Oldalképek
PDF
ePub

demander? Vous devriez ouvrir vos bourses, et vous refusez de tendre la main! — Mais on ne me donne rien. – 0 vanité, qui te mêles jusque dans les actions les plus humbles, ne nous laisserastu jamais en repos? Jésus se contente d'un liard, Jésus se contente d'un verre d'eau ; bien plus, il ne laisse pas de demander aux plus rebelles, aux plus incrédules. Animez-vous donc les unes les autres; mais persévérez. Quelle honte d'avoir commencé! Ce seroit une hypocrisie. Rien de plus saint; tout le monde y devroit concourir. N'écoutez pas ceux qui disent : Cet ouvre ne durera pas.

— Il ne durera pas si vous êtes lâches; il ne durera pas si vous manquez de foi, si vous vous défiez de la Providence. Dieu suscitera l'esprit de personnes pieuses pour vous fournir des secours extraordinaires, mais ce sera si vous faites ce que vous pouvez. Quelle consolation! je n'ai qu'un écu à donner; il se partagera entre tous les pauvres, comme la nourriture entre tous les membres. C'est l'avantage de faire les choses en union. Si chaque membre prenoit sa nourriture de lui-même, confusion et désordre; la nature y a pourvu : une même bouche. Comme les membres s'assistent les uns les autres, prêtez-leur vos mains, prêtez-leur vos voix. La main prend un bâton pour soutenir le corps au défaut du pied.

Exhortation. En considérant la miséricorde que nous recevons de Jésus-Christ, que lui rendrons-nous ? Il n'a que faire de nous. Empressement de la reconnoissance. Sauveur, je meurs de honte de recevoir vos bienfaits sans rien rendre; donnez-moi le moyen de les reconnoître. Pressé par ces raisons que la gratitude inspire, il dit : Je te donne les pauvres; ce que tu leur feras, je le tiens pour reçu aux mêmes conditions qu'eux; je veux entrer en leur place. Ne le crois-tu pas ? C'est lui qui le dit : Il a dit que du pain c'étoit son corps; tu le crois et tu l'adores. Il a dit qu'une goutte d'eau lavoit nos péchés; tu le crois et tu conduis tes enfans à cette fontaine. Il a dit qu'il étoit en la personne des pauvres; pourquoi refuses-tu de le croire? Si tu refuses de le croire, tu le croiras et tu le verras lorsqu'il dira : Infirmus, et non visitastis me'. L'homme devant Dieu, demandant de le voir dans sa gloire : – Tu ne m'as

1 Matth., XXV, 43.

pas voulu voir dans mon infirmité! Une troupe de misérables s'élèvera : Seigneur, c'est un impitoyable ! C'est pour cela que le mauvais riche voit Lazare au sein d'Abraham. Au contraire, ces pauvres recipient vos in æterna tabernacula'.

Employer à cela le crédit et l'autorité. Elle s'évanouira en l'autre monde. Voulez-vous qu'elle vous y serve, employez-la au ministère des pauvres.

EXORDE D’UN SERMON

SUR LA CHARITÉ ENVERS LES PAUVRES.

Beali misericordes! Matth., v, 7.

Le Prophète-Roi, chrétiens, étoit entré bien profondément dans la méditation de la dureté et de l'insensibilité des hommes, lorsqu'il adresse à Dieu ces beaux mots : Tibi derelictus est pauper ? : «0 Seigneur, on vous abandonne le pauvre. » En effet il est véritable qu'on fait peu d'état des malheureux. Chacun s'empresse avec grand concours autour des fortunés de la terre; les pauvres cependant sont délaissés, leur présence même donne du chagrin (a), et il n'y a que Dieu seul à qui leurs plaintes ne soient point à charge. Puisque tout le monde les lui abandonne, il étoit digne de sa bonté de les recevoir sous ses ailes et de prendre en main leur défense. Aussi s'est-il déclaré leur protecteur. Parce qu'on méprise leur condition, il relève leur dignité; parce qu'on croit ne leur rien clevoir, il impose la nécessité de les soulager; et afin de nous y engager par notre intérêt, il ordonne que les aumônes nous soient une source infinie de graces. Dans cette maison des pauvres, dans cette assemblée qui se fait pour eux, on ne peut rien méditer de plus convenable que ces vérités chrétiennes; et comme les prédicateurs de l'Evangile sont les véritables avocats des pauvres, je m'estimerai bienheureux de parler aujourd'hui en leur faveur. 1 Lauc., XVI, 9. – 3 Pal. H. 1X, 14.

(a) Var.: On fait peu d'état des misérables; chacun s'empresse à servir les grands; les pauvres sont abandonnés, leur seule présence donne du chagrin.

Tout le ciel s'intéresse dans cette cause, et je ne doute pas, chrétiens, que je n'obtienne facilement son secours par l'intercession de la sainte Vierge.

SERMON

POUR LE JOUR DES MORTS.

SUR LA RÉSURRECTION DERNIÈRE (a).

Novissima inimica destruetur mors.

Εσχατος εχθρός καταργείται ο θάνατος.
Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort. I Cor., xv, 26.

Quand l'ordre des siècles sera révolu, les mystères de Dieu consommés, ses promesses accomplies, son Evangile annoncé par toute la terre; quand le nombre de nos frères sera rempli, c'est-à-dire quand la sainte société des élus sera complète, le corps mystique du Fils de Dieu composé de tous ses membres et les célestes légions où la désertion des anges rebelles a fait vaquer tant de places entièrement rétablies par cette nouvelle recrue : alors il sera temps, chrétiens, de détruire tout à fait la mort, et de la reléguer pour toujours aux enfers d’où elle est sortie : Et infernus et mors missi sunt in stagnum ignis', comme il est écrit dans l'Apocalypse. Il est écrit que « Dieu n'a pas fait la mort, mais qu'elle est entrée dans le monde par l'envie du diable ? » et par le péché de l'homme. Car l'homme en consentant au péché, s'est assujetti à la mort; ainsi contre l'intention du Créateur, l'homme qui étoit sorti immortel de ses saintes et divines mains est devenu mortel et caduc par la malice du diable.

Mais le Sauveur étant venu sur la terre pour dissoudre l'oeuvre 1 Apoc., XX, 14. — * Sap., I, 13. — 3 Ibid., II, 24.

(a) L'histoire ni la critique ne nous apprennent rien sur ce sermon; mais le style et le manuscrit en montrent la date vers 1663, et l'apostrophe qui termine le premier point lui donne Paris pour lieu d'origine. Notre discours appartient donc à la grande époque de l'orateur : voilà tout ce qu'il nous importe de savoir.

du diable, il détruira premièrement le péché; et après par une suite nécessaire d'une victoire si illustre et si glorieuse, il abolira aussi la puissance et l'empire de la mort. Ainsi (a) l’Apôtre s’écrie : « 0 mort, où est ta victoire? » Ubi est , mors, victoria tua'? Mais il faut ici remarquer que tant qu'il restera sur la terre quelque vestige du péché, la mort ne cessera de tout ravager et exercera toujours sur le genre humain sa dure et tyrannique puissance (b). Mais à la consommation des siècles, après que le règne du péché sera détruit sur la terre, que toute la pompe (c) du monde sera dissipée, et enfin que tout ce qui s'élève contre la gloire (d) de Dieu sera renversé, alors Jésus-Christ attaquera sa dernière ennemie qui est la mort; et tirant tous ses enfans d'entre ses mains, il les délivrera pour jamais de cette cruelle, dure et insupportable tyrannie (e) : Novissima inimica destruetur.

Encore que ce triomphe de Jésus-Christ sur la mort ne s'accomplira qu'à la fin des siècles, il se commence dès la vie présente; et au milieu de ce siècle de corruption, l'ouvre de notre immortalité se prépare. Que devons-nous faire pour concourir à l'opération de la grace qui nous ressuscite ? L'Ecriture nous propose trois principes de résurrection : la parole de Jésus-Christ, le corps de Jésus-Christ, l'esprit de Jésus-Christ. La parole de Jésus-Christ : Venit hora in quâ omnes qui sunt in monumentis audient vocem Filii Dei?. Le corps de Jésus-Christ : Qui manducat meam carnem habet vitam æternam, et ego resuscitabo eum in novissimo dies. L'esprit de Jésus-Christ : Quòd si Spiritus ejus qui suscitavit Jesum à mortuis habitat in vobis, qui suscitavit Jesum à mortuis vivificabit et mortalia corpora vestra propter inhabitantem Spiritum ejus in vobis". Ce que nous demande cette parole; ce que nous devons à ce corps; ce qu'exige de nous cet Esprit.

PREMIER POINT. Nous voyons dans l'Evangile deux paroles du Fils de Dieu qui sont adressées aux morts, l'une à la fin des siècles, l'autre durant

11 Cor., XV, 55. – 2 Joan., V, 28. — 3 Ibid., vi, 55. — * Rom., viii, 11.

(a) Var.: C'est pourquoi. – (6) Son insupportable tyrannie. — (C) Gloire. — (d) Science. — (e) Il les délivrera pour jamais de sa tyrannie.

le cours du siècle présent. Ecoutez comme il parle au chapitre v de saint Jean : Amen, amen dico vobis, quia venit (a) hora, et nunc est, quando mortui audient vocem Filii Dei, et qui audierint, vivent'. « L'heure vient, et elle est déjà. » Remarquez : donc cette parole ne regarde pas la consommation des siècles. Les morts entendront la voix du Fils de Dieu, c'est ce qu'il a dit auparavant : «Celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, » transiet de morte ad vitam (6). Mais voici encore une autre parole : « L'heure vient; » il ne dit plus : « Elle est déjà; que tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix, et ceux qui auront bien fait sortiront pour ressusciter à la vie, et ceux qui auront mal fait sortiront pour ressusciter à leur condamnation (c) ?.» Voilà donc deux paroles adressées aux morts, parce qu'il y a deux sortes de morts, ou plutôt il y a deux parties en l'homme, et toutes deux ont leur mort. « L'ame, dit saint Augustin', est la vie du corps, et Dieu est la vie de l'ame. » Ainsi comme le corps meurt quand il perd son ame, l'esprit meurt quand il perd son Dieu. Cette mort ne nous touche pas, parce qu'elle n'est pas sensible; et toutefois, chrétiens, si nous savions pénétrer les choses, cette mort de nos corps qui nous paroit si cruelle, suffiroit pour nous faire entendre combien le péché est plus redoutable. Car si c'est un grand malheur que le corps ait perdu son ame, combien plus que l'ame ait perdu son Dieu ? Et si nos sens sont saisis d'horreur en voyant ce corps froid et insensible, abattu par terre, sans force et sans mouvement, combien est-il plus horrible de contempler l'ame raisonnable, cadavre spirituel et tombeau vivant d'elle-même, qui étant séparée de Dieu par le péché, n'a plus de vie ni de sentiment que pour rendre sa mort éternelle? C'est donc à ces morts spirituels, c'est aux ames pécheresses que Jésus-Christ adresse sa voix pour les appeler à la pénitence : Venit hora, et nunc est.

Que si vous me demandez d'où vient qu'il adresse encore à la fin des siècles une seconde parole aux morts qui sont gisans et ensevelis dans les tombeaux, je vous le dirai en un mot, parce que la chose est assez connue. L'ame a péché par le ministère et min 1 Joun., V, 25. – ?Ibid., 1, 24, 28, 29. – 3 Serm. CCLXIII, 1. 1. (a) Note marg.:É:71:21,-46, Le grec: Transicit.-'. Var: Au jugement.

« ElőzőTovább »