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de comparable, soit dans les tragiques anciens , soit dans les modernes. Le dénouement au contraire de Britannicus a nui au succès de cette belle tragédie. On prévoit le crime de Néron, et l'on n'y voit aucun obstacle : on prévoit le malheur de' Britannicus , et l'on n'y voit aucune ressource.

Le dénouement se fait de deux manières , par reconnoissanee, ou par péripétie , mot qui signifie révolution ou changement. Lorsque le nœud venant de l'ignorance de celui qui agit, se résout par la connoissance de ce qui étoit inconnu , le dénouement se fait par reconnoissance. C'est Iphigénie qui reconnoît son frère Oreste, et qui le sauve. Lorsque le nœud venant de la foiblesse de celui qui agit, se résout en détruisant la force contraire, le dénouement se fait par péripétie, ou révolution. C'est le grand-prètre Joad qui, avec ses lévites, trouve le moyen de faire périr Athalie, et de placer Joas sur le trône d'Israël. Il y a toujours révolution, soit que le personnage qui fait l'entreprise réussisse, soit qu'il échoue , parce qu'il éprouve dans son état un changement heureux ou malheureux : heureux, tel que celui d'Andromaque qui sauve son fils : malheureux , tel que celui d'Hippolyte qui meurt victime de la calomnie. La révolution est double;lorsqu'un personnage succombe et qu'un autre triomphe, comme dans Athalie et dans Héraclius. Dans la première , Athalie, et dans la seconde, Phocas périssent; dans la première, Joas, et dans la seconde, Héraclius montent sur le trône.

Je crois en avoir dit assez pour ne Eclaircislaisser rien ignorer de ce qu'il est im- sèment portant de savoir sur la préparation de j",,1,"1,' l'action, l'exposition du sujet, le nœud poiuts, et le dénouement. Il ne me reste plus Par des

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Dans la tragédie de Phèdre par Ra~ C»n*UU. cine, la première scène contient des discours relatifs au sujet. Hippolyte.fils de Thésée, roi d'Athènes, y laisse entrevoir son amour pour Àricie, princesse du sang royal d'Athènes; et Théramène y annonce Phèdre , épouse de Thésée , comme atteinte d'un mal qu'elle s'obstine à taire. Voilà l'action préparée. Phèdre elle-même découvre v à sa confidente la passion qu'elle a pour Hippolyte. Voilà le sujet exposé.

Il se répand un bruit que Thésée, depuis long-temps absent, est mort. (Enone , confidente de Phèdre , persuade alors à cette princesse que ses sentimens pour Hippolyte n'ont plus rien de criminel, et lui insinue qu'elle peut les lui déclarer sans se rendre coupable. Voilà le nœud commencé. Il s'agit de savoir quelles suites aura la passion de Phèdre pour Hippolyle.

Celui-ci croyant son père mort, rend à Aricie le sceptre d'Athènes, auquel elle a des droits légitimes; et les réponses de cette jeune princesse l'engagent insensiblement à lui faire l'aveu de ses sentimens pour elle. Phèdre se présente à Hippolyte pour lui demander son appui en faveur de son fils. Mais se laissant emporter par sa passion, elle la lui déclare dans les termes les plus énergiques , se jette après cet aveu honteux sur son épée pour se percer, est entraînée par sa confidente, laisse Hippolyte sans épée, interdit et dansun saisissement d'horreur, lorsque Théramène vient apprendre à celui-ci qu'un bruit Sourd veut queThésée respire.Voilà lenœud formé.

Phèdre, toujours en proie à son criminel amour, se flatte encore de séduire Hippolyte par l'offre de l'empire d'Athènes qu'elle croit appartenir à son fils, et qu'elle veut lui céder, lorsqu'on annonce l'arrivée de Thésée. A cette nouvelle , Phèdre désespérée forme le dessein de mourir. (Enone lui conseille alors d'accuser auprès de Thésée, Hippolyle du crime dont elle-même est coupable. Son épée laissée entre les mains de la reine,sera un témoin qui déposera contre lui. Phèdre rejette d'abord ce détestable conseil : mais voyant paroître Thésée avec Hippolyte, et s'imagioant que ce jeune prince va tout déclarer, elle permet à (Enone de faire tout ce qu'elle voudra, et fuit la présence de son époux, après lui avoir dit qu'il éloit offensé, et qu'elle est indigne de lui plaire.Thésée surpris d'un accueil si étrange, et se croyant outragé, trahi, veut connoître le crime et le coupable. Voilà le nœud qui se serre.

(Enone accuse Hippolyte auprès de Thésée. Celui-ci furieux voy an tparoître son fils , l'accable de reproches : il invoque Neptune qui a promis d'exaucer le premier de ses vœux , et le conjure de le venger. En vain Hippolyte se justifie; en vain fait-il l'aveu de son amour pour Aricie. Son père n'y ajoute aucune foi, et l'exile. Phèdre touchée de repentir vient trouver Thésée pour le prier d'épargner son fils. Mais aussitôt qu'elle apprend qu'Aricieen est aimée, la jalousie entre dans son cœur et lui ferme la bouche sur l'aveu qu'elle alloit peut-être faire de son crime. Cependant elle est déchirée de remords : la malheureuse (Enone veut les étouffer en lui représentant que les Dieux ont quelquefois brûlé de feux illégitimes. Phèdre n'entend qu'avec horreur ces discours ,1a charge d'imprécations , et la bannit à jamais de sa présence. Voilà le nœud qui se serre encore davantage.

Aricie qui a été instruite par Hippolytedu crime de Phèdre, blâme ce jeune prince de garder le silence. Celui-ci lui demande encore un secret inviolable sur la confidence qu'il lui a faite , et part après en avoir reçu la promesse qu'elle ira le joindre, et l'accepter pour époux dans un temple qui est près de Trezène. Thésée survient; et les discours interrompus que lui tient Aricie portent le trouble dans son ame. 11 est lui-même étonné de sentir une pi tié secrète: il veut interroger une seconde fois (Enone, lorsqu'on vieut lui apprendre qu'elle s'est jetée dans la mer, et qu'un mortel désespoir est peint sur le visage de la reine. Alors ce malheureux père ne doute plus de l'innocence de son fils, et ordonne qu'on le rappelle. Voilà le nœud aussi serré qu'il puisse l'être, et qui va se dénouer.

Thésée apprend qu'un horrible monstre vomi par les flots de la mer, a effrayé les chevaux d'Hippoly te,qui étant tombé de son char, a été traîné parmi les ronces, à travers les rochers, et y a perdu la vie. Phèdre s'est empoisonnée; et sur le point d'expirer , elle vient déclarer l'innocence d'Hippoly te à Thésée, qui va joindre ses larmes au sang de son fils, et qui veut qu'Aricie lui tienne désormais lieu de fille. Voilà le dénouement.

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