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core augmentée par la manière dont s'exprimaient les prophètes. Indépendamment des métaphores, des allégories, des paraboles dont nous avons eu occasion de parler, on voit dans leurs discours une confusion qui tient au langage poétique dont ils se servaient, et aux mouvements dont l'Esprit divin les animait: cette confusion se remarque principalement en quatre choses. 10 Ils meltent très-souvent au passé ou au présent les choses futures qu'ils annoncent (100): ce qui fait, qu'à moins d'une sérieuse attention, on peut prendre plusieurs de leurs prédictions pour des narrations. 20 On voit dans plusieurs prophéties des changements de personnes qui parlent : tantôt c'est en leur propre nom qu'ils s'énoncent, tantôt Dieu luimême prend la parole; plus loin c'est le peuple qui élève la voix, et ces variations se trouvent quelquefois dans le même discours (101): 30. Ils ne suivent pas toujours l'ordre des temps; souvent ils l'intervertissent; commençant par énoncer les événements postérieurs, et mellant ensuite ceux qui doivent précéder (102). 4° Ils passent fréquemment d'une chose et d'une personne, à une chose et à une personne différente (103), en sorte qu'il faut du soin pour démêler ce qui appartient à l'un et à l'autre objet.

XX. D'après ces causes d'obscurité dans les prophéties, il n'est pas étonnant que la difficulté de les expliquer parfaitement ait

fait naître des différences d'opinion et des · disputes parmi leurs interprètes. Mais a

t-on droit de nous les objecter ? D'abord il est impossible qu'il n'en existe pas entre les chrétiens et les Juifs, puisque les chrétiens tirent de ces prophètes la preuve que JésusChrist est le Messie; et que les Juifs, toujours attachés à l'attente d'un Messie futur, le nient opiniatrément. Pour persévérer dans leur doctrine, et pour répondre tant bien que mal à cette preuve, il leur est nécessaire de donner aux prédictions de leur loi , un sens différent du nôtre. Il y a aussi des oppositions entre les diverses interprétations données par les Juifs : mais ces oppositions sont entre les Juifs anciens et les modernes. Leurs docteurs antérieurs à Jésus-Christ, ou qui vivaient à-peu-près de son temps, appliquaient sans difficulté au Messie , les prophéties que nous montrons réalisées en Jésus-Christ. Les rabbins venus depuis, sentant l'avantage que la religion chrétienne retirait de l'accomplissement de ces prédictions, ont voulu les détourner à d'autres objets. Comment peut-on nous objecter ces différences dans leurs interprélations ? N'est-il

pas clair, au contraire, comme nous l'avons déjà remarqué, que les Juifs ne peuvent soutenir leur système, sans contredire la foi de leurs pères ; que par conséquent, le changement survenu à cet égard dans la doctrine de la synagogue, milite en notre faveur, et que c'est l'intérêt de la cause judaïque qui l'a produit ? C'est nous qui argumentons avec une force victorieuse contre les rabbins actuels, des aveux de leurs anciens bien plus instruits qu'eux; qui leur montrons la défection de la doctrine constamment enseignée dans leur religion, jusqu'au temps où il a été utile au soutien de leur religion, d'en changer ; nous faisons voir, et la variation, premier caractère de l'erreur , et l'intérêt de la variation qui achève de prouver l'erreur.-En nous opposant ces variations de la synagogue, on nous objecte précisément ce qui fait une de nos preuves.

Il y a aussi parmi les chrétiens, des différences sur la manière d'expliquer quelques prophéties ; mais il faut examiner quelles sont ces différences : elles ne portent point sur le fond des prophéties. Tous les théologiens, tous les interprètes sont d'accord que les diverses prédictions que nous rapportons, sont relatives au Messie; se sont pleinement accomplies en Jésus-Christ , et démontrent

clairement qu'il est l'envoyé de Dieu. S'il y en a quelques-uns qui, sur quelques-unes de ces prophéties , s'écartent de l'enseignement général, et donnent une explication différente, ils sont en si petit nombre, qu'ils n'empêchent point l'unanimité morale. Sur quoi donc portent les disputes entre les docteurs chrétiens ? Sur quelques points de critique, incidents et absolument indifférents à la question principale. Par exemple, tous convenant que la prophétie de Jacob à Juda, que celle de Daniel sur les soixante-dix semaines , prouvent que le Messie est venu , et que le Messie est Jésus-Christ ; tous ne sont pas d'accord sur le temps où le sceptre est entré dans la Tribu de Juda, et en est sorti; sur l'époque où ont dû commencer les soixante-dix semaines. Je demande à tout homme raisonnable, même à tout incrédule, en quoi les disputes sur ces questions particulières , affaiblissent l'autorité des prophéties, et énervent la preuve qui en résulle ?

XXI. Reprenons maintenant le principe de l'objection : Dieu, dit-on, daignant manifester aux hommes une vérité importante, doit lui donner un tel degré de clarté, qu'ils ne puissent la méconnaître. Sur cela, Bergier demande jusqu'à quel point des prophéties doivent être claires, pour être censées authentiques. Et j'ajoute que je ne vois pas pourquoi Dieu est tenu de donner aux vérités qu'il révèle, toute la clarté possible: que, lorsqu'il dicte des lois qui doivent être strictement observées, il les fasse connaître sans aucune obscurité, cela est naturel; et nous voyons les prophètes s'exprimer ainsi quand ils prêchent quelque point de la morale sainte (104). Mais la promesse du Messie était d'un genre différent; il suffisait que le degré de clarté fut proportionné au degré de croyance exigé. Dieu n'exigeait pas que dès le commencement du monde, les hommes connussent et crussent distinctement et positivement tout ce qui avait rapport au libérateur qu'il promettait. Il entrait dans les vues de sa providence, que la foi et les espérances des hommes dans leur libérateur, devinssent plus claires et plus détaillées à mesure que le temps de sa venue approcherait. Dans le premier âge, il suffisait à ses intentions que l'homme fût consolé dans les calamités, suite du péché originel, par l'espoir d'un réparateur. Ainsi, la première prophétie qui en est faite à Adam, est assez obscure. Les promesses adressées à Abraham, à Isaac et à Jacob, sont beaucoup plus claires; elles annoncent que d'eux naîtra celui dans qui toutes les nations seront bénies. La prophélie de Ja

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