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mière prédication , après avoir rappelé aux habitants de Jérusalem les miracles que son maitre avait opérés parmi eux, et dont ils avaient une pleine connaissance (1), après avoir annoncé sa miraculeuse résurrection (2), la confirme par le témoignage prophétique de David (3). Peu de jours après, dans sa seconde prédication , il établit encore la divinité de la religion qu'il annonce, nonseulement sur le témoignage qu'il rend à la résurrection, mais aussi sur le témoignage de tous les prophètes qui avaient prédit les souffrances du Christ (4). Il insiste sur celui de Moise (5); et il déclare que depuis Samuel, tous les prophètes ont annoncé les jours de la venue de Jésus-Christ (6). Il serait beaucoup trop long de rapporter tous les passages, soit des actes des apötres, soit de leurs épitres dans lesquels ils présentent aux peuples,

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(1) Viri Israelitæ, audite verba hæc : Jesum Nazarenum virum approbatum a Deo in vobis, virtutibus et prodigiis, et signis quæ fecit Deus per illum in medio vestri , sicut et vos scitis. Act. 1 1 ; 2 2. (2) Quem Deus suscitavit solutis doloribus inferni juxta quod impossibile erat teneri illum ab eo. Ibid. 2 4. (3) David enim dicit in cum : providebam Dominum in conspectu meo semper, quoniam a dextris est mihi ne commovear. Propter hoc laetatum est cor meum ; insuper et caro mea requiescet in spe ; quoniam non derelinques animam meam in inferno , nec dabis sanctum tuum videre corruptionem.... Propheta igitur cum esset, et sciret quia jurejurando jnrasset illi Deus de fructu lumbi ejus sedere super sedem ejus, providens locutus est de resurrectione Christi , quia meque derelictus est in inferno, neque caro ejus vidit corruptionem : hunc Jesum ressuscitavit Deus, cujus omnes nos testes sumus. (Ibid. 2 5 , 32. (4) Auctorem vero vitæ interfecistis, quem Deus suscitavit a mortuis; cujus nos omnes testes sumus.... Deus autem quæ pronuntiavit per os omnium prophetarum pati Christum suum, sic implevit. Act. 3; 15, 1 8. (5) Moyses quidem dixit : quoniam prophetam suscitabit vobis Dominus Deus vester de fratribus vestris, tanquam meipsum andietis juxta omnia verba quæcumque locutus fuerit vobis. Ibid. 22. (6) Et omnes prophetæ a Samuel, et deinceps, qni locuti sunt , annuntiaverunt dies istos. Ibid. 25.

/ pour les convertir, l'accomplissement des oracles de la loi ancienne (1). II. C'était sur le double fondement des miracles et des prophéties, que les premiers prédicateurs de la loi chrétienne l'avaient établie, et c'est de même par cette double autorité que les saints Pères l'ont défendue contre les attaques de ses ennemis. Il serait facile de prouver que telle a été la méthode de tous les anciens apologistes. Contentons-mous de citer Origène, confondant Celsepar ces deux démonstrations si supérieures à tous les arguments que produisaient la dialectique des Grecs (2); et saint Augustin, les présentant aux paiens pour leur montrer la certitude du christianisme (3). Guidés par des traces si respectables, nous venons offrir à ceux qui, de nos jours, ont eu le malheur d'abandonner la foi chrétienne, ce qui autrefois la fit embrasser à leurs pères; et après l'avoir prouvée parles miracles quiaccompagnèrent son établissement, nous allons compléter la démonstration par les prophéties qui l'avaient précédée. Nous les

(1) Voyez spécialement Act. 13; 26 et seq. 1 7 ; 2 et 3; 26. 18; 28. a3 Hebr. 1 ; 1 et 2. I Petr. 1; 1 o et seq., etc.

(2) Adjicio doctrinam christianam sua quadam ratione demonstrari. Divina est hæc ratio, et ad eam Græcorum dialectica ne comparari quidem potest. Illam sitam esse docet Apostolus in ostensione spiritus et virtutis. Spiritus quidem, propter prophetias quarum omnium perspicuitas et evidentia qnemvis lectorem persuadere potest, ut ea præsertim credat quæ ad Christum pertinent ; J^irtutis autem , propter miracula , quorum patrandorum vim ac potestatem penes christianos esse, cum ex multis aliis, tum inde maxime efficitur quod eorum adhuc supersint vestigia apnd eos qui ex legis christianæ præceptis vitam suam moresque exigunt. Origenes contra Celsum , lib. 1 ; n° 2.

Nam prophetiæ omnes antequam nasceretur editæ, cultum illius commendabant. Sed et miracula quæ fecit, non arte magica, nt existimat Celsus, sed divinitate a prophetis prædicta , a Deo testimonium habuerant. Ibid. lib. 8; ne g.

(3) Exceptis enim tot et tantis miraculis quæ persuaserunt Deum esse Christum, prophetiæ quoque divina fide dignissimæ præcesserunt, quae in illo, non sicut a patribus adhuc creduntur implendæ , sed demonstrantur impletæ. S. Augustinus, de civit. Dei, lib. 22, cap. 6;

conjurons, pour l'intérêt le plus grand qui puisse les animer, de considérer, avec toute l'attention qu'ils méritent, ces oracles anciens (1) ; de les rapprocher des faits, et de juger s'ils ont été véritablement accomplis, comme nous le soutenons et comme l'ont cru, jusqu'à eux, tous les siècles chrétiens. - III. L'ordre que nous suivrons dans cette dissertation, sera de la diviser en trois chapitres. Dans le premier , nous traiterons de la prophétie en général : dans le second, nous parcourrons les prophéties de l'ancienne loi relatives au Messie, et nous en montrerons l'accomplissement dans Jésus-Christ ; dans le troisième, nous considérerons les prophéties de la loi nouvelle faites par Jésus-Christ lui-même, et nous verrons avec quelle exactitude elles ont été effectuées.

(1) Jam igitur tempus est, o Graeci, ut ex historiis externis persuasi, Moysen et caeteros prophetas, multo iis omnibus qui sapientes apud vos habiti sunt antiquiores esse, ab antiquo majorum errore discedatis, ac divinas prophetarum legatis historias, veramque ex hujusmodi scriptoribus religionem discatis. S. Justinus, cohort. ad Graecos, cap. 35.

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I. LE nom de prophète, dans les livres saints, n'a pas toujours la même signification. Il désigne quelquefois celui qui est chargé de porter la parole pour un autre ; nous en avons un exemple dans le livre de l'Exode, où Dieu dit à Moïse, qui craignait de n'être pas entendu de Pharaon : Aaron votre frère sera votre prophète (1). Dans d'autres endroits, ce mot signifie des hommes occupés à chanter les louanges du Seigneur; ainsi, au premier livre des Rois, nous voyons Saül se mêler au chœur des prophètes, et prophétiser d'abord avec eux, et ensuite seul dans sa maison (2). Quelquefois encore ce titre est donné à ceux qui enseignaient et expliquaient la loi de Dieu ; c'est en ce sens que dans les livres des Rois, il est fait plusieurs fois mention des enfants des prophètes, c'est-à-dire de leurs disciples, et des jeunes gens qui étudiaient sous eux la loi sainte (3). Mais ce ne sont pas là les significations précises et actuelles du mot prophète. Nous entendons par ce mot uniquement un homme qui prédit l'avenir de la part de Dieu.

II. Toute prophétie est une prédiction, mais toute prédiction n'est pas une prophétie.

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D'abord, nous disons que la prophétie est une prédiction : elle a pour objet l'annonce des choses futures. La déclaration faite au nom de Dieu des choses passées ou présentes qui sont secrètes, s'appelle révélation ; mais ce n'est pas une vraie prophétie, et ce n'est qu'improprement que plusieurs saints Pères lui ont donné ce IlOIll . Nous disons ensuite que toute prédiction n'est pas une prophétie, ce qui exclut deux sortes de prédictions. En premier lieu, on ne peut pas mettre au rang des prophéties les prédictions qui se font d'après la connaissance que l'on a des causes naturelles. L'astronome prédit des éclipses; le médecin, les crises des maladies ; le physicien, les phénomènes de la nature ; toutes ces conjectures, plus ou moins vraisemblables, quelquefois même certaines , ne placent pas celui qui les produit parmi les prophètes : les païens eux - mêmes ne les regardaient pas comme appartenant à leur divination (1). En second lieu, elles ne sont pas non plus des prophéties, les prédictions faites en l'air et au hasard , qui cependant se réalisent quelquefois, parce que les événements qu'elles annoncent étaient dans l'ordre de la possibilité, peut-être même de la probabilité. Il faut de plus, pour constituer une vraie prophétie, que la chose prédite ait été prévue avec certitude. D'après ces observations , nous définissons, avec le

(1) Multa medici , multa gubernatores, agricolae etiam multa praesentiunt ; sed nullum eorum divinationem voco , ne illum quidem quo ab Anaximandro physico moniti sunt Lacedemonii, ut urbem suam et tecta linquerint , armatique in agro excubarent, quod terrae motus instaret : tum cum urbs tota corruit, et ex monte Taygeto extrema montis quasi puppis avulsa est. Nec Pherecydes quidem illi Pythagorae magister potius divinus habebitur quam physicus, qui, cum vidisset haustam aquam de jugi puteo, terrae motus dixit instare.Cicero, de divinat., lib 1 cap. 5o.

Quae praesentiri, aut arte, aut ratione , aut usu, aut conjectnra possunt , ea non divinis tribuenda , sed peritis. Ibid. lib. 2 ; cap. 5.

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