Oldalképek
PDF
ePub

Comment peut-on dire que dans ses souffrances le peuple juif a prié pour les transgresseurs ? Comment peut-on dire que la génération du peuple juif est ineffable ? VII. Une seconde interprétation rapporte le texte d'Isaïe au roi Josias, tué dans une bataille contre les Égyptiens. Mais dans cet autre système, on a encore à résoudre les mêmes difficultés insolubles : Josias n'a pas eu une génération ineffable; il n'est pas mort volontairement; sa mort n'a sauvé personne ; il n'a pas porté les iniquités d'autrui. On ne peut pas même dire que ce prince, qui était très-pieux, ait été pleinement exempt de fautes, puisqu'il s'était engagé dans la guerre, non-seulement sans consulter le Seigneur , | mais contre les avertissements divins. VIII. Enfin , quelques rabbins ont imaginé d'appliquer à Jérémie les oracles de ce chapitre. Dernier subterfuge, aussi peu soutenable que les autres. Jérémie n'a point été mis à mort : il n'a point été par ses souffrances la cause du salut de ses frères ; au contraire, leur cruauté envers lui leur a attiré de grands maux. Il n'a pas souffert sans se plaindre ; on le voit dans plusieurs endroits de sa prophétie. Ses souffrances n'ont point été volontaires. Sa génération est connue, etc.

IX. Ajoutons le dernier trait à notre démonstration, et montrons l'acomplissement exact, entier, parfait, de tout ce qui est prédit au chapitre LIII d'Isaïe, dans la personne de Jésus-Christ. Si , comme nous l'avons plusieurs fois observé, et comme on n'en peut douter , le véritable sens d'une prédiction doit être déterminé par l'événement, quelle prophétie a un sens plus clair, un objet plus nettement déterminé que celle-ci ? Ce n'est pas ici une seule prédiction ; c'est, à raison des différentes circonstances annoncées , un assemblage de prédictions , de prédictions diverses, de prédictions qui semblent même opposées entre elles.Si nous les voyons toutes, sans exception, littéralement accomplies dans une seule personne ; si nous voyons cette personne réunir, concilier dans elle tous ces caractères dont plusieurs au premier coup d'œil paraissent se contredire; ne devonsnous pas être persuadés que c'est cette personne qui en est l'objet?Or, que cela se voie dans Jésus-Christ, c'est un fait tellement évident que le juif Orobio lui-même, quoique très-opposé au christianisme, convient formellement que l'histoire de la mort de Jésus-Christ, tracée par les évangélistes, est la copie exacte du cinquante-troisième chapitre d'Isaïe (268). Pour achever de nous en convaincre, rapprochons des divers versets de ce chapitre ce que l'histoire nous rapporte, ou ce que la foi nous enseigne sur la passion de notre Sauveur (269). Nous y voyons : Son oblation volontaire : il a été offert parce qu'il l'a voulu. (vers. 8). Son innocence personnelle : il n'a point commis d'iniquité. (vers. 9). Son immolation pour nos péchés dont il est chargé : il a été blessé à cause de nos chés, et accablé à cause de nos crimes...... Dieu a placé dans lui l'iniquité de nous tous..... Je l'ai frappé à cause des crimes de mon peuple........ Mon serviteur portera leurs iniquités..... Il a porté les iniquités de · beaucoup d'hommes. (vers. 5, 6, 8, 1 1, 12). Notre salut opéré par sa passion : nous avons été guéris par ses souffrances.... Ce juste, mon serviteur, justifiera beaucoup de personnes. (vers. 5 , 1 1 ). Ses souffrances, ses plaies, ses humiliations : il n'a ni figure ni beauté : nous l'avons vu, et il n'était pas reeonnaissable, et nous l'avons désiré. Il est l'homme méprisé, le dernier des hommes, l'homme de douleurs et chargé d'infirmités. Son visage est comme caché et abattu; et nous n'en avons fait aucune estime..... Nous l'avons regardécomme un lépreux , et comme un homme frappé par Dieu, et humilié. (vers. 2, 3 , 4). La comparaison de lui avec Barrabas et les larrons : il a été rangé parmi les scélérats. (vers. 1 2 ). Son inaltérable douceur : il sera conduit à la mort comme une brebis; et telqu'un agneau il se taira devant celui qui le tond, et il n'ouvrira pas la bouche. (vers. 7 ). Sa prière pour ses bourreaux : il a prié pour les pécheurs. (vers. 1 2 ). Sa mort violente : il a été conduit à la mort comme une brebis...... Il donnera les impies pour le prix de sa sépulture, et le riche pour la récompense de sa mort. (vers. 7, 9). La gloire et la puissance que lui procurera sa passion : parce que son ame a souffert, il verra et sera rassasié....... Pour cela je lui donnerai beaucoup d'hommes en partage : il distribuera les dépouilles des forts : parce qu'il a livré son ame à la mort. (vers. 1 1 , 1 2 ). Est-il possible de réunir plus de traits de conformité entre une prédiction et un événement ? Quand Isaïe aurait écrit depuis la passion de Jésus-Christ, en aurait-il mieux rappelé et les motifs et les diverses circonstances ? Et n'est-ce pas avec raison que saint Jérôme, considérant tout l'ensemble de ses

prophéties, le regarde plutôt comme l'évangéliste que comme le prophète de JésusChrist (27o)? Nous le disons aux incrédules comme aux Juifs : un rapport aussi frappant n'est-il pas bien propre à leur faire ouvrir les yeux ? Ne faut-il pas se les fermer volontairement, pour ne point voir qu'une conformité aussi exacte entre les particularités si multipliées, si variées, si contraires à toutes les idées humaines de la prophétie, et les circonstances les plus minutieuses de la passion, tient à une cause supérieure, et annonce cette prescience suprême qui seule connaît les événements qu'elle seule peut faire éclore ? X. Terminons cet article par une considération relative aux seuls Juifs : flattés des oracles sur la royauté et la gloire du Messie, ils les entendent dans le sens littéral d'une royauté et d'une gloire temporelles; embarrassés des autres prophéties sur les souffrances et les humiliations du Messie, ils prétendent qu'elles doivent être entendues dans un sens métaphorique. Nous , au contraire , nous soutenons que ce sont les prophéties sur les souffrances dont le vrai sens est le sens littéral , et que ce sont celles sur la royauté qui sont allégoriques. C'est là un des points principaux de la controverse entre eux T. II , 7

« ElőzőTovább »