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* "- - - , • * - -- . 176 EssAI sUR L'INDIFFÉRENCE

nous plein de douceur (1). Sa parole est simple, et cette parole est visiblement celle d'un Dieu. Voyez,

· dans saint Jean , l'entretien de Jésus avec la Samari

taine; voyez le sermon sur la montagne, le discours

après la cène, dont chaque mot est une source de

vérité et d'amour, inépuisable ici-bas à notre cœur et à notre intelligence ; voyez le récit de la passion : voyez tout; car tout est également divin. Beaucoup de péchés lui sont remis , parce qu'elle a beaucoup aimé(2). Laissez les petits enfans venir à moi(3). Venez à moi, vous tous qui souffrez, et qui êtes oppressés , et je vous ranimerai. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi , parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est aimable , et mon fardeau léger (4). Jamais rien de semblable ne sortit d'une bouche humaine. Et cette prière qui contient tout ce qu'une créature peut demander,

tout ce qu'elle doit désirer; cette prière merveilleuse

qui est comme le lien du ciel et de la terre, est-elle d'un homme ? est-ce un homme qui a dit : Tout est consommé ? Non, non; cette parole qui annonce le

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(1) Ecce rex tuus venit tibi mansuetus. Matth., XXI, 5.
(2) Remittuntur ei peccata multa, quoniam dilexit multùm. Luc.,

| vII, 47. ·

(3) Sinite parvulos venire ad me, et ne prohibueritis eos : talium

· enim est regnum Dei. Marc., X, 14.

| (4) Venite ad me, omnes qui laboratis, et onerati estis, et ego re

· ficiam vos. Tollite jugum meum super vos, et discite à me, quia

mitis sum et humilis corde : et invenietis requiem animabus vestris,

· jugum enim meum suave est, et onus meum leve, Matth., XI, 28

-30. . ! "

', i . •4

L'authenticité, la vérité et l'inspiration de l'Écriture étant établies, il est impossible de nier la sainteté ou la divinité du christianisme ; car les livres qui contiennent sa doctrine ne peuvent avoir été inspirés de Dieu, que le christianisme lui-même ne soit divin. Les prophéties vont encore nous en fournir une nouvelle preuve.

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TOME 4. - - 12

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CHAPlTRE XXXIII.
Prophéties.

Parlons d'abord philosophiquement. L'homme, ainsi que tous les êtres doués d'intelligence, existe à la fois dans le passé, le présent, l'avenir. Il a le souvenir de ce qui fut, le sentiment de ce qui est, la prévoyance de ce qui sera. En cela consiste le grand don de la pensée, qui l'élève à une hauteur infinie audessus de la création matérielle, et le rapproche, par · une merveilleuse ressemblance, du Créateur même(1)!

Cependant l'homme, dont l'esprit peut saisir la vérité ou ce qui est dans tous les points de la durée ; l'homme qui déjà existe, ce qu'on devroit remarquer davantage, en des espaces illimités et même au-delà du temps (2), par la plus noble partie de lui-même ; l'homme qui peut tout connoître, puisqu'il connoît Dieu, ne connoît rien néanmoins, comme nous l'avons montré, que par une véritable révélation, dont la parole est le moyen.

Au commencement Dieu lui révéla tout ce qu'il

(1) Il est remarquable que le mot n)no Jehovah, offre ces trois

mrodes d'existence unis dans le même nom, comme ils le sont dans le même être. C'est pourquoi saint Augustin appelle ce nom, nomen q"ternitatis.

(2) Cogitavi dies antiquos, et annos aeternos in mente habui. Ps., LXXVI, 6.

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étoit alors nécessaire qu'il sût. Il lui dit le passé, c'est-
à-dire, de quelle manière il l'avoit tiré du néant, lui
et tout l'univers qui s'offroit à ses regards. Il lui dit
le présent, c'est-à-dire qu'il lui apprit ce qu'il étoit et
ce qu'étoient les êtres qui l'environnoient, les moyens
de se conserver, les devoirs qu'il imposoit à sa raison,
à son cœur, à ses sens. Il lui dit l'avenir, en l'instruisant
de ses immortelles destinées.
Pour être ce que Dieu vouloit qu'il fût, l'homme
devoit connoître toutes ces choses; et comme la con-
noissance en étoit également indispensable à tous les
hommes, le Père du genre humain la transmit par la
parole à ses enfans, et ceux-ci à leurs descendans.
Voilà l'origine de la tradition. -
Mais un déplorable changement s'étoit opéré dans
les destinées de l'homme depuis sa chute. L'avenir ne
pouvoit plus être le même pour lui après le péché; et
cet avenir devoit être différent encore, selon que Dieu
s'arrêteroit à des pensées de miséricorde ou de ri-
gueur. Or si l'homme coupable eût ignoré l'avenir
qui l'attendoit, ce n'auroit plus été l'homme , mais je
ne sais quel être incompréhensible qui, privé des
biens attachés à son état primitif, et n'emportant du
passé que le souvenir d'un crime inexpiable, auroit
marché sous ce poids dans des ténèbres éternelles. S'il
eût ignoré les desseins de Dieu sur lui, la pl ce que
lui assignoit la justice suprême, les devoirs nouveaux
qu'elle lui prescrivoit, comment auroit-il pu concou-
rir librement aux volontés de ce Dieu offensé, et lui
obéir? L'ordre moral eût été détruit avec toute reli-

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gion; car quelle religion, quelle loi morale pourroit-il exister pour un être qui ne sauroit ni ce qu'il doit croire, ne ce qu'il doit faire, ni ce qu'il doit espérer ou craindre ? | Ainsi la religion, la morale, l'intelligence même, supposent la connoissance d'un certain ordre relatif à l'être intelligent, ordre qui embrasse le passé, le pré. sent et l'avenir, et qui dépend des volontés libres de Dieu. Il falloit donc qu'après sa chute l'homme cessât d'être homme, ou que Dieu lui révélât ce qu'il avoit résolu à l'égard de ses futures destinées. Il falloit donc que Dieu lui parlât de nouveau, et que l'homme auquel il parleroit transmît aux autres hommes sa parole , nécessaire à tous. Voilà la prophétie, et l'on comprend qu'elle forme une partie essentielle de la révélation, de l'ordre moral et religieux, en un mot de tout ordre relatifaux êtres intelligens. · Que si l'on demandoit pourquoi Dieu n'a point révélé immédiatement à tous les hommes l'avenir qui les intéresse, ce ne seroit pas demander la raison de la prophétie, ce seroit demander pourquoi tous les hommes ne sont pas prophètes. / A cette question il y a une réponse de fait qui suffit : Dieu ne l'a pas voulu. Qu'importent ses motifs? Quels qu'ils soient, ils sont dignes de lui; et il n'y auroit point de folie plus grande que d'argumenter de notre ignorance contre sa sagesse. Mais, de plus, ne voit-on pas que la révélation de l'avenir faite immédiatement à chaque homme ren

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