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levard de l'hérésie ", les Oratoriens y furent rétablis en 1628. La révolution de 1793 les enleva de leur position perdue et reconquise tant de fois. Le respectable abbé Mirlin, curé de Saint-Barthélémi, et l'abbé Jaucourt, curé de Notre-Dame, avaient appartenu à cette congré. gation. L'un et l'autre étaient des hommes de mérite : l'abbé Mirlin, particulièrement, joignait à beaucoup de vertus un talent rare pour la prédication pastorale; ses prônes, qui étaient le fruit d'une instruction solide, ont, pendant plusieurs années, fait l'admiration des fidèles, qui y puisaient la science de la foi et la connaissance parfaite de tous les devoirs. Nous nous rappelons tout le respect qu'inspirait à ses auditeurs ce vénérable vieillard, dont les souvenirs vivront long-temps dans l'Église Aunisienne. L'église de Sainte-Marguerite, dévastée par la révolution , devint l'écurie des escadrons de Bonaparte !... C'est ainsi que l'impiété s'est plu partout à transformer les temples du Seigneur; mais la mort frappe l'impie et Dieu le juge. Les profanateurs passent et les autels se relèvent.

* Saint François-de-Sales, dans ses controverses sur l'Église, dit que « le diable, père du mensonge, a voulu faire une certaine imitation, en fondant sa malheureuse hérésie (protestante) principalement dans un diocèse de Saint-Pierre et dans une Rochelle. » La cathédrale de Genève était dédiée à St. Pierre, et la Rochelle est bâtie sur le roc. L'hérésie n'y a pas eu pour cela un fondement plus solide !..... ( Voy. Disc. 35'. tom. IV, pag. 78.

Où sont ces fiers Ismaélites,
Ces enfants de Moab, cette race d'Edom?...

Iduméens, guerriers d'Ammon,
Et vous, superbes fils de Tyr et de Sidon,

Et vous, cruels Amalécites?...
Les voilà devant moi comme un fleuve tari,

Et leur mémoire avec eux a péri !...
Peuples, frappez des mains; le roi des rois s'avance;
Il monte, il est assis sur son trône éclatant;
Il pose de Sion l'éternel fondement ;
La montagne frémit de joie et d'espérance.
Peuples, frappez des mains ; le roi des rois s'avance ;
Il pose de Sion l'éternel fondement.
« Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles
« Plus que les tentes d'Israël ;

« Il y fait sa demeure, il y rend ses oracles,
« Il y fait éclater sa gloire et ses miracles :
« Sion, ainsi que lui, ton nom est immortel ".

L'église de l'Oratoire fut enfin réconciliée et purifiée de nouveau, sous l'épiscopat du respectable Gabriel - Laurent Paillou. Il fixa son séminaire dans cette ancienne communauté, qui était elle-même devenue un magasin d'habillements militaires.

Que deviendra cette église, si digne des religieux souvenirs des catholiques de la Rochelle, main

tenant que les jeunes lévites occupent le nouveau séminaire ?...

* 23° Médit. poét. de Lamartine.

Une main profane viendra-t-elle encore s'emparer de ce sanctuaire auguste, pour le livrer, comme repaire, à des animaux immondes ?..... Ce lieu saint nous est si cher!... C'est là que notre cœur, à une époque déjà loin de nous, comprit avec délices que le prêtre n'est l'homme de Dieu que pour devenir avec plus de puissance l'ami des hommes ! Nous apprenons que la maison de l'Oratoire et l'église de Sainte-Marguerite viennent d'être affermées pour les Frères des Écoles Chrétiennes. Le respectable Père Baudouin, fondateur de la congrégation des Religieuses de Chavagnes, avait dit, lorsque l'on bâtissait le nouveau séminaire de la Rochelle : « Les Frères des Écoles Chrétiennes habiteront un jour la maison de l'Oratoire, et mes Religieuses auront un établissement dans cette ville.» La prédiction du vertueux Prêtre se trouve vérifiée.

Mais dirigeons nos pas vers le monastère des Augustins.

Ces religieux, selon le père Lubin, s'établirent à la Rochelle en 12o5 ; mais Dutemps pense qu'il faut placer cette fondation sous la date de 1235. Cette maison conventuelle occupait, dans le principe, le lieu appelé la Moulinette, quartier Saint-Nicolas. Plus tard, elle fut transférée au centre de la ville. L'église de ce monastère fut dédiée au martyr saint Yon, disciple de saint Denis et apôtre de Châtres, aujourd'hui Arpajon, au diocèse de Paris. Cette église donna son nom à la rue qui le porte encore. Les hérétiques s'emparèrent du terrain des Augustins , afin d'y construire un temple, vrai corps sans âme, comme leur vaine religiosité. Après la victoire de Louis XIII, les religieux revendiquèrent leur propriété. Ils parvinrent, après plusieurs obstacles surmontés et difficultés vaincues, à la recouvrer au mois d'août 163o. Leur église, telle qu'elle existe, ne fut achevée que trente ans plus tard '.

Après la révolution de 1793 , les Ursulines, qui avaient eu une maison claustrale à la Rochelle, en 1631 , vinrent se fixer dans le couvent des Augustins. Elles y sont restées jusqu'en 1835, où la congrégation du père Baudouin, dont nous avons parlé, les remplaça par une de ses colonies. L'abbé Mareschal, vicaire-général , n'a pas peu contribué à ce nouvel et précieux établissement, devenu nécessaire. Les Ursulines manquaient de ressources pour leur existence, les vocations pour la vie cloitrée étant beaucoup plus rares aujourd'hui qu'autrefois; chaque siècle a sa marche et ses vertus; chaque siècle a son esprit qu'il faut savoir saisir, quoi qu'on en dise, dans ce qu'il peut avoir de bon et d'opportun. Nous sommes loin cependant de refuser notre admiration et notre sympathie à la vie du cloître : tout ce que

'Voir Hog. Dutemps.

l'Église catholique aime et préconise , nous le préconisons et nous l'aimons. Ces saintes filles étaient menacées d'une solitude complète, et, tout en rendant pleine justice à leurs héroïques vertus, nous avouerons franchement qu'elles étaient dans l'impossibilité de procurer à la Rochelle les grands biens d'une éducation en harmonie avec les besoins de notre époque. Les religieuses, dites de Chavagnes, sont destinées à produire sur l'âme des jeunes personnes la plus heureuse et la plus douce influence. Fidèles à conserver l'esprit modeste de leur fondateur, elles sauront toujours conquérir le cœur des élèves et la confiance des parents. Une piété éclairée guide leur marche dans l'œuvre de l'éducation qu'elles donnent; une science tout-à-fait relative rend leurs succès avantageux à la jeunesse, consolants pour les familles et vraiment utiles pour la société, qui ne peut plus être régénérée que par des femmes de foi et de vertus chrétiennes. Nous félicitons la ville épiscopale de cette précieuse acquisition.

En remontant au nord de la cité, saluant en passant les autels de Marie, nous visiterons le monastère des disciples de Saint-Dominique. « Les incrédules, copistes des Protestants, dit Bergier, ont déclamé contre ce saint de la manière la plus indécente. Ils l'ont peint comme un prédicateur fougueux et fanatique, qui préféra d'employer contre les hérétiques le bras séculier

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