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TYPOGRAPHIE DE CH. LAHURE Imprimeur du Sénat et de la Cour de Cassation

rue de Vaugirard, 9

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TITU

17EC!958 OF 0.70.9 BRARY

PRÉFACE.

Les Thèses de grammaire, publiées au commencement de l'année dernière, avaient pour complément naturel les Thèses de littérature, que je donne aujourd'hui. Il est bien difficile, en effet, que celui qui porte un esprit de doute et d'examen sur une science, n'en fasse pas autant sur les autres; et pour moi, que la littérature intéressait et occupait longtemps avant la grammaire philosophique, j'avais , dès mes premières années, pour ainsi dire, examiné librement, souvent contesté, quelquefois rejeté les opinions reçues, lesjugements admis, les règles formulées par nos maîtres. La date de quelques-unes des pièces ici réunies, prouvera que cette liberté d'examen remonte chez moi presque aussi haut que mes souvenirs , et que si l'on trouve dans mon livre des propositions nouvelles, elles sont loin d'être improvisées ou irréfléchies.

Les lecteurs croiront peut-être, à la vue de ces lignes, qu'ils ont affaire à l'un de ceux qu'on désignait, il y a trente ans, sous le nom de Romantiques. Ce serait une erreur contre laquelle je ne saurais assez protester. Mon livre d'ailleurs ne tarderait pas à la détruire, quoique je n'y fasse à peu près aucune allusion à cette querelle autrefois brûlante. Mon silence à ce sujet vient de ce qu'elle m'a toujours semblé n'ètre fondée que sur un malentendu. Les romantiques de bon sens pensaient comme les vrais classiques , qu'on devait tendre à la perfection de la composition et du style, que par là seulement on lutterait avec avantage contre les grands génies des siècles passés. Les classiques éclairés de leur côté ne croyaient pas plus que les romantiques qu'on dût se traîner sur les pas des anciens, ne faire que ce qu'ils avaient fait, n'imaginer rien de nouveau. A ce point les deux doctrines, bien loin d'être opposées ou inconciliables, se réduisent au contraire à une seule; et parce qu'elles se trouvaient à la fois chez les mêmes hommes, elles ne devaient pas les faire désigner par des noms différents. Il a fallu , pour avoir un sujet de querelle et occuper le public, prendre d'un côté les romantiques extravagants, de l'autre les classiques encroûtés'. Ceux-ci regardaient comme abominable toute tentative pour sortir des routes battues; ceux-là croyaient qu'il suffisait pour réussir de s'abandonner à son génie , ou plutôt à son caprice, de rejeler toutes les règles, même celles de la syntaxe, et surtout de faire vite, c'est-à-dire de gâcher son travail. L'oubli où sont tombés les ouvrages des uns et des autres prouve que leurs théories étaient également erronées.

L'histoire nous montre, en effet, chez les hommes qui ont brillé dans la littérature, tout autre chose que des systèmes préconçus ou formulés absolument comme ceux que je rappelle. Elle nous fait voir

1. Voyez sur ce point notre Histoire de la poésie française à l'époque impériale, t. I, p. 14 et 15, dans le discours préliminaire.

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