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Me vint escarmoucher par faulx alarmes d'yeulx ;

Mais je veis sa fallace;
Par quoy me retiray et lui quittay la place.
Je vous laisse penser s'il feust alors fasché :
Car depuis en maintz lieux il s'est toujours caché,
Et quand à descouvert m'a vue, m'a laché

Maintz traicts à la volée... Mais onc ne m'en sentis autrement affolée. Grâce donc à l'autorité et à l'influence de Port-Royal, dès 1660 les principes fondamentaux furent mis hors de discussion, et il ne resta plus à s'entendre que sur quelques faits secondaires. Mais aujourd'hui est-on enfin d'accord ? Pas précisément; très-souvent encore, grammatici certant, et, sur certains points qui ne laissent point d'avoir une sérieuse importance, beaucoup d'académiciens ne sont pas du sentiment de l'Académie.

Examinons donc successivement toutes les constructions dans lesquelles les participes passés peuvent figurer; et, pour les bien expliquer, procédons avec méthode, en partant des faits les plus simples pour arriver aux plus complexes.

PREMIÈRE SECTION.

I. Participes passés employés sans auxiliaire, et variables.

Tout participe passé d'un verbe transitif ou intransitif, employé sans auxiliaire, est un véritable qualificatif qui prend le genre et le nombre du nom ou du pronom auquel il est joint, et qu'il modifie :

Que de scandales ÉVITÉS! que de crimes PRÉVENUS! que de maux publics ARRÊTÉS ! que de faibles CONSERVÉS ! que de justes AFFERMIS ! que de pécheurs RAPPELÉS ! que d'âmes RETIRÉES du précipice ! (Massillon.)

Eux venus, le lion sur ses ongles compta. (La Fontaine.) J'ai vu la foi des contrats BANNIE, les lois les plus saintes ANÉANTIES, toutes les lois de la nature RENVERSÉES. (Montesquieu.)

Qui m'abaisse si fort au-dessous d'Alexandre ?
Serait-ce sans effort les Persans subjugués,

Et vos bras tant de fois de meurtre fatigués ? (Racine.)
Le bonheur est une idée abstraite, COMPOSÉE de quelques sensations de plaisir.

(Voltaire.)
Autour de cet amas de viandes entassées,
Régnait un long cordon d'alouettes pressées ;
Et sur les bords du plat six pigeons étalés

Présentaient pour renfort leurs squelettes brulés. (Boileau.)
Qu'elle est belle cette campagne cultivée ! que, par les soins de l'homme, elle
est pompeusement Parée ! que de trésors IGNORÉS ! Les fleurs, les fruits, les grains
PERFECTIONNÉS, MULTIPLiés à l'infini; les espèces utiles d'animaux TRANSPORTÉES,
PROPAGÉES, AUGMENTées sans nombre; les espèces nuisibles RÉDUITES, CONFINÉES,
GELÉGUÉES ; l'or, et le fer plus nécessaire que l'or, TIRÉS des entrailles de la terre;

les torrents CONTENUS, les fleuves DIRIGÉS, RESSERRÉS ; la mer SOUMISE, RECONNUE, TRAVERSÉE d'un hémisphère à l'autre; la terre partout RENDUE féconde ; les collines CHARGÉES de vignes et de fruits, leurs sommets COURONNÉS d'arbres utiles et de jeunes forêts; les déserts devenus des cités , HABITÉS par un peuple immense ; des routes OUVERTES et FRÉQUENTÉES, des cominunications ÉTABLIES partout, sont autant de témoins de la force et de l'union de la société. (Buffon.)

Sur ces toits élevés, d'un ciel tranquille et pur
L'ardoise fait au loin étinceler l'azur;
Et la vitre embrasée à la vue éblouie
Offre, à travers ces bois, l'aspect d'un incendie. (Michaud.)

II. Participes passés employés sans auxiliaire, et invariables.

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I. Les participes passés attendu, excepté, oui, passé, supposé, vu, non compris, y compris, etc., sont invariables quand ils précèdent immédiatement les noms ou les pronoms, parce qu'alors ils tiennent lieu de prépositions ou de locutions prépositives, et peuvent se traduire :

Attendu, par en considération de;
Exceptė,

hormis ;

sur l'exposé de ; Passé,

après; Supposé,

en admettant;

à cause de;
Non compris, à l'exclusion de, sans y comprendre ;
Y compris,

avec, en y comprenant. Il a été exemplé des charges publiques, ATTENDU son infirmité. (Académie.)

... Chacun s'obstine à me trouver coupable, Prend parti contre moi, me méconnait, m'accable;

Excepté vous, ma mère. ........... (C. Delavigne.) Tout le monde, Excepté l'équipage et moi, est descendu dans l'entrepont.

(Lamartine.) Gustave fit dire aux chanoines dUpsal que, vu la fuite et la condamnation de leur archevêque, il était à propos qu'ils lui nommassent un successeur. (Voltaire.)

Passé cette époque, il ne sera plus temps. (Académie.)

Les frais s'élèvent à deux mille francs, y compris les vacations des deux architectes. (Idem.)

Je ne crois pas qu'excepté Madame, on en soit fort affligé au Palais-Royal : les voilà débarrassés d'un homme de bien. (Racine.)

Je crois que Mlle Roste sera bien plus surprise que vous, vu la satisfaction que la pièce lui avait donnée. (Le même.)

Je dépense aujourd'hui six mille francs par an, Y COMPRIS les impositions et les réparations. (H. de Balzac.)

SUPPOSÉ la gravitation un principe vrai, tous les phénomènes physiques s'expliquent avec la plus grande facilité. (Buffon.)

II. Mais chacun de ces participes s'accorde avec le terme qu'il modifie, lorsqu'il ne le précède pas immédiatement :

ATTENDUE depuis le matin, MA MÈRE n'est arrivée que le soir fort tard.

SUPPOSÉE ou non, CETTE HISTOIRE est fort intéressante.
Nox COMPRISE dans la vente, la ferme lui est restée.

Le participe passé ouë n'est invariable que dans le sens que nous avons indiqué, et quand il appartient à la langue du palais; hors de là, il est et a toujours été considéré comme participe variable :

Et quant li jour fust venu, ouye la messe et dictes ses heures, de besoigner il ne cessu. (A. de la Salle.)

III. Du participe passé construit avec étre.

· I. Le participe passé joint au verbe être est un véritable qualificatif; c'est l'attribut de la proposition, et, comme tel, il s'accorde en genre et en nombre avec le terme auquel il se rapporte, qu'il lé suive ou le précède :

Les mortels plus instruits en sont moins inhumains;

Le fer est émoussé, les bûchers sont éteints. (Voltaire.) Émoussé est au masculin singulier, parce qu'il s'accorde avec fer, sujet de la première proposition; éteints est au masculin pluriel, parce qu'il s'accorde avec bûchers, sujet de la seconde proposition. Bénis soient les rois qui sont les pères de leurs peuples! ( Fénelon.)

Bénis est au masculin pluriel, parce qu'il s'accorde avec rois, sujet de soient.

Les Âmes nobles gagnent toujours à être CONNUES. (D'Alembert.)

Il est plus aisé de dire des choses nouvelles que de concilier celles qui ont été DITES. (Vauvenargues.)

Mais la postérité d'Alfane et de Bayard,
Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard,
Sans respect des aïeux dont elle est descendue,

Et va porter la malle ou tirer la charrue. (Boileau.) Les hommes qui semblent être nés pour l'infortune doivent être PRÉPARÉS à toute disgrâce. (La Bruyère.)

II. Comme on le voit, le participe passé joint au verbe étre est un qualificatif qui suit les règles de l'adjectif : s'il est en rapport avec plusieurs noms, il se met au pluriel, et prend le genre masculin si les noms sont de différents genres : Il semble que la vie et la BEAUTÉ ne nous aient été données que pour aimer.

(Aimé Martin.) Ce jeune HOMME et cette jeune fille sont DESTINÉS l'un à l'autre.

OBSERVATION. —Souvent, lorsqu’un premier participe est joint au verbe étre, on sous-entend le verbe avant les participes qui suivent; cette ellipse n'empêche pas qu'ils ne soient soumis au même rapport syntaxique.

Les meilleurs fruiis sont ceux qui ont ÉTÉ BECQUETés par les oiseaux et RONGES par les vers.

Dieu et les rois sont mal loués et mal servis par les ignorants. (Voltaire.)

Cette altière noblesse est séduite par les paroles de Louis et RÉCOMPENSÉE par les périls qu'il lui accorde à ses côtés. (Villemain.)

IV. Du participe passé employé comme qualificatif, et construit

avec un verbe autre que étre.

Le participe passé, employé comme qualificatif, est peut-être précédé d'un verbe autre que l'auxiliaire étre.

Ce verbe est ou transitif ou intransitif.

1° Si le participe passé est précédé d'un verbe transitif autre que l'auxiliaire avoir, il est essentiellement adjectif, et s'accorde toujours avec le complément direct :

Je tiens Sylla perdu, si vous laissez unie

A ce puissant renfort notre Lusitanie. · (Corneille.) Le participe unie, précédé du verbe transitif laissez, est ici placé par inversion avant le complément direct Lusitanie, auquel il se rapporte.

Quand viendra ce printemps par qui tant d'exilés

Dans les champs paternels se verront rappelés ? (L. Racine.) Ici, le participe rappelés, précédé du verbe transitif verront, s'accorde avec le complément direct masculin pluriel se, mis pour exilés.

Pendant que les armées consternaient tout, le sénat tenait à terre ceux qu'il TROUVAIT ABATTUS. (Montesquieu.)

Horace, les voyant l'un de l'autre écartés,

Se retourne, il les voit déjà demi domptés. (Corneille.) Quel plaisir d'aimer la religion, et de la voir Crue et soUTENUE par les Bacon, les Descartes, les Newton, les Grotius, les Corneille, les Racine, les Boileau, les Turenne, les dAguesseau, l'éternel honneur de l'esprit humain ! (La Bruyère.) Je rends CARRÉE Une BOULE que les lois du mouvement avaient faite ronde.

(Montesquieu.) 20 Si le participe passé est précédé ou suivi d'un verbe intransitif, il est encore adjectif, et s'accorde avec le sujet du verbe :

Oh ! qui m'expliquera les mystères des cieux ?
Mon âme à leur aspect demeure suspendue. (Lamartine.)
L'oiseau monte et descend dans une autre cellule,
Ou, cachés et bravant les piéges, les saisons,
Reposent inollement ses tendres nourrissons. (Delille.)

Je courais dans un même jour de Sainte-Geneviève à l'Arsenal, et de l'Arsenal à l'Institut, dont la BIBLIOTHÈQUE, par une faveur exceptionnelle, RESTAIT OUVERTE jusqu'à cinq heures. (Augustin Thierry.)

DEUXIÈME SECTION.

I. Du participe passé conjugué avec avoir, et employé

sans complément direct.

Tout participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir, et employé sans complément direct, est invariable :

La tyrannie a plus ou moins SUBSISTÉ, suivant qu'elle a plus ou moins NÉGLIGÉ de se cacher. (Barthélemy.)

Où la mouche a passé, le moucheron demeure. (La Fontaine.)
............ Ma langue embarrassée

Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée. (Racine.) Adorateurs stupides de l'antiquité, les philosophes ONT RAMPE durant vingt siècles sur les traces des premiers maitres. (Guénard.)

Ce principe est applicable au participe passé de tous les verbes intransitifs conjugués avec avoir, et de tous les verbes transitifs employés sans complément direct.

OSBERVATION. — Le participe passé conjugué avec avoir, et employé sans complément direct, forme des temps composés qui, comme tous les temps simples, s'accordent avec le sujet en nombre et en personne.

Or, comme l'auxiliaire avoir règle déjà cet accord, le participe, qui représente le radical du verbe employé dans la phrase, ou, comme le disent quelques grammairiens, une forme de l'infinitif, est nécessairement invariable.

Ainsi, dans le vers de la Fontaine, l'auxiliaire a s'accorde avec le sujet moucheron, et passé est invariable, comme représentant le radical pass.

Et dans le second vers de Racine, demeuré est l'équivalent du radical demeur, et le verbe a, l'équivalent de la terminaison a dans demeur-a.

Les exemples suivants présentent l'application de ce principe : Les poiriers rompent de fruits cette année, les pêchers ont DONNÉ, avec abondance. (La Bruyère.)

Nos imprudents aieux n'ont vaincu que pour lui. (Voltaire.) Le christianisme, la dernière religion qui AIT PARU sur la terre, est aussi de beaucoup la plus parfaite. (V. Cousin.)

Le christianisme n'est pas moins que le résumé des deux systèmes qui ont tour à tour RÉGNÉ dans l'Orient et dans la Grèce. (Le même.)

J'ai retenu le chant, les vers m'ont échappé. (J.-B. Rousseau.)

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