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ports. « Ceux qui violent les lois données par les dieux » sont justement punis (1), » dit Socrate. Et saint Paul : « Si la loi qui a été annoncée par les anges (2) » est demeurée ferme, et si tous les violemens (de ses » préceptes) et toutes les désobéissances ont reçu la » juste punition qui leur étoit due, comment pour» rons-nous l'éviter, si nous négligeons (l'Évangile) » du véritable salut (3)? » Il nous paroît difficile de ne pas voir dans ces deux passages un fonds commun de vérités dérivées d'une même tradition.

Ce n'étoient pas seulement les philosophes qui attestoient l'existence de la loi divine, immuable, donnée aux hommes dès le commencement: les anciens poètes la rappeloient au peuple (4), qui n'en perdit jamais le

(1) Δίκη δέ τοι διδόασιν οι παραβαίνοντες τους υπό των θεών κειμενους vojous. Xenoph., loc. sup. cits

(2) Traduclion de Sacy.

(3) Si enim qui per angelos dictus est sermo, factus est firmus , et omnis prævaricatio et inobedientia accepit justam mercedis retributionem : quomodò nos effugiemus, si tantam neglexerimus salutem? Ep. ad Hebr., II, 2, 3 .

Τόν, δε γαρ ανθρώποισι νόμον διέταξε Κρονίων. .

Humano generi lex namque est à Jove lata. Hesiod. ap. Clem. Alexandr. Ștrom., lib. I, pag. 356. Lutel. ; Paris.,, 1641. - Pindare parle aussi d'une loi divine :

Νόμων ακούοντες θεοδμήτων. . Inl. Fragm. tom. III, p. 160. Edit. Heyne. Et dans la III• Pythique : « Si quelqu'un des mortels connoit la route de la vérité, qu'il jouisse de ce bonheur qu'il doit aux dieux. »

Et
Δε να τις έχει
Θνατών αλαθείας οδον, ,
Xρή προς μαχάρων
Τυγχάνοντ' ευ πασχεμεν.

Pind., ubi suprà , tom. I, p. 248.

souvenir. Dans la Grèce idolâtre, il applaudissoit à ces paroles prononcées sur le théâtre d'Athènes :

«Puissé-je jouir du bonheur de conserver toujours » la sainteté dans mes actions et dans mes paroles, » selon les lois sublimes descendues du plus haut des » cieux ! Le roi de l'Olympe en est le père; elles ne » viennent point de l'homme, et jamais l'oubli ne les » effacera. En elles est un Dieu, le grand Dieu qui ne » vieillit point !.... O Dieu, je vous invoque ! je ne » cesserai jamais de mettre en Dieu mon appui. Sou-' » verain maître de l'univers, dont l'empire est éter» nel, montrez que rien n'échappe à vos regards péné» trans (1). »

Que ces maximes fussent conformes aux croyances, vulgaires, le genre même du poème où elles se trous vent en est la preuve. Euripide d'ailleurs les proclame

(1)

μοι ξυνείη φέροντα
Μοίρα ταν εύπεπτον αγνείαν λόγων
Έργων τε πάντων, ών νόμοι προκεινται

Υψίποδες, ουρανίαν δι' αιθέρα
Τεχνωθέντες, ών Όλυμπος
Πατήρ μόνος, ουδέ νιν θνατά
Φύσις ανέρων έτικτεν, ουδε
Μήν ποτε λάθα καταχομασει'
Μέγας εν τούτοις Θεός,
Ουδε γερασκεί...

Θεόν αιτούμαι
Θεόν ου λήξω ποτέ

Προστάταν ίσχων...
Αλλ' ώ κρατύνων, είπερ όρθ' ακούεις,

Ζεύ, πάντ' ανάσσων, μή λάθη
Σε, τάν τε σαν αθάνατον αιέν άρχάν.

Sophocl. OEdip. rex. , V. 863 et seq. Edit.

Brunck., tom. 3, p. 42, 43,

ainsi que Sophocle, et toujours par la bouche du chœur , qui, dans les tragédies grecques, représente le peuple.

« La puissance divine s'exerce avec lenteur, mais » son effet est infaillible. Elle poursuit celui qui, » par un triste égarement, s'élève contre le ciel et » lui refuse son hommage; sa marche détournée et » secrète atteint l'impie au milieu de ses vains projets. » O fol orgueil, qui prétend être plus sage que les » sages et antiques lois ! Doit-il coûter à notre foi» blesse d'avouer la force d'un Être suprême, quelle » que soit sa nature, et de reconnoître une loi sainte, » antérieure à tous les temps (1)? »

Hélas ! après dix-huit siècles de la plus pure lumière, le poète, s'il revenoit au monde, ne pourroit-il pas adresser les mêmes paroles aux hommes de ce temps, et leur demander raison de leur révolte

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(1)

όρμαται μόλις, αλλ' όμως
Πιστόν το θειον
Σθένος απευθύνει δε
Βροτών τους τ' αγνωμοσύναν
Τιμώντας, και μή τα θεών
Αύξοντας, συν μαινομένα δόξα
Κρυπτεύουσι δε ποικίλως
Δαρόν χρόνου ποδα, και
Θηρώσιν τον ασεπτον ου
Γάρ κρείσσον ποτε των νόμων
Γιγνώσκειν χρή, και μελετάν.

Κούφα γαρ δαπάνα, νομίζειν
Ισχύν τόδ' έχεϊν, και τι ποτ' άρα το δαιμονιον,

Το τ' αν χρόνω μακρώ

Νόμιμον, αεί φύσει τι πεφυκός. Euripid. Bacchæ, v. 870 et seq. Edit. Brunck., p. 256. — Nous nous sommes servi de la traduction du P. Brumoy,

contre Dieu et contre sa loi ? Étonnant abaissement! ce sont les païens qui nous instruisent, les païens qui nous accusent, et qui nous condamneront au dernier jugement. L'impie, dans le sein du christianisme, a su trouver un crime plus grand que l'adoration de la créature , et des ténèbres plus profondes que celles de l'idolâtrie.

La loi divine qu'il rejette, Confucius recommandoit de l'avoir sans cesse présente à l'esprit (1). On ne lira point sans quelque étonnement ses paroles, qui montrent d'une manière si frappante l'uniformité de la tradition générale.

« L'ordre établi par le ciel s'appelle nature, ce qui » est conforme à la nature s'appelle loi ; l'établisse» ment de la loi s'appelle instruction (2).

» La loi ne peut varier de l'épaisseur d'un che» veu (3); si elle pouvoit varier, ce ne seroit point » une loi (4)

» La vérité c'est la loi du ciel (5). »
Le commentateur chinois observe, sur ce passage,

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(1) Morale de Confucius, p. 103, 104, 148. (2) Documentum,

(3) Admirez la puissance de la vérité, qui, à deux mille quatre cents ans de distance, met le même langage dans la bouche de Consucius et de Montesquieu, « La nature des lois humaines est » d'être soumises à tous les accidens qui arrivent, et de varier à » mesure que la volonté des hommes change ; au contraire la na» ture des lois de la religion est de ne varier jamais. » Esprit des Lois, liv. XVI, chap. XXVI.

(4) L’Invariable Milieu, etc., ch. I, S 1, 2, p. 33. (5) Ibid., ch. XX, S 18, p. 81.

que « la loi céleste est cette raison, cette vérité

que » le ciel a imposée aux hommes (1). »

« Se réglant sur les esprits, sans avoir de sujet de » doute, ajoute Confucius, le sage connoît le ciel; » attendant sans inquiétude le saint homme qui doit » venir à la fin des siècles, il connoit les hommes (2).»

« Le commentaire original, qui est particulière» ment destiné, dit M. de Rémusat, à faire sentir la » suite et l'enchaînement des idées, et les rapports » symétriques que les phrases ont les unes avec les » autres, fait observer ici les quatre choses qui, sui» vant le texte, concourent à former la vertu du sage: » la première, Khaò, l'examen ou la règle de con» duite, qu'on prend chez les anciens; Kião, l'éta» blissement ou la conformité avec le ciel et la terre; » Tchi, ou le témoignage qui se tire des esprits; et » Ssé, l'expectation qui fait que l'on compte sur la » venue du saint homme (3 · Ainsi partout on retrouve la même règle des croyances, les mêmes devoirs, la même loi, qui tire de Dieu son origine ; et cette loi céleste est reconnue par les habitans du Japon comme par tous les autres peuples de la terre. « Leurs principaux commande» mens, qu'ils appellent divins, sont, dit Voltaire, » précisément les nôtres (4). » D'Herbelot fait la

(1) L'Invariable Milieu, etc., chap. XX, not., p. 153.
(2) Ibid., ch. XXIX, S 4, p. 102.
(3) Ibidem, ibid., not., P.

158. (4) Essai sur l'histoire générale et sur les mours et l'esprit des nations, ch. CXX , tom. III, pag. 193. Éd. de 1736.

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