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ABRÉGÉ D'UN SERMON

POUR

LE III° DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE.

Evangile du Lépreux et du Centenier. Matth., viII, 1; Marc., 1, 40; Luc., v, 12.

Deux sacremens. Dans la guérison du lépreux, l'expiation du péché par la pénitence. Dans le Centenier, la préparation à l'eucharistie.

Jésus en descendant de la montagne où il vient de publier (a) tous les préceptes de la loi évangélique , nous apprend la rémission des péchés. Après le précepte, la prévarication ; et par grace, la rémission. Il ne souvient de songer aux bonnes cuvres qui sont à faire, aux péchés qui sont à expier. Sub quotidianà peccatorum remissione vivamus“. Dénombrement des péchés. Toute notre vie, inutilité ; non-seulement paroles oiseuses, mais tout oiseux : nous sommes l'oisiveté même. Je confesse vos péchés et les miens, ceux que la plupart du monde ne confesse pas. Venez donc à Jésus : Si vis , potes mne mun lare. – Volo, mundare ?. Quand le prêtre parle, Jésus parle; c'est lui qui dit : « Je le veux , soyez guéris : » Volo, mundare.

Il lui défend de parler, il l'envoie aux prêtres, in testimonium illis 3. Ce n'est pas qu'il veuille que le peuple ignore ses merveilles et sa mission; il veut qu'il les apprenne par la voie ordinaire établie de Dieu.

La cure du lépreux. La lèpre est une impureté ; signifie le péché : Immunditiæ condemnubitur *. On ne traite pas de mème tous les lépreux. La lèpre nouvelle et la lèpre invétérée. Les pécheurs ne doivent pas s'étonner, si... diversement. Médecins qui ne discernent pas. Il faut savoir discerner entre la lèpre et la lépre.

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1 S. August., Serm. LVIII, n. 6.— ? Matth., viii, 2 et 3. — 3 Ibid., 4.XIII, 8.

(a) Var, : D'annoncer.

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Les clefs pour fermer et pour ouvrir. La communion avec discrétion : Et dicit Atersutha eis, ut non comederent de Sancto sanctorum, donec surgeret sacerdos doctus atque persectus'. — Secunda præcepta veger accepit.

Celui qui a été une fois purifié, s'il devient lépreux, est condamné comme immonde 3 : Quicumque maculatus fuerit leprà , et separatus est ad arbitrium sacerdotis, habebit vestimenta dissuta, caput nudum, os reste contectum , contaminatum ac sordidum se clamabit : solus habitabit extra castra ". Le pécheur doit être séparé de peur de la contagion : c'est pourquoi la victime pour le péché, extra castra 5 ; et Notre-Seigneur, extra portam 6 : excomm unication que Jésus-Christ a sousserte.

Offeres munus quod pracepit Moysrs?: deux passereaux. On en immole l'un; on délivre l'autre, on le lâche en liberté après avoir été trempé au sang de l'autre 8. Jésus-Christ immolé. Toute la nature vivante. Elle est déliviée ; mais il faut qu'elle soit trempée au sang de Jésus-Christ par la mortification. La vie délicieuse ne souffre pas qu'on soit trempé dans ce sang : Virens mortua est'.

Le lépreux étoit obligé de couper tous les poils, ses cheveux, sa barbe, ses sourcils. La lepre s'attachoit principalement aux cheveux et aux poils, un superflu. Vir de rujus capite capilli fluunt, calrus et mundus est ' : c'étoit une marque. Le superflu retranché; c'est là que les péchés s'attachent. Ne demandez pas ce qu'il faut retrancher : retranchez quelque chose, la lumière vous viendra pour retrancher toujours davantage. Retranchez par l'aumône; retranchez tous les jours quelque chose à la vanité. On objecte toujours la bienséance : il faut couper même les sourcils et la barbe. Il n'importe pas, quand le visage sera un peu défiguré. Personne plus obligé aux aumônes que les lépreux purifiés, les pécheurs guéris.

Deux raisons pourquoi l'aumône ôte les péchés : 1° Le péché naturellement demande d'être puni par la privation de tout bien. Qui est ingrat et rebelle envers Dieu , mérite la soustraction de

1 | Esdr., 11, 63. – ? Serm. LXXXVII, n. 7; Serm. CCLXXVII, n. 2. — 3 Levit., XIII, 6, 7, 8. - " Ibid., 44, 45, 46. — 5 Ibid., iv, 21. — 6 Hebr., xul, 12. — ? Matth., VIII, 4. - 8 Levit., XIV, 4, 5, 6, 7. — 91 Timoth., V, 6. — 10 Levit., XIII, 40.

Toute:

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tous ses dons et ne doit rien avoir dans son empire: il a abusé de tout. Si l'on n'est pas effectivement privé, il faut compatir à ceux qui le sont, souffrir avec eux. Alios per patientiam, alios per mi. sericordiam.

20 Par l'aumône on empêche les péchés des autres. Une infinité de péchés où la pauvreté engage: péchés inconnus, incestes pour n'avoir point de lits, et autres abominations. Rien de meilleur pour expier nos péchés commis, que d’empêcher que les autres n'en commettent. Charitas operit multitudinem peccatorum ?. Nous avons besoin d'un remède qui en remette et en couvre plusieurs, car nous péchons sans cesse.

Aumône, excellente préparation pour la communion. Le don de l'aumône, préparation au don sacré. Donner à Jésus-Christ, préparation à l'action par laquelle il se donne à nous.

SERMON ABRÉGÉ

POUR

LE Ve DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE.

Sinite utraque crescere usque ad messem. Matth., XIII, 30.

Tout autant que nous sommes de chrétiens, nous sommes de pauvres bannis, qui étant relégués bien loin de notre chère patrie, sommes contraints de passer cette vie mortelle dans un pèlerinage continuel, déplorant sans cesse la misère de notre péché qui nous a fait perdre la douceur et la liberté de notre air natal, seul capable de réparer nos forces perdues et de rétablir notre santé presque désespérée. Cependant, mes très-chères sæurs, ce qui adoucit les ennuis et les incommodités de notre exil, ce sont les lettres que nous recevons de notre bienheureuse patrie : vous entendez bien que c'est du ciel que je parle. Ces lettres, ce sont les Ecritures divines que notre Père céleste nous adresse par le ministère de ses

1 S. Leo. – 2 I Petr., 1v, 8.

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saints prophètes et de ses apôtres, et même par son cher Fils qu'il a envoyé sur la terre pour nous apporter ici-bas des nouvelles de notre pays et nous donner l'espérance d'un prompt et heureux retour. De sorte que si nous désirons ardemment de voir cette glorieuse cité dont nous devons être les habitans, si nous sommes vivement touchés de l'amour de notre patrie, où notre bon Père nous conserve un grand et éternel heritage, toute notre consolation doit être de lire ces lettres; nous en devons baiser mille et mille fois les sacrés caractères, et surtout nous en devons nuit et jour ruminer le sens. C'est pourquoi le prophète David chantoit à son Dieu parmi des soupirs amoureux : «0 Seigneur, voyez que je suis étranger sur la terre ; du moins ne me refusez pas cette unique consolation de méditer votre sainte parole: » Incola ego sum in terrà, non abscondas à me mandata tua'. Ainsi je ne m'étonne pas, mes très-chères scurs, si vous avez une telle avidité d'entendre la parole de Dieu. C'est un effet de ce pieux gémissement que le Saint-Esprit inspire en vos ames, les sollicitant par de saints désirs. Je m'estimerois bienheureux si je pouvois contribuer quelque chose à satisfaire ces pieux désirs. Ecoutez , écoutez, mes seurs, les paroles du saint Evangile; et si je vous semble peu de chose, comme en effet je ne suis rien, songez que c'est la voix de votre Epoux que vous entendez par ma bouche.

«Le royaume des cieux, nous dit Jésus-Christ ?, est semblable à un homme qui avoit semé de bon grain dans son champ. Mais pendant que les hommes dormoient, son ennemi vint et sema de l'ivraie au milieu du blé, et s'en alla. L'herbe ayant donc poussé et étant montée en épi, l'ivraie commença aussi à paroître. Alors les serviteurs du Père de famille vinrent lui dire: Seigneur, n'avezvous pas semé de bon grain dans votre champ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? Il leur répondit : C'est l'homme ennemi qui l'y a semée. Et ses serviteurs lui dirent : Voulez-vous que nous allions l'arracher? Non, leur répondit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le bon grain.)

Le grand Père de famille, c'est Dieu qui a répandu de tous côtés 1 Psal. cxviii, 19. - 2 Matth., XIII, 24 et seq.

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sur les hommes ses vérités, comme une semence céleste qui devoit fructifier en bonnes æuvres pour la vie éternelle. Il avoit commencé à jeter cette précieuse semence dans l'esprit de l'homme, l'introduisant dans ce paradis de délices où tout ce qui se présentoit à ses yeux ne lui parloit que de son Créateur. Mais pendant qu'il s'endormoit dans la considération de ses propres dons, oubliant insensiblement son auteur, auquel seul il devoit veiller, et « déçu de la douceur de sa charmante liberté , » sua in æternum libertate deceptus', le serpent frauduleux qui lui parloit au dehors, fit couler intérieurement dans son cæur le venin subtil et délicat de la vaine gloire. Animé de ce bon succès , il n'a cessé de jeter autant qu'il a pu les semences du vice et du désordre partout où il a vu que la munificence divine répandoit celles de ses graces. Si bien que par ses artifices le bon et le mauvais grain, c'est-à-dire les bons et les mauvais se sont trouvés mêlés ensemble dans le même champ, c'est-à-dire ou bien dans le monde, comme Notre-Seigneur l'interprète, ou dans la sainte Eglise, comme je le pourrois justifier aisément par d'autres endroits de l'Ecriture. Làdessus quelques faux zélés se sont élevés, qui ont trouvé ce mélange insupportable : il leur a semblé que la justice divine devoit incontinent exterminer les impies, et ouvrir sous eux les plus noirs abîmes pour les engloutir. Mais notre sage Père de famille ne défère pas à leur zèle inconsidéré et superbe; il ordonne que l'on les laisse croître jusqu'à la moisson, c'est-à-dire la fin des siècles. Et alors il enverra ses saints anges pour faire cette dernière et éternelle séparation, par laquelle les méchans séparés pour jamais de la compagnie des bons, seront jetés dans la flamme, pendant que la troupe des justes toute pure et tout éclatante fera voir dans le royaume de Dieu autant de soleils que de saints. C'est l'interprétation de notre parabole. L'intention de Notre-Seigneur en deux réflexions : la première sur le mélange, la seconde sur la séparation des bons et des mauvais.

Depuis le péché du premier homme, l'iniquité a régné dans le monde. Tous s'étoient écartés de la bonne voie : « Il n'y avoit personne qui fît bien, non pas même un seul, » comme chantoit

1 Innocent. I, Epist. xxiv ad Concil. Carthag., Lab.; tom. II, col. 1283..

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