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la prophétie à l'événement: on ne peut pas avec fondement nous opposer leur division sur quelques incidents indifférents au fond de la question.

Le premier caractère convient donc parfaitement à Jésus-Christ, et il ne convient qu'à lui. Quel autre personnage est mort à la même époque, que l'on puisse croire le Messie promis aux Juifs, et qui en présente même les plus légers traits (170)?

En second lieu, le nom de Christ absolument et sans addition, a été constamment donné à notre Jésus ; et c'est encore un caractère qui ne convient qu'à lui : jamais ce nom n'a été donné à un autre (171). C'est parce qu'il a été uniquement et universellement connu sous cette dénomination , que ceux de sa religion ont été appelés chrétiens: et ce n'est pas seulement par eux, c'est aussi par ses ennemis qu'il a été appelé ainsi. Nous avons vu Josephe, rapportant le martyre de St. Jacques, dire qu'il était frère de Jésus comme Christ (172); et Tacite, parlant des chrétiens tourmentés sous Néron, dire que l'auteur de ce nom est Christ qui, sous l'empire de Tibère, fut condamné au supplice par le gouverneur Ponce-Pilate (173).

En troisième lieu , ce Saint des saints, ce Christ, non-seulement doit mourir, mais

doit être tué; et, selon la force du mot hébreu , supplicié par une sentence juridique au bout des soixante-dix semaines. C'est encore un caractère qui convient à Jésus-Christ condamné à mort et crucifié, et qui ne convient qu'à lui. On ne voit aucun autre personnage susceptible des titres donnés par Daniel, qui , à celte époque, ait subi une peine capitale.

En quatrième lieu, il est dit dans la prophétie, selon la Vulgate, que le peuple de ce personnage qui l'aura renié, cessera d'être un peuple, ou , si on veut, cessera d'être son peuple. Non erit populus ejus qui eum negaturus est. Dans l'hébreu, le sens est absolument différent. Ce texte est, que ce ne sera pas à cause de lui-même qu'il sera mis à mort : et non ei. Que l'on admette de ces deux significations celle que l'on voudra , elle conviendra parfaitement à Jésus-Christ : si on s'en tient à la première, il est certain que le peuple juif a renié notre Sauveur. Nous reconnaissons que, de ce moment, il a cessé d'être le peuple de Dieu , très-peu de temps après, il a même cessé tout-à-fait d'être un peuple. Si on aime mieux s'attacher au sens du texte hébreu , c'est un des points principaux de notre religion, que ce n'est pas à raison de ses propres fautes que JésusChrist a été mis en croix : Isaïe l'avait prédit, comme nous le verrons (174); et les apôtres font de cette vérité le fondement de la religion qu'ils prêchent (175); et JésusChrist lui-même, dans le cours de sa carrière, avait déclaré que c'était là l'objet de sa mission , et qu'il était venu sur la terre, afin de donner sa vie pour la rédemption des hommes (176). Ainsi, ce caractère donné par Daniel au personnage qu'il annonce, se trouve aussi réalisé en Jésus-Christ, quel que soit le sens qu'on y attache; il n'est, de même que les autres, applicable qu'à lui. Que l'on cherche un autre personnage de qui l'on ait dit de même, qu'il est mort pour les péchés des autres hommes, ou de qui l'on puisse dire que son peuple a cessé d'être après l'avoir renié.

En cinquième lieu , l'Ange dit à Daniel que, dans la dernière des semaines, un nouveau pacte doit être confirmé. Par le pacte ou l'alliance, les Juifs entendaient une loi donnée par le Seigneur , à laquelle on s’engageait d'obtempérer : c'était ainsi qu'ils appelaient la loi que Dieu leur avait donnée par Moïse. Il est évident, 1° que Jésus-Christ a apporté au monde une nouvelle loi qui est appelée la nouvelle alliance. 20 Que c'est dans la dernière des soixante-dix semaines qu'il l'a donnée; car sa prédication a précédé immédiatement sa mort, et n'a duré qu'un peu plus de trois ans. 3. Qu'il n'y a que lui qui ait donné, à celle époque, une loi nouvelle.

En sixième lieu, à celte époque le péché doit avoir sa fin, l'iniquité être détruite , ou , selon l'hébreu , être expiée, et la justice élernelle amenée sur la terre. Jésus-Christ a encore accompli cet oracle de Daniel, non pas, à la vérité, en ce sens qu'il ait rendu le genre humain impeccable et nécessairement vertueux: il n'est point venu ôter la liberté, source des mérites , mais il a expié par sa mort le péché originel et les autres. Il a donné les moyens de s'en préserver et de les réparer, en instituant des sacrements qui opèrent ces heureux ellets. La justice éternelle a été amenée; d'abord, en ce qu'il est venu, lui qui est essentiellement cette justice; ensuite , parce qu'il a publié cette loi sublime, dont aucune autre n'approchera jamais , et qui élève ceux qui la pratiquent, au plus haut degré de sainteté et de perfection. A quel autre personnage, soit à cette époque, soit à toute autre, ce caractère pourrait-il être, je ne dis pas mieux, mais pareillement appliqué ?

En septième lieu, les sacrifices et les vic

times devaient cesser alors. Il est notoire que, depuis ce temps, les Juifs n'offrent plus aucun sacrifice, n'immolent plus aucune victime. Outre ce sens littéral et naturel, nous en reconnaissons, dans cette partie de la prophétie, un autre qui est mystique. C'est que le sacrifice de Jésus-Christ sur la croix, étant le premier de la nouvelle alliance, a été le dernier de l'ancienne; et que toules les victimes qu'on a continué d'offrir dans le temple pendant quelques années et jusqu'à sa destruction, ont été nulles devant Dieu. De ces deux sens, nous opposons le premier aux Juifs et aux incrédules, pour leur conviction ; nous présentons le second aux fidèles pour leur édification.

En huitième lieu, à la fin des soixantedix semaines, les visions et les prophéties devaient être accomplies selon la Vulgate : elle diffère encore, en ce point, du texte hébreu qui porte qu'alors elles devaient être scellées ou terminées. Or, nous disons encore: quel que soit celui de ces deux sens qu'on veuille adopler, il convient également à Jésus - Christ. Dans lui , toutes les prophéties judaïques ont été accomplies ; à lui, toules ont cessé (177). Ce second point est évident; les rabbins eux-mêmes en conviennent; ils ne peuvent prétendre que, depuis cette épo

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