Oldalképek
PDF
ePub

gue suite de siècles, lorsqu'une langue est devenue morte , venir contredire ceux à qui elle était familière ? Que dirait-on d'un pédant de collége, qui disputerait à Cicéron et aux autres auteurs romains , la signification d'un mot latin?

20 En voulant interpréter le mot schebet dans un sens différent de celui qu'y attachaient leurs anciens, les rabbins modernes devraient prouver par des exemples , que ce mot est susceptible de la signification qu'ils lui donnent; mais, au lieu de cela , nous voyons le mot schebet, toutes les fois qu'il est employé seul et sans addition, signifier le sceptre ou le bâton de commandement. Quand il s'agit d'une verge de correction, c'est ordinairement le mot motteh qui est employé; ou, si c'est le mot schebet qui est placé, c'est toujours avec quelqu'addition qui exprime l'usage sévère de la verge. Ainsi, il est dit quelquefois: la verge de fer, la verge de colère, visiter dans la verge.

30 En supposant, contre la vérité, que le mot schebet est susceptible des deux sens, son sens véritable dans le texte dont il s'agit, doit être déterminé par ce qui précède et ce qui suit. Or, dans toute cette prophétie, Jacob ne prédit à son fils que des prospérités; il ne parle que de sa force , de ses victoires, de la fertilité de son pays; il lui dit nonseulement que la verge, mais aussi que le chef ne cessera d'être dans sa race : le second membre de la phrase suffirait pour fixer le sens du premier. Il est absurde de supposer que la même phrase réunisse deux choses contradictoires : l'annonce d'une suite d'humiliations, et la promesse d'une continuité du pouvoir souverain.

IX. « Quelques autres rabbins nous op« posent deux autres misérables difficultés : « les uns disent que le mot hébreu Atki, est « mal rendu par le mot jusqu'à ce que , et « qu'il signifie après que. Tel est, selon ceux« là, le sens du discours : le sceptre ne sortiu ra plus de Juda après la venue du Messie. « Les autres prétendent que cette promesse a de Jacob à Juda est conditionnelle; que « son accomplissement devait dépendre de « la fidélité des Juifs à la loi de Dieu , et « que leurs péchés ont empêché la venue du « Messie. » Pour réfuter la première de ces allégations , il suffit de renvoyer les Juifs modernes à leurs anciens qui connaissaient mieux qu'eux leur langue: il n'y en a pas un qui ait entendu comme eux le mot Atki; il n'y a pas une version, pas une paraphrase qui ne l'ait interprété comme la Vulgate. Quant à la seconde de ces explications, elle

est absolument gratuile; il n'y a rien dans le sens qui la favorise; elle est de plus, contraire au sens donné par tous les anciens à cette prophétie; elle forme même une disparate avec tout le reste du discours. Dirat-on que toutes les autres prédictions de Jacob à ses enfants, que celle même faite à Juda, dont la phrase en question fait partie, sont faites sous condition ? Ou soutiendrat-on que, dans un même discours suivi et formant un seul contexte, une seule partie est conditionnelle, tandis que tout le reste est absolu sans que rien annonce cette différence; et où en serait-on sur l'intelligence des discours les plus clairs, avec cette licence de les détourner ainsi de leur sens littéral, sans autre fondement que l'intérêt qu'on y a?

Il est donc certain que, par son discours à Juda, Jacob promet la venue d'un envoyé céleste ; qu'il donne à cet envoyé le même caractère que Dieu avait assigné dans les promesses qu'il avait faites aux patriarches; et qu'il fixe le temps de sa venue à celui où la nation descendue de Juda , cesserait de posséder l'autorité suprême et des chefs sortis d'elle-même. Il nous reste à examiner si celle prédiction a été accomplie en Jésus-Christ.

X. D'abord, il est évident que Jésus-Christ s'est donné pour un envoyé de Dieu; ce qui est, comme nous l'avons yu, le premier caractère indiqué par Jacob. Sur ce point il ne peut y avoir et il n'y a pas de difficulté : nos adversaires, soit Juifs, soit incrédules, ne le contestent pas.

Ensuite, il est également certain qu'il a accompli la seconde partie de la prophétie. En traitant des promesses faites aux patriarches, nous avons montré que toutes les nations avaient été bénies en lui, puisqu'elles étaient venues se réunir dans sa religion : ' c'est ici la même chose. Quelle que soit celle des versions que l'on veuille adopter, on verra qu'elles s'appliquent toutes à JésusChrist : toutes les nations lui ont obéi, comme portent le texte hébreu et les paraphrases ; toutes se sont réunies autour de lui, comme disent le samaritain et l'arabe; il a été l'attente de toutes , selon notre Vulgate et le syriaque.

« Sur cette dernière expression, quelques « ennemis de la religion eurent une diffi« culté: comment, disent-ils, le Messie pou« vait-il être l'attente des nations, puisqu'elles « n'en avaient pas la connaissance?» Je pourrais observer , que si la Vulgate présentait ici quelqu'inexactilude, elle serait facilement corrigée en la rapprochant du texte original et des autres traductions, dont les termes ex

priment plus positivement la soumission de tous les peuples au personnage annoncé. Mais d'ailleurs, pour justifier, soit dans cette prophétie,soit dans les autres,ces expressions: l'attente des nations, le désiré des nations, ou d'autres semblables, il n'est pas nécessaire que les nations fussent actuellement dans le désir, dans l'espoir, dans l'attente ; il suffit que le personnage destiné à faire leur bonheur dut être l'objet de leurs désirs et de leur attente.

Enfin, Jésus-Christ présente dans sa personne le troisième caractère attribué par Jacob à l'envoyé divin qu'il annonce. Il est arrivé au temps où le sceptre sortait de Juda qui cessait d'avoir un chef tiré de son sein. Depuis lui , non-seulement cette tribu n'a plus de souverain, de chef; elle ne forme plus même un élat, une république (132). C'est contre ce dernier point que porte l'opposition des ennemis du christianisme : il est donc nécessaire de l'éclaircir et de le prouver.

XI. « La tribu de Juda, disent-ils, n'a « donné des chefs au peuple hébreu que pen« dant le gouvernement d'un ou de deux jua ges, et depuis David jusqu'à la captivité « de Babylone. Encore il faut observer que, « depuis Roboam, les rois de la tribu de

« ElőzőTovább »