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ties dans leur sens littéral, comment peuton concevoir que de toutes les parties de la terre, tous les hommes de toutes les nations viennent se rendre à la ville de Jérusalem, pour y adorer le Seigneur, ou chaque année, ou de mois en mois, ou de sabbat en sabbat ? Cela leur serait physiquement impossible. Mais entendant ces expressions de la Jérusalem céleste, la difficulté disparaît, et l'oracle peut aisément avoir son exécution. Nous voyons dans les prophéties qu'on nous objecte des choses qui ne peuvent être entendues que dans un sens métaphorique. Par exemple, dans celle de Michée, il est parlé de l'élévation de la montagne de Sion , audessus de toutes les autres montagnes. Cette phrase, évidemment inexacte en parlant de la montagne sur laquelle était bâtie Jérusalem, est de la plus parfaite exactitude, appliquée à la Jérusalem céleste. Les deux textes d'Isaïe que l'on allègue, présentent des expressions que les rabbins omettent dans leurs citations, parce qu'elles annoncent un sens métaphorique. Remettons ces passages dans leur entier. Au chapitre LxvI, après avoir dit que les hommes de toutes les nations seront conduits à la montagne sainte de Jérusalem, le prophète dit : Et je prendrai parmi eux des prétres et des lévites; parce que, de méme que je fais exister devant moi des cieux nouveaux et une terre nouvelle, de méme, dit le Seigneur, votre postérité et votre nom demeureront. C'est après ces paroles que le prophète ajoute ce qu'on objecte, de mois en mois et de sabbat en sabbat, toute · chair viendra adorer devant moi (13o). Il est facile de voir pourquoi les docteurs juifs ont omis les paroles que nous rétablissons : elles annoncent un ordre de choses absolument nouveau ; non-seulement un sacerdoce qui ne sera plus de la race d'Aaron, mais des cieux, une terre, et par conséquent une Jérusalem d'un autre genre. Entendons ces paroles de l'Église de Jésus-Christ, elles deviennent très-claires. Il n'est pas hors de propos d'observer que saint Jean, dans son apocalypse, fait une allusion manifeste à ce passage, et l'applique au séjour céleste (151). Au chapitre LxI, après les paroles citées dans l'objection, dans lesquelles Isaïe a décrit en style pompeux l'affluence des nations à cette Jérusalem, il ajoute : Tu n'auras plus de soleil pour t'éclairer pendant le jour, ni la clarté de la lune pour t'illuminer; mais le Seigneur sera ta lumière éternelle, et ton Dieu sera ta gloire. Ton soleil n'aura plus de coucher, ta lune ne sera plus diminuée, parce que le Seigneur sera ta lumière éternelle : les jours de ton deuil seront fixés; ton peuple sera la totalité des justes (152). Le prophète parle ici évidemment à la même Jérusalem à laquelle il s'adressait dans les versets précédents du même chapitre. Mais est-il possible d'appliquer ces expressionsàl'ancienneJérusalem,même dans le style poétique ? Au contraire, appliquées à la Jérusalem céleste, elles sont parfaitementjustes. C'est donc cette Jérusalem, c'està-dire l'Église et son universalité, qu'Isaïe prédit dans tout ce chapitre. Aussi voyonsnous l'apôtre saint Jean faire encore allusion à ces paroles, et les employer presque mot à mot, pour décrire la Jérusalem nouvelle qu'il a vue descendre du ciel (155). J'ai insisté sur ces allusions, et sur les applications faites à la Jérusalem céleste par saint Paul et par saint Jean de ces expressions relatives à l'affluence des nations dans Jérusalem. L'événement n'avait pas encore vérifié les prophéties sur ce point, et il n'y avait alors aucune apparence que toutes les nations entreraient un jour dans l'Eglise. · Lors donc que ces deux apôtres appliquaient à l'Église les prophéties dont il s'agit, ils faisaient eux-mêmes des prophéties : ils prédisaient la future dispersion de la religion de Jésus-Christ, sur toute la terre. L'accomplissement de ces prédictions donne à leur ex

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plication toute l'autorité divine. Dieu seul pouvait alors prévoir l'universalité future de sa religion, et les hommes qui l'annonçaient dans ce temps étaient évidemment inspirés par lui. 2° Quand nous voyons des prophéties lesquelles prises dans leur sens littéral contredisent d'autres prophéties également certaines, mais qui, si on les entend dans un sens figuré, cadrent avec toutes les autres et sont confirmées par elles, ne devons-nous pas juger que c'est le sens figuré qui est leur sens réel et véritable? Or, que l'on nous dise comment on peut coneilier l'idée que toutes les nations viendront adorer Dieu dans Jérusalem, avec l'oracle de Sophonie , qui porte que les hommes l'adoreront dans leur pays (134)? avec cet autre de Malachie, que nous avons déjà vu, que Dieu ne recevra plus d'offrandes de la main des Juifs, mais qu'en tout lieu on lui offrira et on lui sacrifiera une victime pure (135)? Que Dieu ne soit adoré qu'à Jérusalem, que Dieu soit adoré en tout lieu, ce sont deux choses incompatibles. L'adoration à Jérusalem contredit spécialement la prédiction que le Seigneur ne recevra plus les sacrifices judaïques. Mais entendons de la Jérusalem céleste les prophéties objectées, tout s'aplanit, tout se concilie, tous les prophètes sont d'accord entre eux, ou plutôt Dieu n'est plus opposé à lui-même. . 3o Les Juifs, qui conviennent avec nous que l'accomplissement d'une prédiction prouve la vérité de la prophétie, ne peuvent pas disconvenir que cet accomplissement doit aussi en expliquer le véritable sens. Si de ce qu'une prédiction est accomplie il s'ensuit qu'elle est émanée de Dieu , de ce qu'elle est accomplie d'une telle manière il résulte manifestement que c'est de cette manière que Dieu a fait prédire qu'elle s'accomplirait. Ici le fait parle, et explique les prophéties qu'on nous oppose. Qu'elles soient réalisées dans le sens métaphorique, dans le sens que leur donnaient les apôtres dès avant l'événement, c'est ce qu'il est impossible de contester. Il reste donc certain que, pour conserver aux prophéties sur l'affluence à Jérusalem le sens qu'ils leur donnent, les rabbins sont forcés de contredire et les faits historiques, et d'autres prophéties très-claires, et les prophéties même qu'ils allèguent. XVI. « Les deux dernières difficultés con« tre la royauté spirituelle du Messie en fa« veur de son règne temporel, sont qu'il doit « rassembler de toutes les parties du monde « tous les Juifs dispersés, et qu'il doit à leur « tête remporter de grandes victoires sur les

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