivement les circonstances principales de la vie du Sauveur, le caractère et l'objet de samission, les effets qu'elle devoit produire; nous les délions hautement de composer ensuite des prophéties plus claires que les véritables prophéties, sur tous les faits qu'elles ont annoncés.

Qu'on ne nous parle donc plus d'obscurité; tout est obscur pour l'œil qui se ferme, mais ses ténèbres n'affoiblissent point la lumière qui éclaire le monde. Qu'on ne nous parle plus du hasard pour expliquer le

(1) Pensêes de Pateal; II» part., art. IX, tom. II, p. 91.

(2) Scrutamini Scripturas... et illac sunt quae testimooium perhibent de me. Joan., V, 39.

don prophétique, à moins qu'on ne soutienne aussi que c'estpar/«isard que les évangélistes, en rapportant les actions de l'homme-Dieu, ont raconté ce qu'il a fait et souffert réellement. S'ils n'ont dit que ce qu'ils ont vu, et s'ils■n'ont pu le dire qu'après l'avoir vu, les prophètes qui ont dit les mêmes choses qu'eux les ont vues comme eux; et leur inspiration est dèslors invinciblement prouvée, ainsi que la divinité du christianisme.

Mais, quand l'incrédule résisteroit à une si forte évidence; il ne seroit pas encore affranchi de l'obligation de croire, qui lui paroît si pesante. A moins de renverser le fondement de la raison, il seroit contraint de céder au témoignage de deux immenses sociétés qui concourent à établir l'autorité des prophéties. En niera-t-il la réalité, les Juifs l'accablent de leur témoignage: en niera-l-il l'accomplissement, ces mêmes Juifs, on l'a vu, en sont une preuve vivante ; et le témoignage des chrétiens interdit le plus léger doute, car que lui opposeroit-on? Le témoignage des idolâtres? ils ne nient ni n'affirment, ils ignorent (1); le témoignage des musulmans? il est conforme au témoignage des chrétiens (2). Sur quoi donc

(1) On a vu même que plusieurs païens, Porphyre, Julien, Phlégon, reconnoissoient l'autorité et l'accomplissement de plusieurs prophéties contenues dans l'ancien et le nouveau Testament.

(2) Après avoir nommé Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Noé, Job, Moïse, Aaron, David, Salomon, Elie, Elisée, /.achat ie, Jonas, JésusChrist, saint Jean; Mahomet fait ainsi parler Dieu dans le Koran: » Cest à cevx-ei que nous avons donné l'Ecriture, et la sagesse

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