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diges étoient l'accomplissementd'antiques prophéties dont le démon ne pouvoit pas être auteur, ils prouvoient que c'étoient incontestablement des effets de la puissance divine (3o2). Gardons-nous cependant de donner dans l'opinion que les miracles ne prouvent la religion que dépendamment des prophéties qui les avoient annoncés : opinion justement condamnée, et qui tend à affoiblir la principale démonstration du christianisme. Il est vrai que deux des Pères, Origène et Lactance, ont paru la favoriser (3o3). Mais d'abord ils sont les seuls qui aient eu cette idée, et de plus, on doit considérer leurs expressions comme des hyperboles qu'ils ne se sont permises que parce qu'ils n'en prévoyoient pas la dangereuse conséquence. Les miracles d'une part, les prophéties de l'autre, forment en soi, et indépendamment de leur réunion, deux preuves complètes de la vérité du christianisme. Mais réunies et combinées ensemble, elles se communiquent mutuellement une force nouvelle, et portent la démonstration à un degré encore plus frappant d'évidence.

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- -* I. Crst ici le point qui fait le plus de difficulté vis-à-vis des juifs. Ils reconnoissent bien avec nous que le Messie doit être un roi, mais ils ont toujours pensé qu'il doit avoir un règne temporel et glorieux. C'est un Messie triomphant et soumettant à sa domination politique les nations, qu'ils espéroient autrefois, et qu'ils attendent encore aujourd'hui. Nous disons au contraire, d'après l'explication qu'en a donnéeJésus-Christ lui-même, que ce règne promis au Messie doit être un règne de l'ordre spirituel. Quant aux incrédules, comme ils ne croyent ni aux prophéties ni au Messie, ils ne veulent admettre aucun royaume prédit de quelque genre qu'il soit. Nous avons donc à prouver trois choses : la première contre les incrédules, qu'il a été prédit dans l'ancien testament que le Messie seroit un roi : la seconde, contre les juifs, que ce roi prédit dans leur loi devoit être un roi de l'ordre spirituel et non - temporel : la troisième, contre les uns et les autres, que ces prédictions qui, du temps des prophètes, étoient éloignées de toute probabilité, se sont accomplies entièrement et littéralement en JésusChrist. II. Première proposition. Les prophéties annoncent un Messie qui sera l'Ol, Pour prouver cette vérité, nous n'avons qu'à rappeler quelques-unes des prophéties que nous avons rapportées. . Nous avons vu David parlant au nom · de Dieu, promettre au Messie les nations pour héritage , et toutes les parties de la terre en propriété, afin qu'il les régisse avec une verge de fer (3o4). Nous avons vu Isaïe dire que l'empire du Messie sera étendu, qu'il siégera sur le trône de David ; qu'il occupera son royaume pour le confirmer et le corroborer jusqu'à l'éternité (3o5). Nous avons vu Daniel annonçant tantôt que dans les temps des quatre empires dont il prédit la succession , le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit (3o6); tantôt que l'ancien des jours donnera au fils de l'homme la puissance, l'honneur, le royaume, une puissance sur tous les peuples, une puissance qui ne sera jamais enlevée; un royaume qui ne sera jamais détruit (3o7). Nous avons vu Michée et Malachie, donner au Messie qu'ils annoncent le titre de Dominateur (3o8). A ces textes, il ne nous seroit pas difficile d'en ajouter beaucoup d'antres, et nous aurons occasion d'en rencontrer quelques-uns dans le cours de cette discussion. Ceux-ci nous semblent suffisans pour établir ce qui est maintenant en question; savoir, que la royauté future du Messie avoit été formellement prédite dans la loi ancienne. C'étoit sur des prophéties si multipliées qu'étoit fondée l'opinion des juifs. Qu'ils fussent dans l'attente d'un souverain puissant et glorieux, cela ne peut pas être douteux. Il suffit de lire leurs paraphrases de l'écriture et leurs autres ouvrages, pour voir répéter en cent endroits l'expression : Rex Messias. Nous avons aussi dans l'Evangile, des preuves que c'étoit l'idée

qu'avoient du Messie les Apôtres euxmêmes. Rappelons-nous que selon Suetone et Tacite, c'étoit un bruit répandu, non-seulement parmi les juifs, dans tout l'orient, et fondé sur des oracles religieux, qu'un conquérant sortiroit de la Judée, et deviendroit un souverain puissant (3o9). Enfin, la persuasion dans laquelle sont encore actuellement les juifs, leur vient certainement de leurs pères. Or cette conviction si générale, ils l'avoient certainement puisée dans les nombreuses prophéties de leurs livres saints. C'étoit là qu'ils prenoient l'idée des qualités du Messie comme celle de son existence future. III. Seconde proposition. Le règne du Messie annoncé par les prophètes , devoit être de l'ordre spirituel. IV. Jésus-Christ a expliqué les prophéties relatives au règne du Messie , d'un règne spirituel. Il n'a pas réclanmé un royaume tel que celui des souverains de la terre, qui consiste dans l'autorité civile. Il l'a même formcllement exclu. Le royaume qu'il réclame, et dont il parle souvent, est le royaume de Dieu ;

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