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cèdent cette action principale, concourent à son accomplissement. Polieucte, malgré les prières de Pauline sa femme, sort du palais, et va recevoir le baptême. Il entre ensuite dans le temple avec Néarque son ami, et brise pendant le sacrifice , les statues des faux dieux. Néarque est mis à mort par l'ordre du gouverneur Félix, bea wi- père de Polieucte. Ce même Félix se joint à Pauline, pour engager Polieucte à marquer publiquement quelque repentir de l'action qu'il vient de faire. Polieucte le refuse : il est inébranlable ; et sa fermeté lui fait trouver la mort après laquelle il

soupiroit. Unité de L'action est encore une, quand le prin. l'action, cipal personnage est, depuis le commenprise de ünité de cement jusqu'à la fin, dans le même pépéril.

ril. Si ce péril cesse, l'action est finie : si le personnage tombe dans un second péril qui ne soit pas une suite nécessaire du premier, une seconde action commence; ce que les loix du théâtre n'autorisent point. Le jeune Joas, depuis l'instant où le grand-prêtre prend la résolution de le couronner, est en danger de tomber au pouvoir d'Athalie; et ce danger croissant toujours , ne cesse que par la mort de cette reine : voilà l'unité d'action. Il n'en est pas de même dans les Horaces. Le héros de la pièce revenant vainqueur du combat contre les trois

Curiaces, est sorti d'un péril général qui intéressoit tout l'état. Mais en tuant sa soeur, il tombe dans un nouveau péril qui lui est particulier, puisqu'il n'y va que de sa vie. Aussi Corneille luimême a-t-il reconnu que cette duplicité de péril rendoit l'action double dans cette tragédie.

Enfin l'action est une,, quand le prin- Unité de cipal personnage réunit tout l'intérêt du l'action,

prise de spectateur, comme Joas dans Athalie, l'uni Britannicus dans la tragédie de ce nom, d'intérêt. Ce n'est pas qu'on ne puisse s'intéresser aux autres personnages , et qu'ils ne puissent eux-mêmes être diversement intéressés. Ils le sont toujours dans nos meilleures pièces de théâtre. Mais tous ces intérêts divers s'y rapportent au principal personnage; et c'est-là une des régles les plus essentielles. S'ils ne s'y rapportoient pas, l'intérêt seroit double, et l'action le seroit aussi. C'est sur ce principe que quelques critiques trouvent une duplicité d'action dans l'Andromaque de Racine. Il faut convenir que l'intérêt qu'on prend à Oreste quiaime Hermione, se rapportant à lui seul, affoiblit beaucoup l'intérêt qu'on prend à Andromaque. Le coeur est partagé entre ces deux personnaşs. Aussi entre-t-on moins vivement dans les sentimens d’Andromaque pour son fils Astianax. Mais d'un autre côté cet amour d'Oreste tient à

l'action principale, puisque Hermione, qui aime Pyrrhus sans en être aimée, furieuse de voir qu'on lui préfère une rivale, engage Oreste à luer Pyrrhus.

On peut mêler à l'action principale une action particulière et moins considérable , qu'on nomme épisode. Mais il faut que cet épisode y soit bien lié, et y ait un rapport direct et nécessaire. Il doit influer sur le dénouement de l'action principale: s'il n'y influe pas, il est entièrement vicieux. Tel est dans le Cid l'épisode de l'Infante: tel est celui d'Antiochus dans la Berenice de Racine. On sait que le grand Conde étant à une représentation de cette dernière pièce, dit au sujet de ce personnage: et Antiochus, qu'en ferons-nous ? Il faut le marier avec l'Infante du Cid. L'épisode d'Aricie, dans la Phèdre du même poète , n'a pas été à l'abri de la critique, parce qu'il n'influe que foiblement sur le dénouement. Cet épisode ne se lie à l'action principale que vers la fin du quatrième acte, où Phèdre paroit portée à justifier Hippolyte auprès de Thésée, mais renonce à ce dessein, aussitôt qu'elle ap

prend qu'Aricie est sa rivale. l'aité de L'action dramatique étant une, elle

doit nécessairement se passer dans un même lieu. Cette seconde règle est encore prescrite par le bon sens. Quel pelaue s'aviseroit de représenter un

héros

héros à Rome et à Carthage sur la même toile? On auroit tort d'inférer de ce que l'action dramatique se divise en plusieurs petites actions, qu'une de ces petites actions pourroit, sous les yeux mêmes du spectateur, se passer dans un lieu, et une autre dans un autre lieu. IL faudroit pour cela que le théâtre représentât plusieurs lieux différens les uns après les autres. Or ces changemens choqueroient la vraisemblance, et détruiroient toute illusion. Le spectateur se trouve dans un lieu aucommencement de l'action : pourra-t-il se figurer l'instant d'après qu'il est dans un autre lieu ?

Il est donc essentiel que le lieu de la scène soit un lieu commun, où tous les personnages se rendent, pour faire toute l'action représentée. Corneille dans soni discours des trois Unités , est d'avis que le poète ne le marque pas trop distinclement; qu'il se contente de dire qu'il est à Athènes , à Rome, ou tout au plus dans un tel palais, el qu'il laisse à l'imagination du speclateur de fixer le lieu d'une façon plus délerminée, ou même de ne point le fixer du tout, s'il n'en sent pas le besoin.

Malgré une autorité si respectable, on est assez généralement d'accord que se borner à placer la scène dans une ville,

ce seroit porter l'incertitude et la confu· sion, dans l'esprit du spectateur. Cetle

détermination seroit trop vague et trop générale. C'est ce que Corneillelui-même a reconnu dans son Examen sur le Cid, dont l'action se passe à Séville, qui est le lieu général. Mais le lieu particulier change presqu'à tous les instans. Tantôt c'est le palais du roi, tantôt l'appartement de l'infante, tantôt la maison de Chimène , tantôt une rue, ou une place publique. Or l'unité de lieu prise à la rigueur, exige que l'action se passe dans le même endroit précisément, et que par conséquent on fixe autant qu'il est possible le lieu de la scène particulier.

Racine a exactement observé cette rèn gle. Dans Athalie , les personnages agissans ne sortent point du vestibule de l'appartement du grand-prêtre, lequel est dans le temple de Jérusalem. Dans Andromaque , dans Britannicus, une salle du palais est le lieu où commence et finit toute l'action représentée. Il n'en est pas de même dans Cinna. La moitié de l'action se passe dans l'appartement d'Emilie, et l'autre moitié dans le cabinet d'Auguste. Voilà une duplicité de lieu particulier. On a fort bien remarqué que Corneille pouvoit aisément éviter cette faute, en imaginant, comme il l'a fait dans Polieucte, un grand vestibule commun à tous les appartemens du palais, et où Cinna, Emilie et Maxime au

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