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Tite pour l'empêcher de recevoir aucun se| cours, et pour l'attaquer à la fois de plusieurs côtés. Il éleva aussi autour de la ville treize forts, pour réussir plus sûrement à la réduire. Jésus-Christ prédit non-seulement la prise de Jérusalem, mais sa destruction totale.Les nations doivent la fouler aux pieds ; il ne restera plus pierre sur pierre, ni de la ville ni du temple (372). Nous voyons dans Josephe toutes ces circonstances littéralement réalisées. La ville fut prise, saccagée, réduite en cendres, et tellement détruite qu'il ne parut plus aucune marque qu'il y eut eu des habitants (573). Eusèbe de Césarée, qui vivait environ deux siècles après, raconte qu'il a vu de ses propres yeux la charrue des Romains labourer le sol où avait existé Jérusalem (374). Quant au temple, Tite désirait ardemment conserver ce superbe édifice ; mais tous ses efforts furent inutiles, et il fut entièrement, malgré lui, consumé par les flammes (575). Jésus-Christ avait annoncé que les habitants de Jérusalem seraient passés au fil de l'épée, et emmenés en esclavage dans toutes les nations (576). L'accomplissement de cet oracle est encore certain. Josephe fait monter à onze cent mille le nombre des Juifs à qui cette guerre coûta la vie, et à quatrevingt-dix-sept mille ceux qui furent pris et vendus comme esclaves (577). En un mot, selon la parole du divin Sauveur, la calamité de ce malheureux pays devait être telle, qu'on n'en avait pas vu une pareille depuis le commencement du monde (578); et Josephe employant, sans le vouloir et sans le savoir, les expressions de cette prophétie, dit qu'il ne croit pas que depuis la création du monde on ait vu nulle autre ville tant souffrir (379). Jésus-Christ avait prédit jusqu'au temps où devaient s'effectuer ces désastres : c'était pendant la durée de la génération à laquelle il parlait (58o). Et ce fut en effet trente-six ou trente-sept ans après sa prédiction qu'elle s'accomplit aussi entièrement. XI. Je le demande avec confiance aux incrédules et aux Juifs les plus obstinés dans leur opinion : quelle prophétie plus convaincante pourraient-ils exiger pour reconnaître dans Jésus-Christ l'envoyé de Dieu ? Pourraient-ils s'en figurer une plus positive, plus claire, plus détaillée, et qui se soit plus exactement accomplie jusques dans ses circonstances les plus minutieuses ? Les saints Pères, qui présentaient aux incrédules de leur temps, et aux ennemis de la religion de toute classe, cette prophétie, ou plutôt cette

collection de prophéties, n'avaient-ils pas raison de la regarder comme une démonstration évidente de la vérité du christianisme (381) ? XII. On propose cependant contre cette prophétie une objection tirée de la prophétie même. A la prédiction de la ruine de Jérusalem, Jésus - Christ joint immédiatement, et comme un événement qui est trèsprès de celui-là, l'annonce de la fin du monde et du jugement dernier : Aussitôt après la tribulation de ces jours, le soleil sera obscurci, la lune ne répandra plus sa lumière, et les vertus des cieux seront ébranlées. Et alors apparaitra dans le soleil le signe du Fils de l'homme; et alors pleureront toutes les tribus de la terre. Et on verra le Fils de l'homme venant dans les nuées du ciel, avec une grande force et une grande majesté. Et il enverra ses anges, qui feront entendre la voix éclatante de leurs trompet- . tes, et qui rassembleront ses élus des quatre parties du monde, depuis une extrémité du ciel jusqu'à l'autre (382). XIII. Les interprètes sont partagés sur l'explication de cette partie de la prophétie : les uns l'entendent dans le sens naturel, et pensent qu'en effet c'est du jugement dernier que parle Jésus-Christ dans ses der

nières paroles ; les autres prennent cette partie du discours dans un sens métaphorique, et croient que le Sauveur continue de parler , mais en termes figurés, de la désolation des Juifs. Les premiers observent que ce texte, relatif au second avénement de Jésus-Christ et à son jugement universel, ne suit pas immédiatement ce qu'il a dit de la ruine de Jérusalem ; mais qu'après avoir prédit cette dévastation il passe à une autre prédiction, et annonce les faux christs, les faux prophètes, qui séduiront même les élus, s'il était possible; et il défend de les suivre (385). Ces faux christs, ces faux prophètes, sont tous les chefs de sectes qui s'élèveront dans le cours des siècles, et qui désoleront l'Église. C'est à la suite de cette prophétie que vient celle du jugement dernier qu'on nous objecte. Ainsi ces paroles, aussitôt après, ne signifient pas dans le discours du Sauveur que le jugement dernier arrivera immédiatement après la dévastation de la Judée; le sens est que ce sera après que les hérésies, les schismes , toutes les diverses sectes auront exercé leurs ravages. Dès lors l'objection tombe. Jésus-Christ, dans toute la suite de son discours, prédit divers malheurs qui doivent arriver après lui : 1o Les faux messies qui vont s'élever; 2° les guerres, les famines, les pestes, les tremblements de terre, qui ne tarderont pas à désoler le monde; 5o les persécutions qui bientôt tourmenteront ses disciples; 4° l'abomination de la désolation dans le lieu saint, qui précédera la ruine de Jérusalem ; 5o la destruction de cette ville, de son temple, de la république des Juifs ; 6o les sectes de tout genre qui combattront l'Église jusqu'à la fin des temps; 7o ce qui sera la fin de tout l'ordre actuel, son second avénement pour juger le monde. Ceux qui entendent les paroles objectées dans un sens figuré, disent que l'arrivée du Fils de l'homme annonce le moment où il sera reconnu pour le Messie ; que sa venue dans les nuées signifie sa manifestation universelle, d'une manière miraculeuse, par la réception deson Évangile dans tout le monde. Selon eux, les prophètes, par le soleil, la lune, les étoiles, les forces du ciel, entendent les rois, les princes, les armées. Ils citent plusieurs exemples de semblables métaphores dans les écrits prophétiques, et ils disent que les Juifs, accoutumés à ce langage, le comprenaient parfaitement. Il est clair que dans cette seconde explication il n'y a pas d'objection : Jésus-Christ continuant de parler du même objet dans les deux parties T. II. 8.

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