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Seigneur. Que le péché donc ne règne point en votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses convoitises (1). Faites mourir les membres de l'homme terrestre ; la fornication, l'impureté, les mauvais désirs. Dépouillons-nous du vieil homme et de ses actes, et revêtons-nous de l'homme nouveau (2), portant toujours en notre corps la mort de Jésus, afin

que

la vie de Jésus soit aussi manifestée dans nos corps (3).»

Ainsi, outre le sacrifice de l'esprit et du cæur, nous devons encore à Dieu le sacrifice du corps dans leque nous avons péché; et c'est en immolant par la pénitence les convoitises de la chair, que notre régénération s'achève. Car, ne nous y trompons pas, lorsque le Sauveur a dit : « Il falloit que le Christ souffrît, et

(1) An ignoratis quicumque baptizati sumus in Christo Jesu', in morte ipsius baptizati sumus ? Consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem : ut quomodo Christus surrexit à mortuis per gloriam Patris, ilà et nos in novitate vitæ ambulemus... Hoc scientes, quia vetus homo noster crucifixus est, ut destruatur corpus peccati, et ultrà non serviamus peccato. Qui enim mortuus est, justificatus est à peccato. Si autem mortui sumus cum Christo, credimus quia simul etiam vivemus cum Christo... Quòd enim mortuus est peccalo, mortuus est semel : quòd autem vivit, vivit Deo. Itå et vos existimate, vos mortuos quidem esse peccato, viventes autem Deo in Christo Jesu Domino nostro. Non ergo regnet peccatum in vestro mortali corpore, ut obediatis concupiscentiis ejus. Ep. ad Rom., VI, 3 seqq.

- (2) Mortificate ergo membra vestra , quæ sunt super terram ; fornicationem , immunditiam , libidinem, concupiscentiam malam... Exspoliantes vos veterem hominem cum actibus suis, et induentes noyum. Ep. ad Coloss., III, 5, 9.

(3) Semper mortificationem Jesu in corpore nostro circumferentes, ut et vita Jesu manifestetur in corporibus nostris. Ep. II ad Corinth., IV, 10.

qu'il entrat ainsi dans sa gloire (1); » il représentoit toute l'humanité. Il a sanctifié nos souffrances par les siennes, mais il ne nous a point dispensés de souffrir. Il nous a montré le chemin, pour que nous marchions sur ses traces (2): et telle est la puissance et l'onction de sa grâce, que la voie rude est la voie de la paix. Heureux les pauvres ! heureux ceux qui pleurent (3) ! Heureux ceux qui, comme l'apôtre , chátient leur corps sans relâche, et le réduisent en servitude (4)! Heureux ceux qui s'écrient, en contemplant Jésus : P'ai désiré d'un grand désir de célébrer cette Páque avec vous ! Tôt ou tard il arrive, ce moment si horrible à la nature et si consolant pour la foi ; ce moment qui consomme notre révolte ou notre sacrifice, notre perte ou notre salut. Et nous aussi, nous tremperons nos lèvres dans le calice qui parut si amer à l'hommeDieu ! et nous aussi , nous connoîtrons les transes de l'agonie, et les sueurs de l'angoisse, et le travail du dernier

passage ! Nul' n'échappe à l'arrêt prononcé contre la race humaine. Mais en montant au Calvaire le chrétien sait que son Libérateur l'y a précédé ;

il y trouve encore sa croix , il jette sur elle un regard

(1) Hæc oportuit pati Christum, et ità intrare in gloriam suam. Lue., XXIV, 26.

(2) Ipse enim Spiritus testimonium reddit spiritui nostro, quòd sumus filii Dei. Si autem filii, et hæredes; hæredes quidem Dei, cohæredes autem Christi : si tamen compatimur, ut et conglorificemur. Ep. ad Rom., VIII, 16, 17. Vid. et. Ep. ad Hebr., XII, 6 seqq. . (3) Beati pauperes... Beati qui lugent. Matth., V, 3, 5.

(4) Castigo corpus meum, et in servitutem redigo. Ep. I ad Corinth., IX, 27.

d'amour, et tout se calme en lui, hors le désir d'être avec Jésus (1). On l'entend qui l'appelle d'une voix toujours plus foible ; elle s'éteint, la prière cesse , et l'éternel cantique de joie commence dans les cieux !

En rétablissant les rapports de l'homme avec Dieu et avec les autres hommes, Jésus-Christ a rétabli l'ordre que le péché avoit troublé ; et le fondement de cet ordre est une obéissance parfaite, ou le sacrifice entier de soi-même. Tout péché en effet est une rebellion contre la souveraineté de l’être infini ; tout péché naît donc de l'orgueil, et l'orgueil est la source de tout mal, puisqu'en nous séparant de Dieu, il nous sépare de tout bien. Il nous concentre en nousmêmes, et par là il viole notre nature, et tend à la détruire; car le principe de notre vie n'est pas en nous. Dépendans dès-lors de la cause par laquelle nous existons, la première loi de notre être est l'obéissance, Tout ce qui est en nous doit obéir, tout ce qui est en nous doit être soumis à quelque chose hors de nous : c'est ce que Jésus-Christ est venu nous apprendre; c'est par cette doctrine qu'il nous a sauvés, et qu'il nous régénère. La foi est la vie de l'intelligence ; et croire c'est obéir, c'est être soumis à une raison şupérieure, à une autorité qui commande. L'amour est la vie du cæur; et aimer ce que l'ordre nous ordonne d'aimer, c'est obéir , c'est être soumis à une volonté supérieure, à une autorité qui commande. Le corps

(1) Desiderium habens dissolvi, et esse cum Cbristo. Ep. ad Philipp., I, 23.

même ne vit, et il n'atteindra un jour la perfection qui lui est propre, qu'en obéissant à des lois opposées à ses convoitises.

Le christianisme, loi d'obéissance, loi de sacrifice, est donc véritablement la loi de vie, l'expression parfaite de la nature de l'homme et de la nature de Dieu. Et remarquez dans la Rédemption, comme dans le christianisme dont elle est la base , les éclatans caractères auxquels on reconnoît tout ce qui est divin.

Elle est une : Il n'existe qu'un Dieu et un seul Médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ (1): il n'y a de salut qu'en lui (2): il a été offert une seule fois (3) et par cette unique oblation il a satisfait pour les péchés du monde entier (4), et consommé notre éternelle sanctification (5).

Elle est universelle: Le Christ est mort pour tous (6) et tout nous a été donné en lui (7).

* Elle est perpétuelle : L'agneau immolé dès l'origine du monde (8), n'a jamais cessé, ne cessera jamais de

(1) Unus enim Deus, unus et Mediator Dei et hominum homo Christus Jesus. Ep. I ad Timoh., II, 5.

(2) Non est in alio aliquo salus. Act., IV, 12.

(3) Christus semel oblatus est. Ep. ad Hebr., IX, 28. 16., VII, 27; X, 10. Ep. I Petr., III, 18.

(4) Ipse est propitiatio pro peccatis nostris; non pro nostris autem tantùm, sed etiam pro totius mundi. Ep. I Joan., II, 2.

(5) Unâ enim oblatione, consummavit in æternum sanctificatos. Ep. ad Hebr., X, 14.

(6) Pro omnibus mortuus est Christus. Ep. II ad Corinth., V, 15.

(7) Qui etiam proprio filio suo non pepercit, sed pro nobis omnibus tradidit illum: quomodo non etiam cum illo' omnia donavit, Ep.'ad Rom., VIII, 32.

(8) Occisus est ab origine mundi. Apocal., XIII, 8.

se présenter à son Père en état de victime; et bien qu'accomplie une seule fois au milieu des temps, la Rédemption sera éternelle comme l'homme-Dieu, et comme la félicité de ses élus.

Elle est sainte, puisqu'elle est la source de toute sanctification, puisqu'elle a expié tous nos crimes, effacé toutes nos souillures, réconcilié la terre avec le ciel ; puisque les puissances mêmes de l'enfer ont été forcées de rendre hommage à la sainteté du Rédempteur : Je sais que vous êtes le saint de Dieu (1)!

Frappés de ces divins caractères, les peuples sont venus au pied de la croix sur laquelle la Rédemption ae été consommée; ils ont cru à l'amour que Dieu a pour nous (2), et ils ont dit comme saint Paul : « C'est sans doute quelque chose de grand que ce mystère d'amour, qui a été révélé dans la chair, justifié par l'esprit, manifesté aux anges, prêché aux nations, cru dans le monde, reçu dans la gloire (3). Qui donc nous séparera de l'amour de Jésus-Christ ? la tribulation ? l'angoisse ? la faim ? la nudité ? le péril ? la persécution ? le glaive ? Mais nous triomphons en toutes ces choses, à cause de celui qui nous a aimés. Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés,

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(1) Scio te quis sis, sanctus Dei. Luc., IV, 34.

(2) Et nos cognovimus, et credidimus charitati, quam habet Deus in nobis. Ep. I Joan., IV, 16.

(3) Et manifestè magnum est pietatis sacramentum, quod manifestatum est in carne, justificatum est in spiritu, apparuit angelis, prædicatum est gentibus, creditum est in mundo, assumptum est in gloriâ. Ep. I ad Tim., III, 16.

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