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Pour ne pas détruire la liberté de. l'homme, et tout ensemble pour assurer la durée du genre humain, il falloit que la connoissance de la loi divine ne se perdît jamais dans le monde, et que l'homme néanmoins pût la violer. Or nous voyons en effet cette loi toujours connue, et toujours aussi plus ou moins transgressée par les passions, soit dans ce qu'elle ordonne de croire, soit dans ce qu'elle commande de pratiquer.

Les cultes superstitieux ne s'établirent cependant pas immédiatement après le déluge (1). Comment les hommes auroient-ils osé, si hardis qu'ils fussent, dresser des autels sacriléges sur une terre encore humide

sas rursûs ex eodem, Ismaëlitas ex ejns nepotibus, et alios innumerabiles, et per Jacob eas qui babitabant in Mesopotamiâ. Vides universum orbem terrarum fuisse à sanctis docendum, si modo ipsi voluissent. Quinetiam aute eos , diluvium et linguarum confusio ad excitandam eorum mentem satis fuerant... Ità etiam qui babitabant in Occidente omnes omnia discebant cuni mercatoribus aegypliis versantes. Quamquam alioqui non mulUe genies erant in illà regione : sed maxiiua hominum frequentia ac lurba. multitudo erat in partibus Orientis. Etenim et Adam illinc egressus est, et gonus Noë illic versabatur, et post turrim illic erant, et ut plurimum versabantur in Oriente. Sed tamen in unâquaque generatione Deus illis doctores constituit, Noë , Abraham , Isaac, Jacob , Melchisedech. .S.. Joan. ChrysoUom., Exposit. in psalm. IV, Oper. tom. V, p. 15 et 16 cdil. Benediet.

(1) Tous les peuples de la terre ont conserve, pendant quelque temps, la religion de Noé, leur père commun, et ne s'en sont écartés que peu à peu, et presque sans s'en apercevoir. Mém. de VA end. des Inscript., tom. LXXI, p. 85.—D'après les traditions orientales, les musulmans croient que les premiers hommes n'avoient qu'une même religion, et qu'ils étoient souvent visités des anges. D'Herbelot, Biblioth. orientale, art. Adam; tom. I, p. 141, Farts, 1781.

des flots de la vengeance de Dieu? Ni les individus ni les peuples ne se corrompent en un jour, et l'idolâtrie n'a pu naître qu'au sein d'une corruption déjà profonde. Aussi ne comme ne e-t-on à en découvrir quelques traces qu'assez long-temps après la mort de Noé, lorsque ses descendans, dispersés dans l'Asie et dans l'Afrique, formoient non plus seulement des familles, mais des nations. Lactance en attribue l'origine aux Sabéens, « parce que, dit-il, le prince et le » fondateur de ce peuple, maudit par son père, ne reçut point de lui le culte de Dieu (1). » Lactance, comme on le voit, suppose que les Sabéens descendoient de Gham.

Quoi qu'il en soit, les monumens historiques et la tradition générale attestent que les hommes n'adorèrent d'abord qu'un seul Dieu. « La religion, dit le » savant et judicieux Mignot, fut la même chez tous » les peuples, dans les premiers temps. Elle consistoit » dans la croyance d'un Dieu auteur de toutes choses, » rémunérateur des bons et juge sévère des mé» chans; à cette croyance étoit jointe la pratique du » culte qu'il avoit lui-même prescrit. Cette religion » ne fut point altérée aussi promptement que quel» ques-uns se le sont persuadé. L'histoire du monde, » et celle de la conduite de Dieu sur les hommes, suf» Gsoient pour la transmettre; et les faits qui compo

(1) Quoniam princeps ejus et condilor cultum Dei à paire non accepit, malediclus ab eo. Laclant., Divin. IntliM., lil.. II, cap. XIII.

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» soient cette histoire n'étoient point en assez grand » nombre pour ne pouvoir être facilement retenus.

» La création de l'univers, la formation de l'homme » du limon de la terre, à l'image et à la ressemblance » de son auteur; sa chute et la promesse de sa répa» "ration ; le ministère des anges, dont Dieu se servoit » pour intimer ses ordres aux hommes et pour leur » manifester ses volontés, la dépravation du genre » humain, sa punition et la purification de la terre » par le déluge, formoient le cercle des connoissances » nécessaires à l'homme pour se maintenir dans cette » religion. Ces connoissances n'etoient point difficiles » à acquérir ; la longue vie des premiers hommes, » attestée par nos livres saints et avouée par les écri» vains profanes, en facilitoit la transmission . . . » Abraham âgé de cent cinquante ans lorsque Sem » mourut, avoit pu voir ce patriarche et converser » avec lui. Sem avoit quatre-vingt-dix-huit ans lors- . » que le déluge arriva; il fut par conséquent contem» porain de Mathusalem, qui, parvenu à neuf cent » soixante-neuf ans, termina sa carrière lorsque la » terre fut inondée. Ce dernier, né l'an du monde 687, » a vécu deux cent quarante-trois ans avec l'auteur » du genre humain : de sorte qu'au temps d'A» braham, né l'an du monde 2008, la chaîne de cette » tradition n'étoit composée que de quatre anneaux » qui se tenoient les uns aux autres. Cette tradition » avoit jeté de si profondes racines parmi tous les des» cendans de Noé, que les corruptions successivement » introduites dans leur culte n'empêchent point

Tome 4. 2

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» qu'on n'en trouve des vestiges assez marqués, soit » dans leurs dogmes, soit dans leurs pratiques. En » dégageant les récits de leurs anciennes histoires des » allégories et des fictions dont ils les ont surchargés, » on aperçoit encore aujourd'hui les mêmes principes » et les mêmes faits que Moïse a consignés dans ses » écrits (1). »

L'abbé Le Batteux a prouvé, par le témoignage des livres saints, qu'au temps de Moïse et de Josué les traditions primitives subsistoient encore, dans toute leur vigueur, chez les Égyptiens (2) et chez les peuples de la Chaldée, de l'Arabie (3) et de la Palestine (4), quoique déjà la pureté du culte fût altérée

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en beaucoup de lieux par le mélange de diverses superstitions, et qu'en plusieurs contrées des désordres abominables eussent enfanté une abominable idolâtrie. C'étoit principalement pour en préserver les Hébreux que Moïse leur défendit de contracter des mariages avec les Chananéens; et puisque la prohibition ne s'étendoit pas aux autres peuples, il est vraisemblable qu'à cette époque ils n'étoient pas encore entièrement livrés aux cultes idolâtriques.

Il paroît que la religion ne se corrompit en Egypte que sous le règne de Suphis, que Mamthon appelle le contemplateur des dieux (1), parce qu'aux vérités traditionnelles il mêla les vaines spéculations de son esprit (2). Originairementles Égyptiens n'avoient point de statues dans leurs temples (3); et les Scythes, les Sères, ainsi que les peuples nomades de la Libye, n'avoient encore, au second siècle, ni temples, ni simulacres (4).

Les Cariens, les Lydiens et les habitans de la Mysie, ne reconnoissoient anciennement qu'un seul Dieu (5). Il en étoit de même des Arcadiens (6) et des Félasges (7), qui adoptèrent plus tard le culte des di

pag. 88 et suiv. — Bullet, Y Existence de Dieu démontrée, etc., tom. II. p. 24, 25.

(1) OÙr04 Si xai i TtipÛTCVIi «j Stoùf Jyi»cro. Ap. Sincel., p. 54.

(2) Vid. Mém. de YAcad. des Inscript., tom. LXV, pag. 64 et soiv.

(3) Lucian. Samosat., de Deâ Syrià.

(4) Origen.contr. Cels., lib. VII, 11° 62.

(5) Mém. de YAcad. des Inscript., tom XXIV, p. 464.

(6) Ibid., tom. XXIX, pag. 63.

(7) Ibid., tom. XXIV, pag. 416.

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