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Il ne s'agit donc que de comparer leurs narrations aux prédictions: le rapport des unes et des autres est évidemment convaincant.

Nous pouvons encore produire une autre preuve que cette prophétie de notre Seigneur était connue ayant le temps où elle s'est effectuée : c'est la conduite des chrétiens au moment où éclata la guerre entre les Romains et les Juifs. Ils ne restèrent pas dans la Judée, mais ils se retirèrent avec saint Siméon, leur évêque, dans la ville de Pella, au delà du Jourdain, et hors du théâtre des combats, et cela d'après ce que leur avait annoncé leur divin maître , et selon l'ordre qu'il en avait donné (353).

X. Il y a dans les discours de Jésus-Christ sur la ruine de Jérusalem, presque autant de prophéties que de paroles. Pour mettre de l'ordre dans la discussion , présentons d'abord les circonstances qui, selon lui, devaient précéder la destruction de cette ville; nous examinerons ensuite celles qui devaient l'accompagner.

On peut rapporter à cinq chefs principaux les circonstances que Jésus-Christ déclare devoir précéder la ruine des Juifs et en être les avant-coureurs.

10 Il viendra des faux prophètes et des imposteurs (354). S'il eût été commun alors, comme il l'avait été dans le temps des royaumes de Juda et d'Israël, de voir se présenter des faux prophèles, on pourrait prétendre que cette prédiction était de l'ordre naturel : mais depuis la captivité de Pabylone on n'avait pas vu de faux prophètes; comment donc pourrait-on deviner qu'il en surviendrait précisément dans ces temps-là? Il en parut cependant plusieurs, conformément à la prophétie du Seigneur: Simon le magicien (355); Elymas (356); un Egyptien dont il est parlé aux Actes des apôtres et dans l'histoire de Josephe (357); Dosithée (358). On peut joindre à ceux-là Apollonius de Tyane, contemporain du siége de Jérusalem. Et peutêtre y en eut-il encore d'autres dont l'histoire ne fait pas mention.

20 Il y aura des guerres et des combats; la nation s'élèvera contre la nation , le royaume contre le royaume (359). D'après cet oracle, l'empire romain fut troublé par des guerres intestines très-violentes. Tout l'interyalle depuis la mort de Néron jusqu'à la prise de Jérusalem, ne fut qu'une suite de guerres civiles entre Othon, Vitellius et Vespasien. Josephe rapporte aussi des séditions et des révoltes arrivées en divers pays, à Césarée, à Scythopolis, à Ptolémaïde, à Tyr, à Gardare, à Damas, à Alexandrie. 30 Il surviendra des famines, des pestes , des tremblements de terre (360). Et on voit en effet, dans l'intervalle entre la prédiction et l'accomplissement, des malheurs devenus fréquents. Sous l'empire de Claude, il y eut deux famines, dont Dion, Tacite et Suétone parlent avec détail. La Judée n'en fut pas exempte, et Josephe en raconte une (361), qui est, à ce qu'on croit, la même qu'Agabus avait prédite, et dont il est parlé aux Aetes des apôtres (362) et dans Eusebe (363). Suétone rapporte qu'une peste désola la ville de Rome, la onzième année du règne de Néron; et Tacite parle d'une autre qui dévasta la Campanie. Selon Josephe, il y en eut aussi une violente à Jérusalem (364). Quant aux tremblements de terre, Pline, Tacite, Strabon, font mention de beaucoup de villes renversées par ce fléau dans l'Asie, la Sicile, la Calabre, la Campanie, le Pont, la Macédoine, l'Achaïe.

40 A ces fléaux de la terre, Jésus-Christ ajoute des choses épouvantables et des signes qui paraîtront dans le ciel (365). Cette prédiction, qui ne pouvait être faite avec vérité que par le pouvoir suprême, seul capable de la réaliser , s'est accomplie littéralement de même que les autres. Il est impossible d'en douter en voyant l'accord parfait sur ces

faits de deux historiens différents entre eux de préjugés, et opposés au christianisme: ce sont Tacite et Josephe. Ils rapportent qu'avant le siége de Jérusalem on vit des prodiges frappants : des armées parurent se répandre dans les airs; une lumière soudaine au milieu de la nuit environna le temple et l'autel ; les portes du temple, qui étaient d'airain, et que vingt hommes pouvaient à peine remuer , s'ouvrirent d'elles-mêmes; une voix forte sortit du sanctuaire, répétant à plusieurs reprises, Sortons d'ici (366)!

50 Enfin , une autre prédiction du Sauveur est qu'alors, ou, comme le dit saint Luc, avant que les autres maux n'arrivent, les apôtres seront livrés, seront tourmentés, seront mis à mort, seront haïs de toutes les nations à cause de leur maître (367). L'accomplissement fidèle de cette prédiction se voit dans les Actes des apôtres et dans leurs épîtres. Du jour où ils commencent à prêcher la foi , jusqu'à celui où ils la scellent de leur sang, toute leur vie n'est qu'une suite de traverses , de persécutions et de supplices.

Mais ce ne sont pas là tous les fléaux : 'ce n'est, dit Jésus-Christ, que le commencement des douleurs (368). De plus grands malheurs vont fondre sur Jérusalem. Le divin Sauveur les prédit ; il particularise les circonstances de la ruine de cette ville, avec une telle exactitude, que l'historien qui les a racontées dans le plus grand détail paraît n'avoir fait que répéter ce qu'il avait annoncé.

D'abord l'abomination de la désolation, prédile autrefois par Daniel , doit être dans le lieu saint (369). Jésus-Christ, par ces paroles, lie sa prophétie à celle de Daniel, que nous avons rapportée (370). Il montre que le temps est arrivé où elle va s'effectuer. Il est clair que c'est dans la même source que l'un et l'autre ont puisé la connaissance de cette particularité; et comme, soit à l'une soit à l'autre époque, elle était imprévoyable à toute la sagacité humaine, ce ne peut être que de Dieu que, soit Jésus-Christ soit Daniel, l'aient reçue. Nous voyons cette abomination de la desolation dans le lieu saint, ainsi deux fois prédite, effectuée de plusieurs manières, soit par les idoles et les images des faux dieux, qu'y apportèrent les Romains, soit surtout par les meurtres, les sacriléges, les impiétés de tout genre qu'y commirent les Juifs eux-mêmes, et avant et pendant le siége.

Une circonstance annoncée par le Sauveur, est que Jérusalem sera environnée de tranchées (371): ce fut le moyen qu'employa

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