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Vo, c 1 un second Recueil de Fables que je présente au Public (1). J'ai jugé à propos de donner à la plupart de celles-ci un air et un tour un peu différent de celui que j'ai donné aux premières, tant à cause de la différence des sujets, que pour remplir de plus de variété mon Ouvrage (2). Les traits familiers que j'ai semés avec assez d'abondance dans celles-là, convenoient bien mieux aux inventions d'Esope, qu'à ces dernières, où

(1) Cet avertissement est de 1678 , dix ans après la publication de la première partie. La Fontaine avoit alors cinquante-cinq ans. Ce second Recueil de fables se divise, comme le premier dans les anciennes éditions, en deux parties, dont la première s'étend du septième Livre au douzieme, publié en 1695. L'année suivante, le libraire Barbin ajouta aux Livres précédens le douzième, suivi des Minéides ou Filles de Minée.

(2) Cette différence, tres-sensible dans le premier et dans le second Recueil des fables, a donné lieu à des jugemens bien divers. L'abbé Furetière, homme haineux, vindicatif, avoit exhalé sa bile contre tout l'ouvrage. Baillet rendit sa critique plus imposante, en y mêlant quelques éloges. Dansl'ouvrage, où il se supposoit organe

Tome II. (!

j'en use plus sobrement, pour ne pas tomber en des répétitions : car le nombre de ces traits n'est pas infini. Il a donc fallu que j'aie cherché d'autres enrichissements, et étendu davantage les circonstances de ces récits , qui d'ailleurs me sembloient le demander de la sorte. Pour peu que le Lecteur y premne garde, il, le reconnoîtra lui-même : ainsi je ne tiens pas qu'il soit nécessaire d'en étaler ici les raisons, non plus que de dire où j'ai puisé ces derniers sujets. Seulement je dirai, par reconnoissance, que j'en dois la plus

du public et des Savans, il prononça que les premières fables étoient plus estimées que les dernières. (Jugem. des Savans, Tom. IV, in-4°. p. 415.) Voltaire accoutuma les Parisiens à dire que l'âge avoit rendu La Fontaine long conteur. Divers Compilateurs le répéterent, parce qu'ils l'avoient trouvé écrit dans les feuilles de l'oracle. (Voy. Encrcl. Littér. T. I, in-8°. p. 548.) Les étrangers le répétèrent sur parole. MM. Blacwel, Beattie , Lessing , littérateurs si distingués d'ailleurs , I'apprirent à I'Europe. M. Aubert eut beau choisir dans cette seconde partie, et ses modeles, et les exemples des préceptes qu'il donne sur le genre ; il eut beau établir des comparaisons oii la balance dans ses mains semble pencher en faveur de cette même partie; Champfort tint bon, et tout philosophe qu'il vouloit qu'on le crût, il s'opiniâtra à trouver inférieures les dernières fables, quoique bien plus philosophiques.

grande partie à Pilpay, sage indien. Son Livre a été traduit en toutes les Langues.Les gens du pays le croient fort ancien, et original à l'égard d'Esope, si ce n'est Esope lui-même, sous le nom du sage Lockman (1). Quelques autres m'ont fourni des sujets assez heureux. Enfin, j'ai tàché de mettre en ces deux dernières parties toute la diversité dont j'étois capable.

La Fontaine avoit ajouté : « Il s'est glissé

(1) La sagacité du poète lui avoit fait pressentir une certaine identité entre ces deux fabulistes ; mais il lui devenoit indifférent d'approfondir la question, et il s'est contenté d'une lumière confuse. Nous croyons avoir fixé la découverte, en démontrant, soit dans les lettres que nous avons publiées en 1788, à la suite de notre Supplément aux Mille et une Nuits (*), soit dans un Mémoire particulier sur ce même point de critique , où nous prouvons, non pas comme La Fontaine l'insinue, et comme Boulanger le prétend, que Pilpay soit l'original d'Esope , peut-être Esope lui-même, ce qui n'est pas soutenable; mais 1°, qu'Esope et Lockman sont un seul et même personnage ; 2°. que le Lockman des Arabes est le vrai, l'unique fabuliste, dont l'Esope des Grecs n'est qu'une copie infidelle dans son histoire comme dans ses ouvrages.

(*)Voyez Vouveaux Contes Arabes, ou Supplément aux Mille et une Nuits, suivi de Mélanges de Littérature orientale (1 vol. in-12, dédié à M. l'abbé Barthélemy, Paris, chez Prault).

quelques fautes dans l'impression. J'en ai fait faire un errata; mais ce sont de légers remèdes pour un défaut considérable. Si on veut avoir quelque plaisir de la lecture de cet ouvrage, il faut que chacun fasse corriger ces fautes à la main dans son exemplaire, ainsi qu'elles sont marquées par chaque errata, aussi bien pour les deux premières parties que pour les dernières ». —Ces fautes ont été corrigées dans la plupart des éditions particulières.

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