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lation dans un de leurs descendants qui les vengera du serpent.

III. Ce qui achève de montrer que tel est le vrai sens de la prédiction dont il s'agit, c'est que, prise en ce sens, elle est exactement et pleinement accomplie dans la personne de Jésus-Christ. Ce que Dieu annonçait, il l'a opéré ; il a écrasé la tête du serpent, c'est-à-dire la puissance du démon, en retirant le genre humain de la servitude.

S 11.

· Promesses faites aux patriarches.

I. Nous lisons au livre de la Genèse plusieurs prédictions importantes faites aux trois patriarches, pères de la nation juive. Dans diverses occasions, Dieu revèle à Abraham les destinées de sa postérité. Il lui prédit que ses descendants seront voyageurs dans une terre étrangère ; qu'ils y seront réduits en servitude, et affligés de maux pendant quatre cents ans; mais, qu'après ce temps, il jugera le peuple oppresseur et fera sortir de ce pays les descendants d'Abraham chargés de richesses (118). D'abord, après la mort de Tharé, il lui ordonne de quitter la Mésopo

tamie, et de venir dans la terre qu'il lui montrera. Il lui annonce qu'il le fera père d'une grande nation ; qu'il le bénira et rendra son nom glorieux ; qu'il bénira ceux qui le béniront , et maudira ceux qui le maudiront; et enfin, que dans lui seront bénies toutes les nations de la terre (ug). Après la grande obéissance qu’Abraham lui a témoignée en se disposant à lui sacrifier son fils unique, il lui renouvelle la même promesse dans des termes plus positifs encore, el lui dit que, puisqu'il a obéi aussi ponctuellement à sa voix, il le bénira ; qu'il multipliera ses descendants comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer; qu'il leur donnera la possession des biens de leurs ennemis; et que dans sa postérité seront bénies toutes les nations de la terre (120). Dieu renouvelle les mêmes promesses avec des expressions semblables , spécialement celle que loutes les nations seront bénies dans leur race, d'abord à Isaac, et ensuite à Jacob; les assurant de plus qu'il donnera à leurs descendants la terre où ils se trouvent, qui est la terre de Chanaan (121).

Il faut distinguer dans ces prophéties deux parties : la première a rapport au peuple qui doit sortir d'Abraliam, d'Isaac et de Jacob; elle annonce la prodigieuse multiplication

de ce peuple et de ses prospérités. La seconde est relative à tous les peuples ; elle annonce qu'ils seront tous bénis par le moyen de la postérité de ces patriarches (122). Sur cela j'avance trois propositions : d'abord, ce sont là de vraies prophéties; ensuite, la seconde partie de ces prophéties a pour objet d'annoncer un envoyé de Dieu; enfin, cette seconde partie s'est accomplie en Jésus-Christ.

II. Si , comme nous l'avons montré, et comme il est impossible d'en douter, le caractère le plus certain qu'une prédiction vient véritablement de Dieu , est son accomplissement exact qui n'ait pu ni être prévu par des causes naturelles, ni deviné au hasard, il est évident que ce sont ici des oracles divins. Que la première partie de ces promesses, relative aux descendants des patriarches, ait été accomplie exactement et dans toutes ses circonstances, c'est un fait qu'établit l'histoire entière du peuple hébreu : mais il est également évident qu'au temps des prédictions, ces faits , avec leurs circonstances , ne pouvaient ni être naturellement prévus, ni être fortuitement devinés. Lorsque la famille des patriarches était réduite à leurs seules personnes, quelle cause naturelle pouvait faire prévoir qu'elle deviendrait un peuple nombreux , d'abord réduit en servitude dans une terre étrangère, et affligé de divers maux pendant quatre cents ans ; après ce terme, retiré de là par une force divine, devenu opulent, victorieux, et s'établissant par la force de ses armes dans le pays de Chanaan. Il faudrait être insensé pour imaginer, ou que la prévoyance humaine eût pu s'étendre jusquelà, ou que le hasard eût rapproché un aussi grand nombre de combinaisons diverses si difficiles à réunir, et les eût fait cadrer dans une justesse parfaite avec les prédictions. Celui-là seul qui avait la puissance de faire éclore tous ces événements, a pu en avoir la prévision. Mais, si cette première partie des promesses est une prophétie divine, la seconde qui a pour objet toutes les nations et leur bénédiction dans la postérité des patriarches , l'est évidemment aussi ; les deux ne forment qu'un seul contexte. Si l'une est émanée de Dieu, l'autre l'est pareillement; la véracité divine est également intéressée à la réalisation de toutes ces promesses , et la foi que l'on doit à celle-là, entraîne, par une conséquence nécessaire, la ferme croyance à celle-ci.

III. Notre première proposition établie, et ce premier point prouvé, que c'est un oracle diyin qui a promis successivement à Abraham, à Isaac, à Jacob, que dans leur postérité seraient bénies toutes les nations, il s'élève une seconde question: Que doit-on entendre par ce mot : leur postérité? In semine tuo. Est-ce la totalité des descendants de ces patriarches ? Est-ce quelqu'individu du nombre de ces descendants ? Il est clair que, dans le second cas, c'est un envoyé de Dieu qui est annoncé. Quel autre que Dieu, ou celui qui en a reçu de lui la puissance, peut répandre des bénédictions, et les répandre sur tout le genre humain ? Or, nous ayons, pour croire qu'il s'agit ici, non de la totalité des Israélites , mais d'un particulier, le consentement de tous les Juifs anciens qui appliquaient cette prophétie au Messie (123). Quel genre de bénédictions d'ailleurs, les Juifs ont-ils répandu sur les nations ? Quelles sont celles qu'ils veulent y répandre? Leur espérance est au contraire que leur Messie sera un prince belliqueux, triomphateur, qui détruira et qui leur assujétira tous les royaumes. S'il peut y avoir quelqu'incertitude entre l'un et l'autre sens, il y a, comme nous l'avons dit, deux moyens de l'éclaircir : d'abord les autres prophéties qui se servent mutuellement de commentaire, et dont les unes expliquent ce qui peut rester d'obscurité dans les autres ,

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