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20 Il est faux que les Juifs aient attendu leur Messie parce qu'ils étaient dans le malbeur et mécontents de leur sort; il leur avait été annoncé dans leurs plus brillantes prospérités; étaient-ils dans l'humiliation au temps de David ?

30 Il est faux que les prophètes n'aient annoncé à la nation juive que le bonheur dont la ferait jouir le Messie. Ils lui ont prédit les événements fàcheux, les souffrances et les humiliations de ce Messie; leur captivité à Babylone; la destruction finale de leur temple, de leur ville et de toute leur république.

Passant ensuite à la première des deux difficultés, je dis qu'il est étonnant qu'on ait osé mettre en avant que les Juifs n'attendaient pas un Messie. Pour produire une idée aussi extraordinaire, il faut, ou n'avoir jamais la l'Ancien Testament, ou imaginer que personne ne le lira. Tous les liyres de la religion judaïque sont pleins de passages qui annoncent cet envoyé divin. Outre les prophéties que nous allons rapporter, il y a une multitude de textes qui y font une allusion manifeste. Et que peuvent répondre nos adversaires aux paraphrases chaldaïques d'Onkelos sur le Pentateuque, de Jonathan et de Jérusalem sur les autres livres ? Les unes sont antérieures, les autres un peu postérieures à Jésus-Christ; et elles appliquent au Messie la plupart des prophéties que nous alléguons. Niera-t-on l'existence de ces paraphrases ? Dira-t-on qu'elles ont changé l'opinion de la nation ? Elles n'ont pu faire ces applications, que parce que toute la nation les faisait. Nous aurons occasion de prouver, par des autorités profanes et sacrées, par l'Évangile, par les Juifs, par les auteurs païens , qu'à l'époque de l'ère chrétienne l'attente du Messie était trèsvive, et qu'il était espéré très-prochainement. Mais Philon n'en a pas parlé. Et depuis quand le silence d'un écrivain est-il un argument contre le témoignage formel des autres ? il ne confirme point les paraphrases , mais il ne les contredit pas non plus : au reste , le motif de ce silence n'est pas difficile à apercevoir. Le Messie, dans les idées des Juifs, devait être un roi triomphateur qui les délivrerait du joug étranger. Il est tout simple que Philon ait craint de donner de l'ombrage aux Romains. Il a dû d'autant plus, dans cette position, s'abstenir de parler du Messie, qu'il écrivait pour défendre sa nation contre les imputations de ses ennemis qui l'accusaient d'un esprit de révolte. Josephe, ajoute-t-on, n'en a pas parlé non plus. L'assertion, fût-elle vraie, ne prou

verait encore rien. Josephe aurait pu avoir le même motif que Philon pour garder le silence; mais le fait n'est pas exact. Nous aurons occasion de voir que Josephe parle tellement du Messie , qu'il rappelle une des prophéties qu'en fait Daniel ; et nous voyons aussi qu'il applique à Vespasien les oracles relatifs à cet envoyé céleste (114).

Après avoir résolu les difficultés générales qu'opposent les incrédules de nos jours aux prophéties de l'Ancien Testament, il est temps de passer à l'examen de chacune de celles qui concernent le Messie et l'établissement de sa religion : comme elles sont trèsnombreuses et très-variées, et qu'elles annoncent un grand nombre de caractères dif. férents du Messie, nous les diviserons en plusieurs classes, dont chacune fera l'objet d'un article séparé.

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I. Nous lisons au troisième chapitre de la Genèse , qu'Adam et Ève ayant péché, Dieu leur déclara les peines que leur faute allait faire tomber sur eux et sur leur postérité. En même temps, s'adressant au serpent qui avait attiré Ève dans le crime : je mettrai, dit-il, une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne; elle te brisera la tête, et tu tendrąs des embûches à son talon (15).

J'ai déjà observé que cette prophétie est très-obscure; et si elle était seule, je conviens qu'elle ne formerait pas une démonstration positive de la divine mission de Jésus-Christ. Je crois cependant devoir la pro

duire, parce qu'elle est la première de toutes, et qu'elle s'unit avec les suivantes. Elle forme, comme je l'ai déjà observé, le premier anneau de la chaîne des prophéties qui unissent Jésus-Christ à l'origine du monde, et le réparateur des péchés au premier péché. Les prédictions postérieures éclaircissent ce que celle-ci a d'obscur, et celle-ci prépare aux subsequentes.

II. Pour fonder la croyance qu'il s'agit ici du Messie, nous avons, outre la suite de prophéties que nous aurons occasion de rapporter, l'opinion des Juifs anciens, démontrée, soit par Huet qui rapporte plusieurs de leurs passages (116), soit par les paraphrases chaldaïques, spécialement par celles de Jonathan et de Jérusalem (117). Les juifs modernes se sont écartés de la tradition de leurs ancêtres; ils veulent que ce passage soit pris dans son sens littéral, et signifie la haine des hommes contre les serpents: mais de bonne foi, est-ce là un objet digne que Dieu rende un oracle? Il est évident, par le sens ridicule qu'aurait le texte pris à la lettre, qu'il doit être entendu dans un sens métaphorique. L'intention de Dieu est clairement celle qu'indiquent les paraphrases ; c'est en punissant Adam et Eve, de ne pas leur ôter tout espoir, et de leur présenter une conso

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