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FRANÇAIS E.

M oyse est le plus ancien écrivain que nous connoissions; et son premier ouvrage est un chef-d'œuvre de poésie, ce sublime cantique qu'il fit après le passage de la mer Rouge. Les premiers écrivains des autres nations ont été aussi des poètes. Ce n'est qu'après eux qu'ont paru les historiens célèbres, les grands orateurs, et les savans en tous les genres.

Dans les quatre âges de la litterature, les pères de la belle-poésie ont été Homère et Hésiode , chez les Grecs; Plaute et Térence, chez les Romains; Le Dante et Pétrarque, dans l'Italie moderne ; Malherbe et Corneille , en France. Il semble que, pour éclairer l'ignorance des peuples, en leur faisant goûter l'instruction, il falloit leur présenter d'abord des productions de l'espril, où la parole fût embellie par les accords de la musique, et par le coloris de la peinture. Cela n'est que très-vraisemblable : tous les hommes ont un goût naturel pour le chant et pour les lableaux. Or la poé

sie réunit incontestablement les graces et les avantages de ces deux arts.

La Poétique nous enseigne l'art de bien écrire et de bien composer en prose. On doit se rappeler ici que, dans la Rhétorique française, destinée à la première année du cours des belles-lettres, en faisant connoître les ornemens du discours, le principe des beaux-arts, et les règles fondamentales des productions littéraires, j'ai exposéles préceples généraux qu'il faut suivre exactement, pour bien écrire, et pour bien composer.

Mais comme il y a des règles particulières, propres à chaque espèce d'ouvrages en prose, il y en a aussi qui sont propres à chaque espèce d'ouvrages poétiques. Avant d'exposer les règles de ceux-ci, il est nécessaire que je donne quelques notions du discours mesuré, et de la poésie en général.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. ..... . I.

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LE discours mesuré, que je considère jci dans sa forme seulement, par opposition à la prose, consiste dans un certain arrangement des paroles, suivant des règles déterminées. Les paroles ainsi arrangées, forment les vers , qui sont composés d'un certain nombre de syllabes ou pieds. Il y en a qui en ont douze, De la et qu'on appelle alexandrins, héroïques, structure ou grands vers. Ils ont à la sixième syl. labe une cesure : c'est un repos que le sens doit autoriser, et qui coupe le vers en deux parties, dont chacune s'appelle hémistiche. D'autres vers ont dix pieds : on les appelle communs; et ils ont la césure après le quatrième. Il y en a qui ont huit pieds : ces vers n'ont point de césure, non plus que ceux dont le nombre des pieds est au-dessous de huit.

Les vers sont masculins ou féminins. Ils sont masculins , lorsque la dernière syllabe du mot qui les termine, a une toute autre voyelle que le muet. Ainsi les mots, captivité, charmer, succès, travail, repos, sommeil, obtenir, puissant, rendu , etc. pourroient être mis à la fin d'un vers masculin.

Les vers féminins sont ceux dont le dernier mot est terminé par un e muet, soit seul, soit accompagné d'une ou de plusieurs consonnes. Ainsi, les mots envie , confondue, agitée , terre, féconde, bocages, agréables, fleurissent , demandent, instruisent, etc. pourroient terminer un vers féminin. Ces sortes de vers ont toujours à la fin une syllabe de plus que les masculins; en sorte que l'on pourroit dire que les grands vers fémi

nins ont treize pieds ; les vers féminins communs , onze; ainsi des autres. Mais celle dernière syllabe des vers féminins ne rendant qu'un son très-peu sensible, à cause de l’e muet, n'est comptée pour rien. Voici des exemples de ces différentes espèces de vers.

Vers masculin alexandrin:
La-ver-tu-doit-ré-gner | ou-con-scil-ler-les -rois.

Vers féminin alexandrin :
Quel-ques-cri-mes-toa-jours / pré-cè-dent-les-grands,

cri-mes. Vers masculin commun, ou de dis pieds :

On-vit-heu-reax I quand-on-est-sans-dé-sirs.

Vers féminin commun, ou de dix pieds :

Le-na-tu-rel | est-le-ocean-du-gé-ni-e.
Vers masculin de huit pieds :

Rien-ne-du-re-que-ce-qui-plaît.
Vers féminin de huit pieds : :

Les-gra-ces-sni-vent-tous-les-a-ges.
Vers masculin de sept pieds ;

La-ver-tu-nous-rend-é-gaux. Vers féminin de sept pieds :

Le-temps-dé-truit-toy-tes-cho-sesi

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