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cob à Juda, prend un caractère plus positif encore : elle indique l'époque où celui qui est l'attente des nations, sera donné au monde; viennent les prédictions faites à David, que ce sera de lui que descendra ce grand personnage. La race dont il doit sortir déterminée, il s'agit de particulariser les traits auxquels on devra le reconnaître. C'est ce que font tous les autres prophètes qui marquent des caractères tellement distincts, qu'il faut s'aveugler pour s'y méprendre. Deux choses entraient dans les vues de la sagesse suprême. La première, qu'il y eût une espérance quelconque du Messie : elle y a pourvu dès le moment où le péché de l'homme a rendu le réparateur nécessaire, par une première promesse pas très-claire, mais suffisante pour cet objet. La seconde, qu'au moment où ce libérateur du genre humain arriverait, il fût tellement signalé, que les hommes vertueux et de bonne foi, pussent facilement le reconnaître. Il n'était pas nécessaire aux premiers Pères de connaître les signes précis d'un Messie qu'ils ne devaient pas voir ; mais la connaissance de ces signes était indispensable à ceux qui devaient être témoins de sa venue : c'est cette connaissance détaillée qu'a donnée la suite des oracles rendus et recueillis dans le cours des siècles. Ce que les premières promesses avaient d'obscur a été éclairci, d'abord par la succession des prédictions subséquentes et plus détaillées, et ensuite porté au plus haut degré de clarté, par l'accomplissement entier et littéral de toutes ces prophéties, jusque dans leurs moindres détails, en la personne de JésusChrist. Nous le disons donc avec confiance : pour qu'une prophétie soit jugée authentique et certaine, il n'est pas nécessaire qu'elle soit conçue dans les termes les plus clairs; il suffit qu'elle ait un degré de clarté tel que l'événement arrivant résolve tout ce qui pouvait faire quelque difficulté dans les expressions. Ce qui est vrai d'une seule prophétie, est bien plus évident encore d'une suite, d'une multiplicité de prophéties qui n'ont pas toutes le même degré de clarté, mais dont quelques-unes sont très-positives et sans aucune obscurité, comme nous le " verrons en les examinant en détail (1o5). XXII. « Mais, poursuivent nos adver« saires, si ces prophéties qu'on allègue en « faveur de la religion, annonçaient aussi « évidemment Jésus-Christ, comment se « fait-il que les Juifs qui attendaient si im« patiemment le Messie, qui étaient si at« tentifs à observer ses caractères distinctifs, « ne l'aient pas reconnu; qu'ils l'aient au

« contraire persécuté et fait périr du der« nier supplice comme un imposteur ? La « dénégation constante des Juifs, depuis dix« huit siècles, a bien un autre poids que « l'assertion des chrétiens; ils doivent bien « mieux connaître qu'eux le sens de leurs « prophéties; d'abord, parce que c'est dans « leur langue qu'elles sont écrites ; ensuite « parce qu'ils ont, à ce sujet, une tradition « de doctrine non interrompue. » Pour répondre à cette difficulté, il faut commencer par distinguer les Juifs anciens et les Juifs modernes. Nous avons déjà remarqué entre les uns et les autres, une grande opposition au sujet des prophéties. Ceux-là entendaient du Messie, les prophéties (1 o6) que ceux-ci appliquent à d'autres objets. Nous sommes d'accord avec les anciens docteurs Juifs, sur l'application de ces prophéties au Messie. La question entre eux et nous, se réduit à savoir si ces prédictions du Messie ont été accomplies en Jésus-Christ. XXIII. Mais pourquoi donc les Juifs ne l'y ont-ils pas reconnu ? Pourquoi , s'il y est si clairement annoncé, l'ont-ils rejeté ? J'ai déjà répondu à la même objection, en traitant des miracles (1 o7). Je ne crois pas nécessaire de répéter ici ce que j'ai dit; mais il n'est pas absolument inutile de le rappeler. 1o L'obstination des Juifs à ne pas reconnaître Jésus-Christ, confirme les prophéties au lieu de les combattre, parce qu'elle était elle-même un des objets des prophéties. Cette partie des oracles divins n'aurait pas été accomplie, si le peuple juif avait reconnu son Messie. 2o Beaucoup de causes ont concouru à empêcher les Juifs de reconnaître J.-C. pour le libérateur qu'ils attendaient : leurs préjugés sur l'état glorieux du Messie; leur respect pour l'autorité de leurs docteurs; leur crainte des chefs de la synagogue, ennemis de Jésus-Christ; leurs passions qu'il aurait fallu soumettre à une loi austère. 3o Malgré ces obstacles, beaucoup de Juifs se sont convertis à la foi chrétienne, et leur autorité est d'un poids bien plus considérable que celle des Juifs restés dans leur ancienne croyance. Si l'on ne peut pas, avec fondement, nous opposer le refus des Juifs anciens, de reconnaître l'accomplissement des prophéties dans le divin Fondateur de notre religion, on est | encore beaucoup moins fondé à nous objecter la résistance des Juifs modernes. On dit que les livres prophétiques sont écrits dans leur langue; mais maintenant elle n'est pas plus leur langue que la nôtre; elle est pour eux, comme pour nous, une langue morte , et nous possédons de même qu'eux, les livres où elle est employée. Dira-t-on que les Italiens, parce qu'ils ont succédé aux anciens Romains, sont plus savants dans la langue latine que les autres peuples ? Que l'on cite, comme possédants à fonds la langue hébraïque, les rabbins du temps de Jésus-Christ, on dira une chose raisonnable. Quoique leur langage fût alors mêlé de chaldaïque et de syriaque, il avait conservé une grande affinité avec l'ancienne langue hébraïque. Ils en avaient reconnu beaucoup de mots, et leur langage usuel, à cette époque, ne différait pas absolument de celui des prophètes. Ils connaissaient beaucoup mieux que les rabbins actuels , la valeur des expressions prophétiques. Leur témoignage, contraire à celui de leurs successeurs, le détruit donc entièrement. On prétend que les Juifs actuels ont conservé, sur l'interprétation des prophéties, une tradition non interrompue. La preuve de la fausseté de cette assertion est encore la différence de leur prétendue tradition, avec la doctrine de leurs pères. Ce n'est pas de leurs pères qu'ils la tiennent, puisqu'ils interprètent les prophéties autrement qu'eux. Nous avons déjà remarqué la source d'où elle vient; c'est de l'intérêt du

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