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claration que cette loi sera une loi nouvelle, autre que celle de Moïse. Or, en premier lieu, il est certain que Jésus-Christ a enseigné sa doctrine au nom de Dieu. Ce point n'est pas contesté et ne peut pas l'être. En second lieu, il est également évident que cette doctrine enseignée par Jésus-Christ a été répandue dans toutes les nations, et cela d'après l'ordre formel qu'il avait donné à ses apôtres de prêcher son évangile dans le monde entier, à toute créature, et d'instruire toutes les nations en leur apprenant à observer tout ce qu'il avait commandé (66). « On nous objecte sur ce point que Jésus« Christ n'a point prêché les nations, qu'il « a même déclaré positivement qu'il n'avait « été envoyé que pour sauver les brebis de « la maison d'Israël qui s'étaient perdues(67); « qu'il a défendu à ses apôtres d'aller ni « parmi les nations, ni dans les villes des « samaritains; leur commandant d'aller plu« tôt vers les brebis égarées de la maison « d'Israël. » On confond dans cette difficulté les objets et les temps. Jésus-Christ a adressé sa prédication aux Juifs, de préférence, et a ordonné à ses apôtres de la leur adresser avant de la porter aux nations. Voilà tout ce qui ré

sulte des textes objectés. Il venait de choisir ses apôtres, et le premier ordre qu'il leur donne est de prêcher exclusivement les Juifs. Cela n'empêche pas qu'à la fin de sa carrière évangélique et au moment de remonter dans les cieux, il ne leur ait donné le précepte ultérieur de lui rendre témoignage, non-seulement dans la Judée, mais dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre (68). Et c'est en effet la marche que suivent les apôtres dans le cours de leur prédication : ce ne fut qu'après avoir annoncé l'Evangile dans la Judée, qu'ils se répandirent dans les autres pays ; et nous voyons même par les Actes des apôtres, que dans les diverses villes que parcouraient ces saints personnages, ils commençaient par prêcher Jésus-Christ dans les synagogues. Nous en avons un témoignage formel dans ce que disent S. Paul et S. Barnabé aux Juifs d'Antioche de Pisidie : Notre devoir était de vous porter la parole de Dieu, mais puisque vous la rejetez, et que vous vous déclarez vous-mémes indignes de la vie éternelle , nous allons nous retournervers les nations : car c'est ainsi que Dieu nous l'a commandé (69). Quand Jésus-Christ dit à la Chananéenne qu'il a été envoyé vers les brebis perdues de la maison d'Israël, son objet est évidemment d'éprouve la foi de cette femme. Il exclut si peu de ses bienfaits les samaritains et les gentils, qu'il accorde à cette étrangère ce qu'elle lui demande; qu'ailleurs il convertit une samaritaine et toute la ville de Sichar; que dans un autre endroit encore il guérit le serviteur d'un centurion, qui croit en lui ainsi que toute sa maison. Jésus-Christ donne la préférence aux Juifs ; il ne donne pas l'exclusion aux autres. En troisième lieu, la loi que Jésus-Christ a donnée à toutes les nations est une loi nouvelle différente de celle de Moïse; et il est bon d'expliquer en quoi consiste cette différence : ce n'est pas la partie dogmatique et morale de la loi qu'il abolit, au contraire, il la confirme, l'éclaircit, la développe, la fixe, la purge des fausses traditions qui l'avaient altérée, la corrobore par des préceptes nouveaux dont le but est de la faire plus exactement observer. C'est la loi cérémonielle qu'il anéantit, parce que son objet l'était. Plusieurs rits, tels que la circoncision, avaient pour but de séparer le peuple de Dieu des autres peuples, et d'en faire une na- tion particulière ; ceux - là devenaient inutiles, dès que toutes les nations étaient appelées à être désormais le peuple de Dieu. D'autres étaient figuratifs; les divers sacrifices, par exemple, étaient institués pour figurer le sacrifice unique, qui réunit tous leurs effets, de la loi nouvelle : la figure n'avait plus lieu, dès que la réalité était arrivée. Quant à la partie civile de la loi mosaïque, Jésus-Christ ne l'a pas abrogée pour les Juifs : ils ont continué d'y rester soumis jusqu'à la dissolution de leur république. Il ne l'a pas imposée aux chrétiens : il a déclaré au contraire que tout l'ordre civil était étranger à sa mission; et il n'a donné sur cet objet d'autre précepte que celui de la soumission aux lois des différents pays. V. Ce que je viens d'exposer répond à une objection que nous font nos adversaires, que jésus-Christ iui-même a déclaré, qu'il était venu non pour détruire, mais pour accomplir la loi et les prophètes (7o). Il suffit de lire tout son discours sur la montagne, d'où est tiré ce passage, pour voir que c'est uniquement de la loi morale qu'il parle : il n'y est nulle part question des cérémonies judaïques. JésusChrist dit que loin de détruire cette loi sainte, ces préceptes moraux, il les accomplit fidèlement. On peut aussi donner à ses paroles un autre sens, et dire qu'il a accompli toute la loi, parce qu'il en a réalisé les figures ; tous les prophètes, parce qu'il a effectué leurs divers oracles.

VI. « Mais les Juifs nous font sur ce sujet « une difficulté plus importante, que les « incrédules, selon leur usage, copient d'a« près eux fidèlement. Ils disent qu'à leur « loi était promise une éternelle perpétuité, « et qu'elle ne devait jamais être abrogée. « Ils citent pour le prouver divers passages « (71). Il n'y a peut-être pas, ajoutent-ils, « de principe plus souvent répété dans les « livres de la loi, que celui de son indes« tructibilité et de son éternelle permacr I1enCe, » Cette objection serait véritablement trèsforte, si ces mots éternellement, perpétuellement devaient être toujours entendus dans le sens le plus strict, et si , dans le langage dé l'Écriture, ils signifiaient toujours l'éternité proprement dite. Mais si nous voyons souvent ces expressions , in œternum, in sempiternum, employées dans les livres saints pour signifier un temps très-long, un temps indéfini, quelquefois même un temps fini qui doit durer autant qu'un certain ordre de choses, la difficulté, qui ne porte que sur le sens strict de ces mots, tombe absolument, elle est nulle. Or, nous voyons dans un grand nombre de textes de la sainte écriture le mot éternité employé dans ce sens restreint et impropre. Contentons-nous d'en citer quelques exem

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