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nous cependant de donner dans l'opinion que les miracles ne prouvent la religion que dépendamment des prophéties qui les avaient annoncés ; opinion justement condamnée , et qui tend à affoiblir la principale démonstration du christianisme. Il est vrai que deux des Pères, Origène et Lactance, ont paru la favoriser (74). Mais d'abord ils sont les seuls qui aient eu cette idée; et de plus, on doit considérer leurs expressions comme des hyperboles, qu'ils ne se sont permises que parce qu'ils n'en prévoyaient pas la dangereuse conséquence. Les miracles d'une part, les prophéties de l'autre, forment en soi, et indépendamment de leur réunion, deux preuves complètes de la vérité du christianisme : mais réunies et combinées ensemble, elles se communiquent mutuellement une force nouvelle, et portent la démonstration à un degré encore plus frappant d'évidence.

ARTICLE SEPTIÈME.

PROPHÉTIE SUR LE RÈGNE DU MESSIE.

I. C'EST ici le point qui fait le plus de difficulté vis-à-vis des Juifs. Ils reconnaissent bien avec nous que le Messie doit être un roi , mais ils ont toujours pensé qu'il doit avoir un règne temporel et glorieux ; c'est un Messie, triomphant et soumettant à sa domination politique les nations, qu'ils espéraient autrefois, et qu'ils attendent encore aujourd'hui. Nous disons au contraire, d'après l'explication qu'en a donnéeJésus-Christ lui-même, que ce règne promis au Messie doit être un règne de l'ordre spirituel. Quant aux incrédules, comme ils ne croient ni aux prophéties ni au Messie, ils ne veulent admettre aucun royaume prédit de quelque genre qu'il soit. Nous avons donc à prouver trois choses : la première, contre les incrédules, qu'il a été prédit dans l'Ancien Testament que le Messie serait un roi ;la seconde, contre les Juifs, que ce roi prédit dans leur loi devait être un roi de l'ordre spirituel et non temporel ; la troisième, contre les uns et les autres, que ces prédictions qui, du temps des prophètes, étaient éloignées de toute probabilité, se sont accomplies entièrement et littéralement en Jésus-Christ. II. Première proposition. Les prophéties annoncent un Messie qui sera roi. Pour prouver cette vérité, nous n'avons qu'à rappeler quelques-unes des prophéties que nous avons rapportées. Nous avons vu David parlant au nom de Dieu, promettre au Messie les nations pour héritage, et toutes les parties de la terre en propriété, afin qu'il les régisse avec une verge de fer (85). Nous avons vu Isaïe dire que l'empire du Messie sera étendu, qu'il siégera sur le trône de David, qu'il occupera son royaume pour le confirmer et le corroborer jusqu'à l'éternité (86). Nous avons vu Daniel annonçant tantôt que dans les temps des quatre empires dont il prédit la succession, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit (87); tantôt que l'ancien des jours donnera au fils de l'homme la puissance, l'honneur, le royaume, une puissance sur tous les peuples, une puissance qui ne sera jamais enlevée, un royaume qui ne sera jamais détruit (88). Nous avons vu Michée et Malachie donner au Messie qu'ils annoncent le titre de dominateur (89). A ces textes, il ne nous serait pas difficile d'en ajouter beaucoup d'autres, et nous aurons occasion d'en rencontrer quelquesuns dans le cours de cette discussion. Ceuxci nous semblent suffisants pour établir ce qui est maintenant en question ; savoir, que la royauté future du Messie avait été formellement prédite dans la loi ancienne. C'était sur des prophéties si multipliées qu'était fondée l'opinion des Juifs. Qu'ils fussent dans l'attente d'un souverain puissant et glorieux, cela ne peut pas être douteux; il suffit de li1e leurs paraphrases de l'Écriture et leurs autres ouvrages, pour voir répéter en cent endroits l'expression, Rex Messias.Nous avons aussi dans l'Évangile des preuves que c'était l'idée qu'avaient du Messie les apôtres euxmêmes. Rappelons-nous que selon Suétone et Tacite, c'était un bruit répandu, nonseulement parmi les Juifs, dans tout l'orient, et fondé sur des oracles religieux, qu'un conquérant sortirait de la Judée, et deviendrait un souverain puissant (9o). Enfin, la persuasion dans laquelle sont encore actuellement les Juifs, leur vient certainement de leurs pères. Or, cette conviction si générale, ils l'avaient certainement puisée dans les nombreuses prophéties de leurs livres saints : c'étoit là qu'ils prenaient l'idée des qualités du Messie comme celle de son existence futul'e. III. Seconde proposition. Le règne du Messie annoncé par les prophètes devait être de l'ordre spirituel. IV. Jésus-Christ a expliqué les prophéties relatives au règne du Messie, d'un règne spirituel. Il n'a pas réclamé un royaume tel que celui des souverains de la terre, qui consiste dans l'autorité civile ; il l'a même formellement exclu. Le royaume qu'il réclame, et dont il parle souvent, est le royaume de Dieu ; c'est-à-dire un royaume tout céleste, qui consiste à dicter des lois relatives au salut; à donner, pour l'observation de ces lois, des moyens de sanctification; à juger les observateurs et les infracteurs de ces lois; à distribuer soit aux uns, soit aux autres, des récompenses et des peines, toutes de l'ordre purement spirituel ; à combattre les passions et les ennemis de l'ame par des armes du même genre. Que ce soit ce royaume que JésusChrist ait voulu établir, il suffit d'ouvrir l'Évangile pour s'en convaincre : son précur

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