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Il ne possède pas en propre la plus petite portion du temps, et l'éternité lui appartient. Sa pensée se perd dans un atome, et franchit l'univers. Le plus chétif objet assouvit son amour que le seul être infini peut rassasier. Nul désordre assez profond, nul ordre assez parfait pour lui. Le crime l'attire, et la vertu est l'immortel ravissement de son cœur. Ses désirs regar-, dent le fond de l'abime, et s'élancent dans les cieux. Quelquefois on diroit un transfuge du néant, et quelquefois un dieu égaré.

Interrogez la philosophie, pressez-la de vous rendre raison de ces contrastes ; elle est muette. La religion nous en montre la source ; elle nous apprend ce que nous sommes, ce que nous fûmes originairement, ce que nous pouvons devenir encore en obéissant à ses lois. Croire, espérer, aimer, voilà ce qu'elle ordonne; et l'amour, l'espérance, la foi, nous remettent en possession de tout ce que nous avions perdu, l’immuable vérité et le souverain bien. Venez donc et goûtez combien le Seigneur est doux (1). Détrompez-vous du monde, de ses menteuses promesses, de ses funestes illusions : ce qui vous séduit va disparoître. Malheur à qui renferme son court espoir dans cette vie si triste, qui lui demande ce qu'elle ne peut donner ! Nous n'avons point ici de demeure permanente , mais nous cherchons une autre cité (2). Comme , au milieu d'une

(1) Videte el gustate quoniam suavis est Dominus. Ps., XXXIII, 9.

(2) Non habemus hic manentem civitatem, sed futuram inquirimus. Ep. ad liebr., XIII, 14. TOME 4.

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tempête, on aperçoit l'ombre d'un léger nuage qui passe rapidement sur des flots troublés , ainsi

passe l'homme sur la terre : ailleurs est le lieu de son repos.

FIN DU TOME QUATRIÈME.

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