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« l'objet inévitable de ses calomnies ? Quand « elle aurait assuré qu'elle était vierge, sa « parole particulière n'eût pas été un témoi« gnage suffisant pour l'affermissement de la « foi. Il fallait que la révélation d'un si « grand mystère fût préparée par tous les « miracles de Jésus-Christ et de ses apôtres, « avant qu'elle fût reçue avec une autorité « digne de créance.Ainsi, c'était un conseil « digne de Dieu, de faire naître dans le ma« riage le fils de la Vierge, afin que sa nais« sance parût du moins honnête, jusqu'à ce « que le temps fût venu de la faire paraître « surnaturelle et divine. Ce n'était donc pas, « comme porte votre objection, démentir la « prophétie, de reconnaître que notre Sei« gneur, fils d'une mère mariée, fût le Christ; « Isaïe ayant bien dit que la mère du Christ « serait vierge, mais n'ayant dit nulle part « qu'elle ne serait pas mariée. » VIII. Les Juifs font contre l'application des prophéties à J ésus-Christ, une autre objection dont les incrédules ne manquent pas de se prévaloir. Ils disent « que notre Messie « n'a jamais été appelé Emmanuel , mais « qu'il a eu nom Jésus. » Cette difficulté est bien ancienne, et plusieurs Pères des premiers siècles de l'Église y ont répondu (41). Nous dirons après eux, T II , 2 •

que dans le style de l'écriture il est trèscommun de confondre le nom de la personne avec la personne même. Ainsi, il est dit dans beaucoup d'endroits, qu'on bénit le nom de Dieu, qu'on lui rend grâces, pour exprimer qu'on loue et qu'on remercie Dieu. Souvent aussi nous voyons le mot vocari, employé pour le mot esse. Quand Isaïe dit à Jérusalem Tu seras appelée la cité du juste, la ville fidèle (42), il n'entend pas qu'on changera son nom, et qu'on lui donnera celui-là. Il serait facile d'en citer une multitude d'autres exemples ; contentons-nous d'un seul, tiré de cette même prophétie. Au verset 6 du neuvième chapitre, Isaïe dit que le nom dont sera appelé l'enfant qu'il prédit, sera Admirable, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle futur , Prince de la paix. Il n'entend certainement pas que ce sera là le nom de cet enfant; il veut dire que ce seront ses qualités. Il en est de même du nom d'Emmanuel : ce même enfant en sera appelé, c'est-à-dire, sera Dieu avec nous. Le prophète annonce non pas son nom propre, mais son titre ; il dit la chose qui sera, et non pas le nom qu'il portera; il annonce ce que l'on croira de lui, et non la dénomination dont on le désignera. Nous pourrions ajouter contre les Juifs, qu'ils ont bien mauvaise grâce à proposer cette difficulté, puisqu'aucun de ceux à qui ils essayent d'appliquer la · prophétie n'a porté le nom d'Emmanuel. Il nous font encore deux autres difficultés : l'une, que Jésus-Christ n'a pas siégé sur le trône de David, comme cette prophétie l'annonce; l'autre, que Jésus-Christ n'a point été un personnage pacifique, comme Isaïe annonce que doit être Emmanuel, puisqu'il a déclaré lui-même qu'il était venu apporter non la paix, mais la guerre. J'examinerai ces deux objections dans l'article où il sera question de la royauté du Messie. IX. Les incrédules nous opposent enfin une dernière difficulté. « Plusieurs Pères de l'É« glise ont reconnu que cette prophétie ne « concerne pas directement Jésus-Christ, et « beaucoup de commentateurs l'expliquent « autrement que nous. » Quant aux Saints Pères, les passages que nous avons rapportés prouvent qu'un grand nombre d'entr'eux ont regardé le texte d'Isaïe comme une prophétie de Jésus-Christ. Pour prétendre que d'autres ont pensé diversement, il faudrait les nommer, et c'est ce qu'on n'a ni fait ni pu faire. Par rapport aux commentateurs, tous, au moins moralement , entendent de JesusChrist cette prédiction. Il y a entre eux de la différence sur la manière d'en expliquer les diverses parties ; mais quant au point essentiel ils sont d'accord. On ne sera pas étonné de leur diversité sur les détails, si on considère que les cinq chapitres d'Isaïe présentent presque continuellement le passage d'un objet à l'autre ; et nous avons déjà observé que c'est une chose commune dans le style des prophètes. Ici, Isaïe mêle sans cesse la prédiction du Messie, celle de la délivrance, et celle de la spoliation du royaume de Juda. Il passe d'un objet à l'autre, et y joint quelquefois des objets étrangers. Entre les commentateurs, plusieurs n'ont pas observé la liaison des cinq chapitres , et la connexion des trois objets qui y sont prédits : c'est une des causes de leurs différentes explications. Celle que nous présentons, d'après plusieurs savants interprètes, nous semble la plus naturelle, la plus propre à concilier toutes les parties du discours prophétique, et la plus conforme aux événements. Elle nous paraît la plus propre à résoudre toutes les difficultés. Si on trouve que quelqu'autre interprétation des commentateurs remplit mieux ces objets, nous consentirons volontiers à ce qu'on l'adopte : elle tendra toujours au même but; la même conséquence s'ensuivra ; savoir, que Jésus-Christ est le Messie promis aux Juifs, et prédit dans ces chapitres par Isaïe.

ARTICLE CINQUIÈME.

Prophéties que le Messie doit être un docteur qui apporte une loi nouvelle.

I. AU temps où Jésus-Christ parut dans le monde, l'opinion des Juifs sur le Messie était qu'il serait un grand docteur, et qu'il instruirait le monde. Nous en avons la preuve dans les cantiques de Zacharie, père de saint Jean-Baptiste (43), et du saint vieillard Siméon (44), ainsi que dans le discours de la femme samaritaine (45). Nous en avons une autre preuve dans la manière dont les targumistes voisins du temps de Jésus-Christ ont entendu la plupart des prophéties dans lesquelles un nouveau docteur est promis à Israël; ils les appliquent au Messie. Et même aujourd'hui, les Juifs regardent le Messie qu'ils attendent comme un docteur de leur loi, qui la rétablira dans toute sa pureté, et qui la fera universellement observer. Nous avons à établir contre eux et contre les incré

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