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soit l'effet du hasard ou de la prévoyance humaine; si aucun homme raisonnable peut penser que ce soit au hasard que les prophètes aient lâché des prédictions si multipliées et si variées, et que le hasard les ait ensuite accomplies; si on peut soupçonner que plusieurs siècles à l'avance, les prophètes aient, par leur sagacité naturelle, deviné qu'un homme subiroit telles et telles humiliations, telles et telles souffrances, et qu'il les subiroit de telle manière. Il est évident à tout homme sensé qu'il n'y a que la prévoyance divine qni ait pu avoir la connoissance anticipée de tous ces détails. III. Je passe à l'examen du cinquantetroisième chapitre d'Isaïe. Pour le bien

comprendre, il est nécessaire d'y joindre .

les derniers versets du chapitre précédent. Le commencement du cinquante-deuxième chapitre est employé à annoncer le retour des juifs de la captivité de Babylone, et Isaïe finit ainsi cette partie de sa prophétie. Ce ne sera point en tumulte, ni par une fuite précipitée que vous sortirez. Car le Seigneur vous précédera, et le Dieu d'Israel vous rassemblera (471).

Immédiatement après ces paroles , le prophète passe à un autre objet et vient à · parler du Messie. Voilà que mon serviteur sera doué d'intelligence : il sera exalté: il sera élevé : il montera au faite de la gloire. De méme que sur toi beaucoup de personnes ont été frappées d'étonnement, de méme son aspect sera sans gloire parmi les hommes, et sa figure parmi les enfans des hommes. Il lavera beaucoup de nations. Les rois se tiendront devant lui dans le silence : parce que ceux à qui il n'a pas été annoncé l'ont vu; et ceux qui n'en ont pas entendu parler l'ont contemplé (472). Les juifs modernes veulent voir dans ces trois derniers versets du chapitre, la suite de ce qui est dit aux versets précédents, et disent que le prophète suivant toujours le même objet, continue de parler de leur nation. Voici l'interprétation qu'ils donment au verset quatorze. De méme que beaucoup de personnes ont été frappées d'étonnement de votre malheur lors de la captivité de Babylone, de méme elles vous verront sans gloire et dans l'humiliation lors de votre autre captivité:

ce qui annonce leur état actuel. Mais cette explication est inadmissible. 1.° Elle contredit les anciens rabbins. Laparaphrasechaldaïque traduit ces mots : mon serviteur sera doué d'intelligence par ceux - ci : mon serviteur le Messie prospérera (473). Et les juifs actuels conviennent que dans leur interprétation ils s'écartent de celle de leurs pères. 2.° Si le prophète eut voulu parler de deux états d'humiliation du même peuple, il n'en parleroit pas comme de deux personnes différentes sans dire un mot qui annonçât l'identité; il ne parleroit pas d'abord au peuple lui-même, et à la seconde personne; ensuite à la troisième personne et de son serviteur. Ces deux manières de s'exprimer , si différentes suffiroient pour désigner deux êtres différens. Mais il y a plus encore dans le même verset, il oppose ou il compare l'un avec l'autre. De méme que sur toi, dit-il de l'un, de méme son aspect, dit il de l'autre. 3.° Quelles sont les nations que le peuple juif a lavées ou purifiées ? 4.° Peut-on dire que ceux qui voyent

aujourd'hui le peuple juif, n'en ont pas précédemment entendu parler ? Mais si on veut appliquer, comme le faisoient les juifs anciens, ces trois versets au Messie, ils deviennent clairs et toute difficulté s'évanouit. La comparaison se fait naturellement d'une part entre les malheurs éprouvés par les juifs à Babylone, leur retour glorieux; et de l'autre part , les humiliations et la gloire du Messie. Il purifiera beaucoup de nations , ce qui se lie parfaitement avec ce que nous allons voir au chapitre suivant. Et il est un sujet d'admiration pour ceux à qui il est annoncé et qui n'en avoient pas entendu parler. IV. A la suite de ces paroles du prophète, vient lè chapitre LIII qui en est une continuation et que voici en entier. Qui croira ce que nous disons ? et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? Et il s'élevera devant lui comme une foible plante et comme un rejeton qui monte d'une terre desséchée. Il n'a ni figure ni beauté. Vous l'avons vu et il n'étoit pas reconnoissable, et nous l'avons siré. Il est l'homme méprisé, le dernier des hommes , l'homme de douleurs et chargéd'infirmités. Son visage est comme caché et abattu; pourquoi nous n'en avons fait aucune estime. Il s'est véritablement chargé de nos langueurs, et il a porté nos douleurs, et nous l'avons regardé comme un lépreux et comme un homme frappé de Dieu et avili. Il a été blessé à cause de nos iniquités; il a été accablé pour nos crimes : la peine qui nous donne la paix lui a été infligée, et nous avons été guéris par ses souffrances. Vous nous sommes tous égarés comme des brebis : chacun s'est détourné de sa voie : et Dieu a placé dans lui l'iniquité de nous tous. Il a été offert, parce qu'il l'a voulu : et il n'a pas ouvert la bouche. Il sera conduit à la mort comme une brebis : et tel qu'un agneau, il se taira devant celui qui le tond : il n'ouvrira pas la bouche. Il est mort dans les angoises et par un jugement. Qui racontera sa génération : parce qu'il a été arraché de la terre des vivans ? Je l'ai frappé à cause du crime de mon peuple. Et il donnera les impies pour le prix de la sépulture,

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