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seur l'annonçait ainsi à la terre : Faites pénitence, car le royaume des cieux est proche (91). Il ouvrit lui-même sa prédication par ces paroles (92). Il serait trop long de rapporter toutes les occasions où il a parlé de son royaume sous le nom du royaume de Dieu. Il a de plus souvent fait connaître que ce n'était pas un royaume terrestre. Lorsqu'émerveillés de ses prodiges, les Juifs veulent l'établir leur roi, il s'enfuit pour se soustraire à leur empressement (93). Soumis religieusement aux puissances de ce monde, il ordonne qu'on leur paye le tribut (94); et n'ayant pas, dans sa pauvreté profonde, de quoi le payer, il fait un miracle pour l'acquitter (95). Ailleurs, il déclare qu'il n'a point été établi pour juger des contestations civiles (96). Mais la circonstance où il caractérise le plus particulièrement le genre de sa royauté, est celle de sa passion. Interrogé par Pilate s'il est le roi des Juifs, il répond qu'il l'est en effet, et qu'il n'est venu sur la terre que pour y rendre témoignage à la vérité; mais il avait commencé par déclarer que son royaume n'est pas de ce monde (97). Telle est la doctrine que nous avons reçue de notre divin maître, et que nous professons d'après son enseignement. Les Juifs, de leur côté, soutiennent que, d'après les prophéties, le règne du Messie doit être un règne temporel. Ils croient que cet envoyé céleste triomphera des chrétiens et des mahométans figurés par Gog et Magog, et qu'il fondera un nouveau royaume de Juda, qui durera jusqu'à la fin du monde. Il s'agit de prouver la vérité de la première interprétation, et de répondre à ce qu'on allègue pour soutenir la seconde. V. Quatre considérations différentes persuadentquelesprophéties relatives à la royauté du Messie doivent être entendues d'une royauté spirituelle. La première est que cette interprétation n'a rien qui répugne au texte sacré, et est plus conforme à la dignité du Messie ; la seconde, que ces prophéties, entendues dans le sens judaïque, contredisent d'autres prophéties très-claires qui s'accordent pleinement avec le sens chrétien ; la troisième, que même entre les oracles sacrés relatifs à la royauté du Messie, plusieurs présentent des particularités incompatibles avec un royaume temporel, mais qui conviennent parfaitement à un royaume spirituel, la quatrième, qu'entendues dans le sens . spirituel, elles ont leur accomplissement plein et littéral en Jésus-Christ. VI. En premier lieu, il faut observer que le mot roi, dans le style des écrivains sacrés,

ne désigne pas toujours une royauté proprement dite, une souveraineté politique. On le voit souvent appliqué à des personnes revêtues d'une grande autorité. Spécialement ce titre est souvent donné à Dieu : certainement dans lui c'est un royaume spirituel qu'il désigne. Il abandonne les royaumes temporels aux souverains qu'il leur donne. Il est naturel que son envoyé soit appelé roi dans le même sens que lui ; et cela est encore plus simple, si cet envoyé est Dieu lui-même, comme nous le verrons dans l'article suivant. De plus, il est certainement plus digne de l'envoyé de Dieu d'être un législateur de l'ordre spirituel, de donner aux hommes des lois qui les conduisent à une éternelle félilicité, de réformer les vices, d'établir l'empire des vertus, de perfectionner la morale, de fonder une religion, d'ouvrir de nouvelles, de plus abondantes communications entre Dieu et l'homme, que d'être un prince belliqueux, un conquérant. Dans les pensées de la gloire humaine, un héros, un triomphateur peut avoir quelque prix ; mais à qui considère les choses sous le point de vue religieux, relativement au bien de l'humanité, en un mot selon les pensées de Dieu, il n'y a aucune comparaison à faire entre celui qui conquiert les hommes et celui qui les éclaire, T. II. - 4

entre celui qui se les asservit et celui qui leur procure un bonheur éternel. VII. En second lieu, les prophéties sur Ia royauté du Messie, entendues dans le sens judaïque, contredisent d'autres prophéties également certaines; mais entendues dans le sens chrétien, elles se concilient parfaitement avec les autres oracles. Et ce n'est pas sur un seul point que l'idée du royaume temporel contredit les prophéties. Nous pouvons rapporter cette opposition à cinq chefs différents. 1o Nous avons eu occasion de voir un grand nombre de prophéties où le Messie est annoncé comme un prince pacifique.Au psaume LxxI, où il est dit qu'il dominera d'une mer jusqu'à l'autre, et du fleuve jusqu'aux extrémités de la terre, il est en même temps annoncé que de son temps naitra la justice et l'abondance de la paix, jusqu'au temps la lune cessera d'éclairer le monde (98). Isaïe, dans beaucoup d'endroits, parle de la paix que le Messie apportera au monde. Ici , il dit qu'il jugera les nations, et convaincra d'erreur beaucoup de peuples, qui de leurs glaives feront des socs de charrue, et de leurs lances des faulx : tellement que les nations ne lèveront point l'épée les unes contre les autres , et ne s'exerceront plus

aux combats (99). Là , il annonce que le Messie sera appelé le prince de la paix, que son empire sera étendu, et que la paix n'aura pas de fin (1 oo). Plus loin, il décrit poétiquement la paix dont on jouira sous son empire (1o1). Ailleurs, il le représente sur les montagnes, préchant et annonçant la la paix (1 o2). Ezéchiel présente le Messie sous le nom de David son père, paissant les brebis du Seigneur, et le Seigneur faisant avec elles un pacte de paix (1 o5). Michée, antérieur à Isaïe, avait, presque dans les mêmes termes, prophétisé qu'au temps du Messie les glaives seraient convertis en socs, et les lances en instruments de labourage (1o4); et il s'était servi de l'expression que le Messie sera la paix (1o5). Nahum, contemporain d'Isaïe, peint aussi comme lui le Messie sur les montagnes, évangélisant et annonçant la paix (1o6). Il résulte évidemment de tous ces textes, que le règne du Messie doit, selon les prophètes , être un règne pacifique. Et comment peut-on entendre que celui qui sera le prince de la paix, qui sera lui-même la paix, sous l'empire duquel on jouira d'une paix universelle et perpétuelle; comment, dis-je, peut - on entendre que ce même personnage sera un prince belliqueux, triomphant, qui assu

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